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L’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours

07 novembre 2017
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Au courant du XXe siècle, l’église Notre-Dame-du-Perpétuel Secours devient le centre de la vie sociale de Ville-Émard, accueillant en ses murs de nombreux événements et activités.

Lieu : 5959, boulevard Monk

1914-1920 : Construction du bâtiment

L’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours

Dessin de la façade d'une église, accompagné d'un texte énonçant son projet de construction imminente.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec (Vieux-Montréal). Collection Édouard-Zotique Massicotte. P750, MAS 2-133-a.
En mars 1899, Joseph-Ulric Émard acquiert les terres qui formeront plus tard le quartier Ville-Émard. De nouvelles rues, notamment le boulevard Monk (anciennement avenue Davidson), y sont tracées. Des familles s’installent pour travailler dans les industries environnantes. En janvier 1906, une paroisse est créée au bénéfice de la population catholique du secteur. Joseph-Moïse Jolicœur en devient le premier curé.

En juin 1913, le journal Le Devoir mentionne dans un article la croissance importante du secteur : la paroisse passe d’environ 150 familles (1400 personnes) en 1906 à 1200 familles (6600 personnes) en 1913. Le quartier a vraisemblablement besoin d’une nouvelle église. Entre 1914 et 1920, l’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours est donc construite sur le boulevard Monk, au coin de la rue Biencourt. Dessiné par l’architecte Hippolyte Bergeron, le bâtiment reste inachevé jusqu’en 1939. Un second architecte, Paul-Marie Lemieux, planifie alors l’aménagement de l’intérieur de l’église. La même année, l’église reçoit un orgue de l’entreprise Casavant Frères. Au début des années 1940, Guido Nincheri, célèbre artiste religieux, y installe des vitraux.

L’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours et la vie de quartier

Église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours

L’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours et les bâtiments environnants
Photo de Denis-Carl Robidoux. Centre d'histoire de Montréal.
Une brève incursion dans les journaux et magazines montréalais du XXe siècle permet de constater l’importance de l’église pour les paroissiens et pour la vie de quartier. Dès les années 1920, le lieu s’impose comme un véritable centre communautaire. Outre les mariages et funérailles qui s’y déroulent, on y programme une panoplie d’événements, tombolas, fêtes et autres activités. On y célèbre notamment la fête de la Saint-Jean-Baptiste. Les Chevaliers de Colomb y tiennent un banquet aux huîtres en 1931; la Société Saint-Jean-Baptiste y organise des réunions et du recrutement. Dans les années 1930, des femmes de Ville-Émard y proposent des œuvres de bienfaisance au profit des moins fortunés du quartier.

Bien sûr, l’église est aussi le point de ralliement pour la plupart des activités à caractère religieux du secteur. En 1932, les paroissiens de Ville-Émard et de Côte-Saint-Paul sont par exemple invités à se présenter devant le parvis de l’église pour un pèlerinage à pied vers l’Oratoire Saint-Joseph. Dans les années 1930, l’église est également l’hôte de plusieurs retraites religieuses pour la communauté italienne du quartier. En 1925, les Italiens y fêtent Saint-Dominique; s’ensuit une procession dans les rues de Ville-Émard, puis un feu d’artifice.

L’église vers une nouvelle étape

Église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours

Gros plan sur l'entrée de l'église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours devenue le Théâtre Paradoxe.
Photo de Denis-Carl Robidoux. Centre d'histoire de Montréal.
Plus tard au XXe siècle, le lieu continue de servir d’espace pour les activités communautaires. La revue La bonne parole indique par exemple que la fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, dont une section existe à l’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours depuis 1916, est toujours active : des cours de couture et de cuisine sont proposés en 1940 et 1941 aux femmes et jeunes filles du quartier. En avril 1966, les « dames de charité du Perpétuel-Secours » organisent une partie de cartes sous la présidence du curé Gilles Guilbault. L’église sert aussi de salle de spectacle, notamment pour les élèves de l’école Notre-Dame-du-Bon-Conseil qui y présentent un concert de Noël en 1972. Un gala artistique s’y déroule la même année. L’organiste Françoise Chourot, élève de la célèbre organiste Françoise Aubut, y donne un récital en 1975.

Au début du XXIe siècle, l’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours connait des difficultés. Comme elle est peu fréquentée, l’archevêché de Montréal la met en vente en 2010. Groupe Paradoxe, une entreprise d’économie sociale, l’acquiert officiellement en 2012 pour la transformer en théâtre. En février 2014, le Théâtre Paradoxe ouvre ses portes au public : l’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours entame sa deuxième vie.

Contribution à la recherche : Société d’histoire Saint-Paul-Émard.