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À l’image de Saint-Pierre-de-Rome : la cathédrale Marie-Reine-du-Monde

08 juillet 2016
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Désirant construire une nouvelle cathédrale à Montréal, l’évêque Ignace Bourget rêve d’un bâtiment à l’image de Saint-Pierre-de-Rome. Le 28 août 1870, la première pierre de l’édifice est posée.

Cathédrale Marie-Reine-du-Monde, années 1960

Photo de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde et du monument à Mgr Bourget
Archives de la Ville de Montréal.
Au début du XIXe siècle, les catholiques de Montréal font partie du diocèse de Québec, dont les frontières couvrent alors la totalité de l’Amérique du Nord britannique. Afin d’alléger la tâche de l’archevêque de Québec, un évêque auxiliaire du diocèse de Québec est nommé à Montréal en 1821. Seize ans plus tard, le diocèse de Montréal est officiellement créé. Dès 1820, plusieurs églises sont tour à tour le siège de l’autorité épiscopale. Ainsi, l’église Notre-Dame, la chapelle de l’Hôtel-Dieu, la première cathédrale Saint-Jacques-le-Majeur, la chapelle de l’Asile de la Providence puis une cathédrale provisoire dans la rue de la Cathédrale précèdent la construction de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde et Saint-Jacques-le-Majeur.

Les étapes de la construction

Vue aérienne de la cathédrale et de l'édifice Sun Life

vue aérienne de la cathédrale Saint-James et construction de l’édifice Sun Life
Bibliothèque et Archives Canada. PA-069756.
Dès 1854, l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget fait connaitre son intention d’ériger la nouvelle cathédrale dans l’ouest de la ville, à l’emplacement d’un cimetière catholique qui doit être déménagé sur la montagne. Ce choix est stratégique : le prélat veut ainsi affirmer la présence catholique dans l’ouest de la ville à majorité protestante. Les architectes Victor Bourgeau et Joseph Michaud sont envoyés successivement à Rome pour étudier l’architecture de la basilique Saint-Pierre. Mgr Bourget veut éviter le style néogothique et il souhaite que la cathédrale de Montréal soit érigée sur le même modèle que la basilique romaine. Joseph Michaud, Victor Bourgeau et Etienne-Alcibiade Leprohon élaborent les plans de la future cathédrale. L’évêque se démène quant à lui pour amasser les fonds nécessaires à la construction. La première pierre de la cathédrale est posée le 28 août 1870.

Cathédrale Marie-Reine-du-Monde - carte postale

Carte postale de la cathédrale Saint-Jacques-le-Majeur devenu Marie-Reine-du-Monde
Carte postale, collection privée Stéphanie Mondor.

La construction s’échelonne sur plus de 20 ans, interrompus par une pause de 7 ans. La réalisation des travaux est d’abord supervisée par Bourgeau, puis Joseph Michaud se joint à lui dans les années 1880. La première phase des travaux débute en 1870 et se termine en 1878. Des difficultés financières forcent alors à un temps d’arrêt. Malgré sa démission du poste d’évêque en 1876, Ignace Bourget continue de chercher des fonds pour la reprise des travaux et il parvient à amasser la somme de 100 000 $. La construction recommence en 1885. Deux décès marquent la fin de cette décennie : Ignace Bourget, qui avait initié le projet, s’éteint en 1885, alors que Victor Bourgeau décède en 1888. L’architecte Joseph Michaud supervise le parachèvement de la cathédrale qui s’ouvre aux fidèles le 24 mars 1894. Certains travaux, comme l’exécution des statues de la façade, restent toutefois à compléter. Lors de son inauguration, le bâtiment porte le nom de cathédrale Saint-Jacques-le-Majeur, comme la cathédrale incendiée en 1852. Conçue comme une reproduction, à échelle réduite, de la basilique Saint-Pierre de Rome, la cathédrale a toutefois un intérieur moins fastueux que la basilique romaine. L’aménagement intérieur de la cathédrale se poursuit tout au long du XXe siècle.

En 1919, le pape Benoit XV confère au bâtiment le titre de basilique-cathédrale. À la demande du cardinal Paul-Émile Léger, on renomme la cathédrale Marie-Reine-du-Monde et Saint-Jacques-le-Majeur en 1955. Des travaux de restauration sont entrepris entre 1955 et 1960. Située à quelques pas du métro Bonaventure, en plein centre-ville, la cathédrale est désignée comme lieu historique du Canada en 2006.

La chapelle mortuaire des évêques

La chapelle mortuaire des évêques est inaugurée le 27 mai 1933. C’est dans ce lieu que reposent les dépouilles des évêques et archevêques du diocèse. On y trouve ainsi les dépouilles des évêques et archevêques montréalais, dont Ignace Bourget et son prédécesseur Jean-Jacques Lartigue, mais aussi celles des cardinaux Paul-Émile Léger, Paul Grégoire et Jean-Claude Turcotte.

Références bibliographiques

MOREAU, Marie-Louise. Basilique-Cathédrale Marie-Reine-du-Monde et Saint-Jacques-le-Majeur, Montréal, Archevêché de Montréal, 2016.

PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture, Montréal, Éditions du Méridien, 1991, t. 4, p. 300-320.

URSU, Daniela. Cathédrale Marie-Reine-du-Monde. Analyse de l’évolution historique et architecturale, Mémoire (M. Sc. A.), Université de Montréal, 1996, 153 pages.

« Cathédrale-basilique Marie-Reine-du-Monde », dans Église catholique à Montréal (site du diocèse de Montréal), [En ligne]. [http://diocesemontreal.org/leglise-a-montreal/nos-lieux-de-culte/notre-c....

« Basilique Marie-Reine-du-Monde, Fiche 2003-06-316 », dans Inventaire des lieux de culte du Québec, [En ligne]. [http://www.lieuxdeculte.qc.ca/fiche.php?LIEU_CULTE_ID=80944&LieuSuivant=....