Université de Montréal

Légende : Université de Montréal
Credit : Air Imex Ltée, 2015

Historique d'ensemble

Genèse de l'institution

Une succursale montréalaise de l’Université Laval de Québec s’installe à Montréal dès 1889. Peu après, des bâtiments sont construits sur la rue Saint-Denis, notamment là où se trouve aujourd’hui le pavillon Hubert-Aquin de l’Université du Québec à Montréal. Les premières facultés à y offrir de la formation sont celles de médecine et de droit, tandis que la théologie est enseignée au Grand Séminaire de Montréal. Des écoles indépendantes sont aussi affiliées à la succursale : l’École polytechnique (l’actuel pavillon Athanase-David de l’UQAM), l’École des hautes études commerciales (le présent édifice de Bibliothèque et Archives nationales du Québec sur l’avenue Viger Est) et l’École de médecine dentaire. Situées dans le même secteur, ces écoles et la succursale universitaire donnent naissance au Quartier latin. Ce n’est qu’en 1920 que l’Université de Montréal, en tant qu’institution catholique, obtient du Vatican l’autorisation de devenir une entité autonome en se détachant de l’Université Laval.

Après deux incendies ayant partiellement détruit ses bâtiments de la rue Saint-Denis, l’université décide de se construire un véritable campus pour y regrouper ses facultés, alors dispersées dans plusieurs immeubles. La Ville de Montréal offre différents terrains à l’université qui choisit en 1924 celui de l’ancienne carrière Bellingham, située sur le flanc nord du mont Royal, entre autres parce qu’une large part de ses étudiants résident à Outremont, Notre-Dame-de-Grâce et dans le nord de Montréal. D’autres institutions catholiques sont par ailleurs déjà installées sur le site prestigieux de la montagne et le recteur de l’époque, monseigneur Vincent Piette, souhaite les y rejoindre.

En 1925, l’université embauche l’architecte et ingénieur Ernest Cormier, diplômé de l’École polytechnique, pour planifier la construction du nouveau campus. Le chantier débuté en 1928 est suspendu en 1931 en raison de problèmes financiers et demeurera inactif jusqu’à la création de la Société d’administration de l’Université de Montréal en 1939. Les travaux reprennent par la suite et le pavillon principal, appelé Roger-Gaudry, est finalement inauguré en 1943. On prévoit y accueillir 3000 étudiants et y loger un hôpital universitaire dans les ailes ouest. L’architecte a apporté un grand soin à la composition architecturale du vaste édifice revêtu de brique beige et a conçu les moindres détails du design intérieur. La cour d’honneur et la tour de l’université mesurant 52 mètres de hauteur constituent les éléments les plus remarquables du concept de Cormier. Les logements des étudiants suivis des installations sportives sont localisés au nord de l’ensemble, près de l’avenue Vincent-D’Indy.

L’université compte sept facultés supplémentaires dans ses nouveaux locaux : philosophie, lettres, sciences, médecine vétérinaire, chirurgie dentaire, pharmacie et sciences sociales, et l’École polytechnique construit son premier pavillon sur le campus à la fin des années 1950, à proximité du pavillon principal. La réalisation du plan d’ensemble élaboré par Ernest Cormier se poursuivra jusqu’en 1960 en se concluant par des interventions de l’architecte Ludger Venne.

Phases d'aménagement et de construction

À la suite du plan d’aménagement d’Ernest Cormier, trois autres plans directeurs de développement guideront l’évolution du campus. Le deuxième plan, conçu par l’urbaniste Jean-Claude La Haye en 1964, vise à optimiser l’utilisation du site pour répondre aux besoins d’expansion de l’université, justifiés par l’accroissement du nombre d’étudiants et la diversification des disciplines enseignées. Une quinzaine de pavillons sont conséquemment érigés dans les années 1960, notamment pour améliorer les services aux étudiants, ajouter des locaux de recherche et d’enseignement et loger des équipements techniques. L’université laisse tomber son projet initial d’établir un hôpital universitaire, ce qui libère de l’espace pour abriter des fonctions reliées à ses activités. Des terrains situés au sud de la propriété initiale sont acquis des Franciscains pour y ériger les pavillons Lionel-Groulx, Maximilien-Caron et 3200, rue Jean-Brillant. De plus, l’université achète une dizaine d’immeubles, dont d’anciens couvents, pour les convertir en pavillons universitaires.

L’acquisition en 1967 de l’Institut Jésus-Marie, qui deviendra le pavillon Marie-Victorin, marque le début de l’expansion de l’université à l’extérieur du périmètre de son campus. Si ce pavillon se trouve tout de même à proximité, d’autres facultés doivent se loger dans des immeubles plus éloignés situés dans les quartiers environnants. Le plan de 1964 prévoit également les premiers aménagements paysagers réalisés sur le campus, comme la place Laurentienne, située au centre de l’ensemble de pavillons de la rue Jean-Brillant. Le chemin de la Tour et le chemin de la Rampe sont aussi ouverts pendant cette deuxième phase de développement pour les automobiles et des sentiers piétonniers reliant les aires de repos et les pavillons sont aménagés.

Jean-Claude La Haye produit en 1968 une suite du plan directeur de 1964, mettant l’accent sur l’intégration du site à son environnement urbain et naturel, notamment par l’entremise d’aménagements paysagers qui épousent les caractéristiques naturelles du site, comme le chemin de la Polytechnique. L’université procède également à l’installation de nombreuses œuvres d’art public dont certaines font partie des aménagements paysagers. Avec le soutien de mécènes, l’institution érige quelques nouveaux pavillons au cours de cette troisième phase de développement s’échelonnant sur près d’une trentaine d’années. Le garage Louis-Colin est construit en 1969 sur l’avenue du même nom pour répondre au besoin croissant d’espaces de stationnement. L’École des hautes études commerciales (HEC) accepte l’offre d’un terrain de l’Université de Montréal et quitte son immeuble de l’avenue Viger Est pour se construire en 1970 un pavillon, l’édifice Decelles, à l’extrémité sud-ouest du site. Le Centre d’éducation physique et des sports de l’Université de Montréal (CEPSUM) est érigé à côté des résidences des étudiants, pour desservir la clientèle étudiante et également en vue des Jeux olympiques de 1976. L’université acquiert en 1982 l’immeuble logeant l’ancienne école de musique et la salle de concert Claude-Champagne des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, situé au nord-est du campus, pour y installer la Faculté de musique. Finalement, l’accès à l’université est facilité par la construction de deux stations de métro de la ligne bleue inaugurée en 1988.

La quatrième phase de construction découle d’une autre mise à jour du plan directeur de l’université, réalisée en 1995 par l’architecte et urbaniste Jean Ouellet, l’architecte Jean-Claude Boisvert et l’urbaniste Jean Paré. Celle-ci concerne particulièrement l’aménagement d’un pôle scientifique situé derrière le pavillon principal et près de l’École polytechnique, comprenant six nouveaux pavillons érigés entre 1996 et 2004, la plupart portant le nom des mécènes ayant financé leur construction.

L’École des HEC, qui manque d’espace dans l’édifice Decelles, se construit en 1996 un second pavillon sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Sur le terrain voisin, l’université acquiert l’ancien couvent des Sœurs missionnaires de l’Immaculée Conception, où logeait sous location la Faculté de l’aménagement depuis une vingtaine d’années, et y entreprend un projet de rénovation et d’agrandissement qui sera complété en 1997.

Pour pallier le manque d’espace, l’université achète en 2003 l’ancien couvent des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie situé au nord-est de son campus, en vue d’y loger des professeurs, chercheurs, étudiants et membres du personnel de soutien. Le projet est toutefois abandonné en raison des coûts de conversion qui s’avèrent trop élevés. Le problème d’espace ne faisant que s’accroître en raison de l’essor de ses activités de recherche et d’enseignement aux cycles supérieurs, l’université fait l’acquisition en 2006 du site de la gare de triage d’Outremont, afin de pouvoir y poursuivre son expansion. Le nouveau plan directeur des espaces, adopté en 2008 et dont l’échéancier de réalisation s’échelonne jusqu’en 2030, comprend la construction des pavillons sur le site d’Outremont ainsi que la réaffectation, la rénovation et, dans certains cas, l’agrandissement des bâtiments libérés sur le site de la montagne.

L'ensemble dans l'histoire du site patrimonial du Mont-Royal

L’Université de Montréal et d’autres ensembles institutionnels comme l’Hôpital général de Montréal, l’Hôpital Royal Victoria et l’Université McGill forment sur le pourtour du mont Royal une frange bâtie de grandes institutions du savoir et de la santé constituant un écrin d’une grande qualité architecturale pour les espaces verts et boisés de la montagne. Située sur le flanc nord de la montagne, l’Université de Montréal se trouve du côté de la montagne opposé à l’Université McGill, logée sur le flanc sud-est, la première occupant une superficie équivalant au double de la seconde.

Le pavillon Roger-Gaudry, avec sa tour iconique de style Art déco et sa cour d’honneur, est situé au cœur de l’organisation spatiale du campus. Contribuant à la composition du paysage de la montagne, le pavillon, visible de loin et de plusieurs endroits dans la ville, agit comme l’un des principaux points de repère du mont Royal et est devenu l’un des immeubles emblématiques de Montréal. La topographie de la montagne a influencé tant l’implantation des bâtiments de l’université – il a fallu dans plusieurs cas modifier le terrain pour construire – que l’aménagement paysager du site. Elle accentue la visibilité lointaine de la tour du pavillon principal grâce au positionnement élevé de celui-ci par rapport aux autres immeubles de l’ensemble. Son isolement du boulevard Édouard-Montpetit, créé par le dénivellement boisé présent entre le boulevard et le chemin de la Tour, rend au contraire le pavillon Roger-Gaudry et les autres pavillons centraux peu visibles lorsqu’on se trouve à proximité, par exemple sur le boulevard ou à l’entrée de la station de métro Université-de-Montréal. En fait, de cette courte distance, on ne voit pratiquement que la tour s’élevant au-dessus des arbres, ce qui confère un caractère relativement intime à l’ensemble du campus.

Le développement du pôle scientifique de l’université dans les années 1990 et 2000 est encadré par une entente conclue entre l’institution et la Ville de Montréal en faveur de la conservation du mont Royal. Ainsi, des interventions de reboisement et de consolidation des boisés sont entreprises en lien avec cette entente, qui préconise également la préservation des vues et l’amélioration des espaces libres. De plus, un projet de création d’un nouveau parc sur le sommet Outremont du mont Royal est en cours de réalisation, fruit d’une collaboration avec la Ville de Montréal grâce à la mise en commun de terrains appartenant à l’Université de Montréal et au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. L’université et le cimetière contribuent ainsi à rendre accessibles au public davantage d’espaces verts sur la montagne.

À travers ses périodes de développement, l’Université de Montréal témoigne non seulement de l’évolution de l’architecture moderne québécoise, mais aussi, par le soin apporté à ses aménagements paysagers, d’une conscience de la qualité du site et du lien étroit qui unit l’institution au cadre naturel et aménagé du mont Royal, dans lequel elle s’est insérée de manière à ce que l’un et l’autre se mettent mutuellement en valeur.

Localisation

Auteur : 
Ville de Montréal

Sujet

Localisation des bâtiments de l'ensemble Université de Montréal
Poids : 
479
Nombre de pages : 
1

Liste des bâtiments