Université McGill

Légende : Université McGill
Credit : Air Imex Ltée

Historique d'ensemble

Genèse de l'institution

James McGill, marchand et philanthrope d’origine écossaise, lègue à son décès en 1813 sa propriété appelée Burnside à l’Institution royale pour l’avancement des sciences, une organisation qui a pour mandat de veiller à l’établissement d’un système d’instruction publique dans le Bas-Canada. Cette propriété située au sud du parc du Mont-Royal s’étendrait aujourd’hui du réservoir McTavish au nord à la rue Cathcart au sud, et de la rue Mansfield à l’ouest à la rue University à l’est. Une résidence d’été, la maison Burnside, y est implantée au sud de l’actuelle rue Sherbrooke. Le legs de McGill comprend également une somme d’argent qui, avec la propriété Burnside, doit servir à établir un collège.

Grâce à ce don, l’Université McGill, initialement appelée McGill College, est fondée en 1821. L’année suivante, afin de respecter la volonté de James McGill voulant que l’institution soit érigée rapidement, les administrateurs de l’université décident que l’Hôpital général de Montréal, situé sur la rue Dorchester, sera la Faculté de médecine. Les premiers cours ne se donnent toutefois sur le site de McGill qu’en 1829, en collaboration avec la Montreal Medical Institution. Comme aucun pavillon universitaire n’est encore construit, des cours sont offerts dans la maison Burnside.

Ce n’est toutefois pas un pavillon de médecine qui sera érigé en premier lieu, mais plutôt le pavillon des Arts, premier jalon de ce qui deviendra un immense complexe universitaire. À la suite d’un concours d’architecture lancé en 1837 et remporté par l’architecte John Ostell, la construction s’amorce enfin en 1843 à l’extrémité nord de la propriété. L’ambitieux concept d’Ostell se bute toutefois à la limite budgétaire qu’impose le legs de James McGill, de sorte que seuls le corps principal et l’aile est du pavillon sont édifiés dans un premier temps. L’épuisement des fonds contraint l’administration à mettre en vente la portion du terrain située au sud de la rue Sherbrooke et sur laquelle se trouve la maison Burnside, afin de poursuivre les travaux. Un plan de lotissement est préparé, mais il faut patienter plusieurs années avant que les lots à bâtir ne soient tous vendus.

Le développement de l’université tarde à se concrétiser et lorsque le nouveau recteur de l’établissement, sir William Dawson, entre en poste en 1855, il constate que les lieux sont pratiquement à l’abandon et décide de remédier à cette situation désolante. À partir de 1860, il parvient à amasser des fonds en sollicitant d’autres mécènes, dont William Molson, Peter Redpath et William Christopher Macdonald. Le don de William Molson permet d’abord, en 1861, d’achever la construction de l’aile ouest et du portique du corps central du pavillon des Arts. Le développement de l’université est réellement entamé par l’érection du Medical College en 1872, à l’est du pavillon des Arts. À la suite d’un incendie, cet immeuble sera remplacé en 1920 par le pavillon de biologie, aujourd’hui le pavillon Frank Cyril James de l’administration, érigé sur les fondations de l’ancien édifice. Un observatoire d’astronomie est ensuite construit en 1875. Les dons de Peter Redpath financent la construction d’autres pavillons à l’ouest du parterre central dans les années 1880 et 1890, tandis que ceux du côté est sont érigés grâce à la contribution de William Christopher Macdonald. Vers la fin du 19e siècle, la propriété léguée par James McGill ne suffit déjà plus pour répondre au besoin d’expansion de l’université, qui doit acquérir des terrains résidentiels adjacents pour poursuivre son développement.

Phases d'aménagement et de construction

Des donateurs permettent l’avènement d’une deuxième phase de développement du campus à partir du début du 20e siècle, en offrant à l’institution des fonds, des terrains et des bâtiments. Plusieurs pavillons portent d’ailleurs leur nom en guise de reconnaissance de leur générosité. Une douzaine d’immeubles, en majorité revêtus de pierre grise, sont ajoutés durant cette période, la plupart près des premiers pavillons et quelques-uns le long de l’avenue des Pins.

Afin d’assurer la cohésion de ce développement, un plan d’ensemble est commandé en 1904 à Percy Erskine Nobbs, architecte et également professeur à l’école d’architecture de l’université. Ce plan prévoit la localisation des futurs pavillons. L’allée centrale conduit directement au pavillon des Arts, que Nobbs souhaite conserver et mettre en valeur de manière monumentale en gardant l’espace dégagé devant sa façade. Structuré de part et d’autre de cet axe central, le plan de Nobbs aligne les immeubles à ériger avec ceux déjà existants, en périphérie d’un vaste parterre gazonné, planté et traversé par des allées droites.

Nobbs conçoit également l’immeuble Student Union (l’association des étudiants), qui deviendra le Musée McCord, et le pavillon de génie, tous deux grâce à des dons de William Christopher Macdonald, ainsi que la chaufferie (pavillon Ferrier) et l’Institut de recherche sur les pâtes et papiers, en plus de l’aile ouest du Collège Royal Victoria et l’agrandissement des bibliothèques Redpath et Osler. Entre autres, deux terrains adjacents à l’université sont aussi offerts à l’institution par Macdonald en 1911. Ils sont compris dans le second plan d’ensemble que Percy Erskine Nobbs conçoit en 1913, cette fois pour la portion nord du campus afin d’y établir des services aux étudiants et des installations sportives, comprenant notamment le stade Percival-Molson, dont la construction est permise par les dons de Macdonald et de la famille Molson. Lord Strathcona offre quant à lui des terrains sur lesquels est construit le pavillon de médecine qui porte son nom, au sud de l’avenue des Pins. À la fin des années 1920, l’université commence également à faire l’acquisition d’anciennes résidences bourgeoises situées près du campus pour servir à diverses fonctions, comme y loger son recteur.

La dépression des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale ralentissent le développement de l’université. Au cours de cette troisième phase, seulement quelques édifices sont construits, soit le pavillon de théologie Divinity Hall (l’actuel pavillon Birks) grâce au financement offert par les joailliers Birks, ainsi que la résidence Douglas, mais l’université acquiert ou reçoit en don des bâtiments existants.

L’institution connaît une quatrième et importante phase d’expansion au cours des années 1950, 1960 et 1970, pendant lesquelles une quinzaine de bâtiments sont construits, dont plusieurs sur le côté ouest de la rue University. Des résidences d’étudiants conçues en 1961 par la firme Dunford, Bolton, Chadwick & Ellwood sont regroupées avec la résidence Douglas érigée précédemment, à la limite nord de la propriété et du parc du Mont-Royal, sans doute pour que les étudiants puissent bénéficier de la quiétude des lieux et de la proximité des installations sportives érigées au nord-est du site. L’université a recours à différents architectes, mais confie la conception de plusieurs pavillons à Dobush Stewart et Marshall Merrett ainsi qu’à John Roxburgh Smith. Le langage architectural de cette époque est caractérisé principalement par des formes cubiques et l’emploi massif du béton, ce qui se reflète dans les édifices érigés par l’Université McGill, notamment les pavillons McIntyre des sciences médicales et Stewart des sciences biologiques construits en 1965 au nord-ouest du campus, le long de la rue Drummond. Quelques bâtiments sont démolis pendant cette période pour faire place à de nouveaux édifices.

Après une pause d’une vingtaine d’années, l’université amorce une cinquième phase de développement au milieu des années 1990 qui durera une décennie, en se dotant de cinq nouveaux pavillons. Le site du campus a désormais presque atteint sa pleine capacité. De plus, sa localisation entre le parc du Mont-Royal et le centre-ville densément bâti restreint passablement les possibilités de s’étendre en périphérie du site actuel.

L'ensemble dans l'histoire du site patrimonial du Mont-Royal

Les liens étroits entre l’Université McGill et la riche bourgeoisie anglo-saxonne du 19e siècle sont à l’origine même de sa fondation et d’une large part de son développement grâce à plusieurs généreux donateurs. C’est aussi elle qui a déterminé la localisation de l’institution sur le flanc sud du mont Royal. L’université s’est en effet établie là où des terrains lui ont été légués, dans un secteur de la ville encore peu urbanisé à l’époque, mais qui commençait à perdre ses vocations agricole et de villégiature.

Près de deux siècles plus tard, le site est devenu en quelque sorte une zone tampon entre la montagne et la densité bâtie du centre-ville, tel un écran de protection empêchant la frénésie du marché immobilier de gagner davantage de terrain sur l’îlot de verdure que représente le mont Royal. Si on inclut le complexe de l’Hôpital Royal Victoria, situé entre deux ensembles d’installations de l’Université McGill et lui-même affilié à cette dernière, les deux complexes institutionnels occupent une large part du flanc sud-est de la montagne. Le Pavillon d’anatomie et de médecine dentaire et l’immeuble abritant l’Institut de pathologie, l’Institut neurologique de Montréal et le pavillon Lyman Duff, implantés stratégiquement à la frontière de l’université et de l’hôpital, relient d’ailleurs les deux ensembles, tant par leur emplacement que par leur facture architecturale, et contribuent à donner l’impression que les deux établissements forment un tout.

L’aménagement du site est révélateur de sa position à l’amorce de la pente de la montagne, avec ses terrasses, ses murs de rétention, ses escaliers et ses voies sinueuses. Des remblais et des déblais ont dû être effectués pour permettre la construction des immeubles sur des surfaces suffisamment planes pour les soutenir. La trame irrégulière des voies de circulation sur le site et l’implantation variée des bâtiments sont également adaptées à la topographie et à la morphologie des lieux, et contrastent avec la trame orthogonale caractéristique des rues montréalaises et le mode d’implantation en alignements réguliers. Le positionnement ascendant des édifices permet à la fois des vues sur ceux-ci et sur la montagne à l’intérieur du site, alors qu’à partir des édifices, des perspectives visuelles s’offrent sur le centre-ville en contrebas.

Encore de nos jours, le site rappelle ses anciens usages liés à la qualité de son emplacement, par l’inclusion de nombreuses résidences cossues des 19e et 20e siècles parmi les immeubles du complexe universitaire et par les aménagements paysagers comprenant des végétaux ornementaux et des massifs boisés, qui créent également une zone de transition entre le milieu naturel de la montagne et le milieu bâti de la ville.

Localisation

Auteur : 
Ville de Montréal

Sujet

Localisation des bâtiments de l'ensemble Université McGill
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Arrondissement/ville