Monument à sir George-Étienne Cartier

Patrimoine artistique et commémoratif

Légende : George William Hill, « Monument à George-Étienne Cartier », 1919.
Source : Collection Ville de Montréal Pierre, métal
Credit : © David Giral, 2010

Groupe d'onglets

Informations générales
Propriétaire : 
Ville de Montréal
Emplacement : 
Précision de l’emplacement : 
Parc du Mont-Royal, face l'avenue des Pins, dans l'alignement de la rue Rachel.
Matériaux : 
Pierre, métal
Dimensions : 
30.78 x 8.75 x 8.75 m

Description

Ce chef d’œuvre de Hill est constitué d’une terrasse au centre de laquelle se déploient, autour d’une colonne pyramidale en granit de Stanstead, 18 figures en bronze. À chaque coin de la terrasse, quatre lions au repos gardent les accès avant et arrière du monument.

À l’est, au centre de la composition, Cartier est représenté debout dans ses fonctions parlementaires, un document à la main. Ce document porte l’inscription « Avant tout soyons Canadiens », titre d’une chanson composée par Cartier et chantée par les Patriotes en 1837. À ses pieds un écusson de bronze reproduit sa devise «Franc et sans dol ».

Au pied de Cartier, de chaque côté de sa statue, deux groupes statuaires représentent les quatre provinces entrées dans la Confédération dès 1867. Une banderole placée derrière elles les nomme tandis que sur leur vêtement elles portent en motifs un écusson aux armoiries de leurs provinces respectives.

Entre ces deux groupes, une banderole porte l’inscription « Ô Canada, mon pays mes amours », paroles du refrain d’une chanson composée par Cartier et qu’il entonne lors de la première célébration de la Saint-Jean-Baptiste, en 1835.

Au sommet de la colonne, sous l’entablement, les armoiries de la Ville de Montréal se découpent dans la pierre.

Coiffant la colonne, on retrouve une figure féminine ailée, flottant dans les airs, un pied appuyé sur une sphère. Une de ses mains pointe vers le ciel, alors que l’autre tend une couronne de laurier au-dessus de la tête de Cartier.

Côté nord, un groupe statuaire composé d’une femme, d’une jeune fille, et d’un jeune garçon représente la Législation. Le personnage central celui de la Justice tient une épée tandis que dans un geste de supplication, le jeune garçon lui tend ses poignets liés. La jeune fille de son côté tient un livre dans lequel elle compile toutes les lois édictées par Cartier et qui constituent ses plus grandes réformes soit comme il est écrit plus loin: « Code civil Code de procédure Décentralisation judiciaire L’abolition de la tenure seigneuriale »

Côté sud, un second groupe statuaire est composé d’une femme entourée d’une fillette lisant un livre et d’un garçon tenant un ballon, un livre posé à sa gauche. Ce groupe rappelle le développement important apporté par Cartier dans le domaine de l’éducation.

À l’arrière du monument, faisant dos à la statue de Cartier, un soldat, partiellement agenouillé, porte un drapeau. En contrebas, placées en demi-cercle et épousant la forme de la base du socle, les figures allégoriques des cinq autres provinces canadiennes entrées dans la confédération après 1867, se tiennent par la main esquissant une ronde. Derrière elles une série de banderoles avec le nom des provinces qu’elles représentent. La femme représentant la Saskatchewan porte une écharpe sur laquelle on peut lire « The défense of the flag is (…) one of the base of Confederation » À leurs pieds, gravées dans la pierre ces paroles mémorables prononcées par Cartier en 1867 « Le Canada doit être un pays de liberté et toutes les libertés doivent être protégées par la loi. »

Interprétation

Il s’agit d’un monument patriotique érigé à la gloire d’un homme dont le rôle historique est pour le moins controversé.

Rappelons que Sir George Étienne Cartier, dont le prénom s’écrivait comme celui du roi d’Angleterre, est l’un des pères de la Confédération canadienne. Que cet avocat de formation, né à Saint-Antoine-sur-Richelieu était un mordu de politique. Que la première partie de sa vie publique est associée à la cause des Patriotes. Qu’en 1834, il a travaillé à l’élection de Louis-Joseph Papineau et de Robert Nelson. Qu’il a également été membre des Fils de la Liberté et que, lors de la rébellion de 1837, il a participé à la bataille de Saint-Denis. À parti de 1858, cependant, il change son fusil d’épaule et milite activement en faveur d’un projet de fédération des provinces de l’Amérique du Nord britannique.

Voilà pourquoi sur son monument, les citations de ses chansons pour les Patriotes côtoient des déclarations comme celles-ci : « We are of different races not for strife but to work together for the common welfare ».

Du point de vue canadien, Cartier était un héros. À preuve cette dédicace gravée dans la pierre du monument : « À Cartier la reconnaissance et l’admiration d’un peuple ». Du point de vue québécois, cependant, certains le percevaient comme un traitre. Au vu de l’histoire, il a accompli énormément.

Aussi les quatre lions au repos de son monument symbolisent la puissance et la protection de l’Empire britannique tout en exprimant l’allégeance de Cartier envers lui.

Couronnant l’ensemble, la figure féminine ailée représente la Renommée. Elle symbolise le coup d’envoi donné à un destin. La couronne de laurier dans sa main tendue au-dessus de la tête de Cartier évoque la victoire, le succès. Or Cartier avait été reçu en grande pompe par la reine Victoria en 1858 et il sera fait baronnet en 1868.

À l’arrière, la figure du soldat partiellement agenouillé et portant un drapeau symbolise la loyauté au drapeau et à l’Empire. Elle fait également allusion à la fonction de ministre de la Milice et de la Défense exercé par Cartier à la suite de la naissance de la Confédération. Le détail n’est pas négligeable à cette époque où les autorités britanniques avaient du mal à convaincre les Canadiens français à se joindre à l’effort de guerre.

Documentations

Références bibliographiques

Dossiers Art public, Ville de Montréal

Fournier, Rodolphe. Lieux et monuments historiques du l’Île de Montréal. St-Jean, Les Éditions du Richelieu Ltée, 1974. p. 187-188.

Site Internet du bureau du Bureau d’art public, Ville de Montréal
« Monument à sir George-Étienne Cartier » L’art public à Montréal : La collection municipale. En ligne. http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=678,1154690&_dad=portal&...
Consultée le 1er mars 2011.

Auteur

Hill, George William (1862-1934)

Collaborateurs

Maxwell, Edward (architecte) (1867-1923)
Maxwell, William S. (architecte) (1874-1954)

Type

  • Œuvre d'art

Sommet

  • Colline Mont-Royal