Oratoire Saint-Joseph

Légende : Oratoire Saint-Joseph
Credit : Air Imex Ltée, 2015

Historique d'ensemble

Genèse de l'institution

Après son installation sur le chemin Queen-Mary en 1869, où elle fonde le Collège Notre-Dame, la congrégation de Sainte-Croix décide d’acquérir une parcelle de terrain de l’autre côté du chemin, sur le flanc nord de la montagne. Elle désire ainsi s’assurer de pouvoir jouir de l’environnement tranquille, sans être dérangée par des clubs sportifs comme il en existe alors plusieurs sur le mont Royal. Nommé à l’origine « Parc Saint-Joseph », le terrain acheté en 1896 sert d’abord de lieu de récréation pour les élèves, de pâturage pour les animaux et de jardin potager.

À la même époque, la grande popularité du frère André, portier de l’établissement qui pratique des guérisons attribuées aux faveurs de saint Joseph, inquiète plusieurs parents d’élèves qui voient d’un mauvais œil les hordes de malades se présentant au collège. Les autorités de l’institution permettent, alors, au thaumaturge d’accueillir les malades dans la petite gare de tramways sise en bordure du chemin, ce qui n’est possible qu’en été. En 1904, le frère André peut enfin ériger un petit oratoire dédié au culte de saint Joseph sur la montagne, bâtiment minuscule qu’il fait construire avec ses propres économies amassées en coupant les cheveux des élèves. Toutefois, la chapelle primitive s’avère rapidement trop petite pour contenir les nombreux visiteurs, pèlerins et malades. Agrandie à plusieurs reprises, elle côtoie bientôt un magasin d’objets de piété et une résidence pour les religieux.

En 1914, les Pères de Sainte-Croix font les démarches nécessaires pour ériger sur le site une véritable église-monument dédiée à saint Joseph. La construction de la crypte commence deux ans plus tard, au moment où est créée une corporation civile détachée du Collège Notre-Dame qui devient officiellement propriétaire du terrain. À partir de ce moment, le modeste oratoire des débuts devient un chantier colossal.

Phases d'aménagement et de construction

L’ensemble de l’Oratoire Saint-Joseph est formé de plusieurs composantes bâties et aménagées par étapes successives. Les divers travaux sont effectués par intermittence entre 1904 et 1974, s’étalant donc durant les trois quarts du 20e siècle. Plusieurs architectes et créateurs renommés participent à l’élaboration de l’ensemble, ce qui en fait un témoin de divers courants esthétiques et technologiques.

La construction de l’Oratoire débute avec l’érection de la chapelle du frère André, petit bâtiment en bois modifié puis déplacé plusieurs fois vers le sommet de la montagne. On y ajoute notamment une nef, un clocher, une sacristie et une chambre. Un magasin, construit à proximité en 1909, ainsi qu’un presbytère érigé de 1910 à 1912 accompagnent le lieu de culte initial.

La construction de la crypte-église, en 1916 et 1917, constitue la deuxième phase majeure d’aménagement du site. Cet élément fait partie d’un plan d’ensemble monumental conçu par la firme d’architecte renommée Viau et Venne, et comprenant déjà, outre la crypte et la basilique, de vastes parterres aménagés. Des travaux préparatoires de dynamitage sont nécessaires, l’ensemble prenant place sur un terrain étagé formé de talus et de paliers façonnés à même la montagne. Quelques années s’écoulent entre l’érection de la crypte et celle de la basilique. Durant cette période, soit au début des années 1920, des bâtiments complémentaires sont construits : l’« Auberge », le portique et les kiosques d’entrée, ainsi que le pavillon des pèlerins.

La grande basilique est sans conteste l’élément le plus important de l’ensemble par ses dimensions, son architecture inspirée de la Renaissance, son dôme imposant et la durée de sa construction. Commencés en 1924, les travaux sont interrompus durant la crise économique et reprennent en 1937. Les architectes Lucien Parent et Dom Paul Bellot prennent la relève du projet commencé par Viau et Venne, en modifiant quelques aspects techniques. L’aménagement d’une chapelle votive (1946 à 1949) et du Grand Secrétariat (1947), de même que la décoration intérieure de la basilique supervisée par l’architecte Gérard Notebaert dans les années 1960 sont d’autres points marquants de cette longue phase de construction.

Enfin, l’aménagement extérieur du site connaît lui aussi une évolution. Le terrain initial est agrandi par quelques acquisitions de lots dont font partie deux anciennes villas achetées par la Corporation en 1939. Un jardin et un chemin de croix dessinés entre 1943 et 1946 par le réputé architecte paysagiste Frederick G.Todd et dont les sculptures sont l’œuvre de Louis Parent, puis une esplanade aménagée en 1974 font partie des ajouts importants. Encore aujourd’hui, le site de l’Oratoire connaît des modifications issues d’un plan directeur d’aménagement conçu en 2002 et touchant notamment aux voies de circulation sur la propriété ainsi qu’à l’accueil des pèlerins.

L'ensemble dans l'histoire du site patrimonial du Mont-Royal

Que ce soit par la présence de couvents, de cimetières ou de lieux de culte, le mont Royal revêt depuis longtemps une dimension spirituelle. Lieu de pèlerinage majeur, l’Oratoire Saint-Joseph entretient une relation symbolique avec la montagne par l’importance de son axe sacré, que les pèlerins doivent monter pour atteindre la basilique juchée sur un versant du sommet Westmount. Cette position élevée confère par ailleurs à l’ensemble une visibilité exceptionnelle, tout en offrant des points de vue remarquables sur la ville. Visible à une très grande distance, le dôme de l’Oratoire fait figure d’icône montréalaise au même titre que la croix du Mont-Royal, notamment.

Le site actuel de l’Oratoire Saint-Joseph s’étend sur une superficie d’environ 10 hectares. L’acquisition de lots limitrophes à la propriété d’origine, principalement dans les années 1930 et 1940, a permis de préserver l’environnement immédiat des effets indésirables du développement urbain et résidentiel. L’ancienne villa Terra Nova et la résidence Marcel-Taillefer, acquises à cette époque, figurent d’ailleurs parmi les rares témoins sur le flanc nord du temps où la montagne attirait les villégiateurs bien nantis. L’usage de l’automobile, qui s’est massivement répandu depuis l’époque des premiers plans d’ensemble de l’Oratoire, a entraîné des modifications importantes sur le site tout comme au sein du paysage du mont Royal en général. Des stationnements et des voies de circulation ont naturellement dû être aménagés au fil des années. La présence du jardin et du chemin de croix de même que la qualité et l’importance de ses aménagements paysagers font cependant du site de l’Oratoire un lieu singulier au sein d’un environnement très urbanisé. En 2014, l’Oratoire Saint-Joseph a inauguré une réserve naturelle de plus d’un hectare sur son site, la réserve naturelle du Père-Louis-Trempe. Située en bordure sud-est de la propriété, la réserve fait partie du site patrimonial du Mont-Royal.

Localisation

Auteur : 
Ville de Montréal

Sujet

Localisation des bâtiments de l'ensemble Oratoire Saint-Joseph
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112 ko
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