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Émile Berliner et la RCA Victor

20 septembre 2017
Temps de lecture

En 1908, l’ingénieur allemand Émile Berliner fait construire une usine à Saint-Henri pour y produire sa toute nouvelle invention : le gramophone.

Lieu : Au coin des rues Saint-Antoine et Lenoir.

1908 : Construction des premiers bâtiments de l’usine d’Émile Berliner.

Émile Berliner

Portrait d'Émile Berliner travaillant en laboratoire
Library of Congress

Émile Berliner (1851-1929) a révolutionné le monde de la musique et de l’enregistrement sonore. Né en Allemagne, il immigre aux États-Unis en 1870. Dès lors, il s’intéresse aux nouvelles technologies de son temps, notamment au téléphone d’Alexander Graham Bell, présenté à l’Exposition universelle de Philadelphie en 1876. Après des années de recherche et d’expérimentation, il fait breveter son invention, le gramophone, en 1887. En 1893, Berliner fonde la United States Gramophone Company, spécialisée dans la production de gramophones et de disques. La commercialisation du produit est amorcée.

Émile Berliner à Montréal

En 1900, Berliner, aux prises avec de nombreux problèmes juridiques concernant les droits de production de son invention aux États-Unis, décide de déménager la compagnie à Montréal. Il y installe d’abord quatre presses à disques au 367-368, rue de l’Aqueduc (maintenant Lucien-L’Allier), puis un magasin de vente au 2315, rue Sainte-Catherine. Rapidement, le gramophone est vendu dans d’autres villes québécoises. Un premier studio d’enregistrement est installé en 1904 dans la rue Peel, puis il est déménagé au 201, ruelle des Fortifications. En 1908, l’ingénieur fait construire une manufacture à Saint-Henri, dans la rue Lenoir tout près de la rue Saint-Antoine. C’est là qu’on fabriquera désormais les produits de l’entreprise, acheminés rapidement partout à travers le pays.

RCA Victor

Bâtiments de l’usine d’Émile Berliner
Société historique de Saint-Henri

La popularité grandissante du gramophone se manifeste dès 1900. Les produits de la Berliner Gramophone Co. sont par exemple annoncés dans de nombreux journaux. Selon une publicité du journal Le Canadien Français de Saint-Jean-sur-Richelieu paru en mai 1900, le gramophone Berliner « jette dans l’ombre toutes les inventions précédentes » et devrait « se trouver dans toutes les demeures ». En janvier 1909, une publicité du journal L’avenir du Nord le décrit comme « le plus merveilleux de tous les instruments ». Les modèles les moins chers sont offerts à un prix de 12,50 $, soit environ 300 $ en 2017. Après 1912, environ deux millions de disques sont produits par la Berliner Gramophone annuellement. La compagnie prend de l’expansion après la Première Guerre mondiale et les produits sont désormais vendus dans d’autres villes canadiennes, dans des magasins comme Eaton ou Simpsons.

La RCA Victor

RCA Victor 2017

Bâtiment de la RCA en 2017
Photo de Denis-Carl Robidoux. Centre d'histoire de Montréal.
En 1924, la Victor Talking Machine, compagnie américaine fondée en 1901, achète la Berliner Gramophone. Plus tard, en 1929, la Victor Talking Machine est fusionnée avec la Radio Corporation of Canada, créant ainsi la RCA Victor. À Saint-Henri, la manufacture se dote d’un studio d’enregistrement en 1943. Reconnu pour la qualité de son acoustique, le studio produira dans ses premières années la musique de plusieurs grandes vedettes, dont Alys Robi et Oscar Peterson. Outre l’enregistrement sonore, le premier satellite canadien, Alouette 1, est aussi conçu et construit dans l’usine de Saint-Henri.

En 1978, la RCA quitte le bâtiment. Le studio d’enregistrement, précédemment fermé en 1958, rouvre toutefois ses portes sous le nom de Studio Victor entre 1985 et 2015. Plusieurs artistes québécois y ont enregistré leurs chansons, notamment Ariane Moffatt, Daniel Bélanger et Luc De Larochellière. En 1996, c’est finalement le Musée des ondes Émile Berliner qui déménage dans l’édifice de la RCA Victor.

Contribution à la recherche : Société historique de Saint-Henri.

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