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Un quartier à verdir… et à aménager

26 mai 2021

De nombreux enjeux d’aménagement urbain sont d’actualité au Quartier chinois. Plusieurs groupes travaillent pour en faire un endroit qui porte fièrement son héritage culturel et où il fait bon vivre.

Un jardin communautaire rassembleur

Quartier chinois - aménagement

Photo couleur montrant l’intersection des rues Clark et De la Gauchetière dans le Quartier chinois. Le café Nanking est au coin de la rue.
BAnQ, Fonds Antoine Desilets, P697,S1,SS1,SSS6,D23,010.
En 2011, la directrice du Service de la famille chinoise, May Chiu, veut créer un jardin communautaire pour les résidents du quartier, situé à côté de l’Hôpital chinois et fondé sur l’échange, l’entraide communautaire et le contact social. Janet Lumb, une Canadienne-Chinoise de troisième génération, lance alors l’Espace vert du Quartier chinois, le seul espace vert public du secteur.

Au cours de son histoire, le jardin a conservé ses valeurs essentielles : l’échange interculturel et intergénérationnel, la sensibilisation à la sécurité alimentaire et l’exploration de l’agriculture urbaine. Ce jardin, géré de manière indépendante par la communauté, est un véritable carrefour social où on peut trouver un groupe de bénévoles d’horizons différents qui cultivent, par exemple, les trois sœurs autochtones – la courge, le maïs et le haricot grimpant – et le mizuna japonais, parmi d’autres légumes asiatiques soigneusement sélectionnés par Bill Mersereau, le coordinateur actuel du jardin. On peut y entendre du français, de l’anglais, du mandarin, du cantonnais, du taishanais et même de l’espagnol. Si tout le monde ne parle pas la même langue, le langage des gestes et la passion partagée pour le jardinage sont des outils de communication universels.

Le jardin demeure dans le Quartier chinois pendant six ans, au cours desquels les récoltes sont livrées dans des paniers aux aînés chinois à mobilité réduite. C’est un moyen de briser leur isolement social et de leur fournir des légumes frais. Beaucoup d’entre eux aiment aussi se promener dans le jardin et profiter de ce havre de verdure en ville en échangeant avec les jardiniers.

Situé aujourd’hui en dehors du Quartier chinois, à l’intersection des rues Parthenais et Masson, l’Espace vert du Quartier chinois a tissé des liens très forts dans toutes les communautés où il s’est établi. Une des plus grandes fiertés de Janet, c’est de voir des gens qui habitent dans un même immeuble depuis plusieurs années se rencontrer pour la première fois grâce au jardin, ce qui témoigne de l’importance d’un espace communautaire de ce genre.

Actuellement, le rêve le plus cher de l’Espace vert du Quartier chinois et de l’Hôpital chinois est de ramener ce jardin dans le quartier. Des passionnés essaient depuis plusieurs années de convaincre la Ville de Montréal de leur laisser utiliser le terrain vide en avant de l’hôpital. Ainsi, ce jardin communautaire retrouvera ses racines dans le Quartier chinois, où s’écrira un nouveau chapitre de sa belle histoire de partage que les bénévoles espèrent pouvoir continuer pendant très longtemps.

Le Quartier chinois de demain

Le Quartier chinois a été victime d’une longue série de projets de développement immobiliers qui l’a rétréci au fil des décennies. En moins de 50 ans, le secteur est passé de majoritairement résidentiel à essentiellement commercial. Malgré la piétonisation de la rue De La Gauchetière en 1981 et l’érection des arches délimitant les frontières du quartier, il manque de plusieurs éléments essentiels à un quartier habité sain et vivant, tels que des écoles et des espaces communautaires. La prise en compte des intérêts du quartier par les instances décisionnelles est difficile, dû à un manque de représentation politique de la communauté. Pour ces raisons, les tendances d’embourgeoisement et de spéculation immobilière représentent encore une menace importante dans le secteur.

De nos jours, la communauté se mobilise activement contre des projets tels que l’achat du plus vieux tronçon du Quartier chinois par un spéculateur immobilier. Plusieurs leaders de la communauté chinoise, le Groupe de travail sur le Quartier chinois et leurs alliés travaillent ensemble pour créer une stratégie holistique à plusieurs volets afin de protéger le secteur. Ils revendiquent entre autres le statut de patrimoine culturel protégé pour le quartier aux trois paliers du gouvernement canadien. Cette action a pour but de protéger les bâtiments et de renforcer les activités essentielles qui caractérisent le Quartier chinois d’aujourd’hui, tels que la restauration et les commerces asiatiques. Cette protection assurerait des règlements de zonage plus sensibles aux besoins de la communauté et permettrait la création d’outils de protection du patrimoine pour protéger le quartier. Avec ce statut, les propriétaires de bâtiments auraient accès à des fonds provinciaux et fédéraux qu’ils pourraient utiliser pour restaurer et aménager leurs propriétés.

La communauté est aussi en train de formuler une vision à long terme pour le futur du Quartier chinois par le biais de dialogue entre les leaders de la communauté, le Groupe de travail du Quartier chinois, la Ville de Montréal, les commerçants du coin et les résidents. La communauté veut rendre le quartier de nouveau habité et actif en y intégrant plusieurs éléments essentiels à l’épanouissement de tous ceux qui y résident ou qui le fréquentent. Cette vision inclue le verdissement du quartier, la mise en place de logements abordables, la formation d’une passerelle accessible entre la communauté et les services sociaux, la construction de lieux de culte, la création d’écoles et le développement d’activités de loisir. Le manque de logements abordables en particulier est en grande partie responsable du faible nombre de résidents dans le secteur, qui a diminué de près de 50 % entre 2006 et 2016. En effet, pendant ces dix années, les loyers du Quartier chinois ont augmenté de plus de 50 %, ce qui a poussé plusieurs résidents à déménager, faute de moyens.

Aujourd’hui, la diaspora chinoise de Montréal et ses alliés fourmillent d’idées pour redorer le Quartier chinois. Plusieurs étudiants en urbanisme ont soumis des plans d’aménagement urbain à la Ville qui sont présentement en processus de révision. En décembre 2020, la Ville de Montréal a émis une déclaration officielle symbolique de soutien, de reconnaissance et de solidarité, reconnaissant la nature historique et culturelle du Quartier chinois. Cette déclaration générale a été bien accueillie par les militants anti-embourgeoisement, bien qu’ils s’attendent à plus de mesures concrètes des instances décisionnelles. Encouragée par ce premier pas vers la revitalisation du secteur, la communauté a hâte de pouvoir mettre sur pied d’une manière concrète sa vision du Quartier chinois de demain, axée sur la protection du patrimoine intangible du secteur au complet.

一个亟需绿化和发展的地区

唐人街社区花园《绿色空间》成立于2011年,是名副其实的社交聚点。该花园由林瑞贞在中华医院创办,于2014年成为唐人街唯一的公共绿色空间,其后因土地被接管而搬迁至 Rosemont 区。

公共绿色空间的完全缺乏,始终是唐人街许多城市发展项目的关注点之一。尽管1981年De La Gauchetière街被设为步行街,并搭建了划定该区边界的拱门,然而,唐人街仍缺乏社区空间、公共艺术和廉租公寓。目前,多个团体正在积极工作,努力更好地代表社区的利益,让社区能够参与决策流程,从而使唐人街成为一个既拥有深厚的文化遗产,又能够让人安居乐业的地方。

La traduction en chinois simplifié a été faite par Serena Xiong (熊吟) et révisé par Philippe Liu (刘秦宁).

需綠化和發展的地區

唐人街社區花園《綠色空間》成立於2011年,是名副其實的社交聚點。該花園由林瑞貞在中華醫院創辦,於2014年成為唐人街唯一的公共綠色空間,其後因土地被接管再搬到 Rosemont 區。

唐人街完全缺乏公共綠色空間,始終是唐人街許多城市發展項目關注之一。儘管1981年De La Gauchetière街被設為行人路,並搭建了劃定該區邊界的拱門,然而,唐人街仍缺乏社區空間、公共藝術和便宜住屋。目前,幾個團體正在積極工作,其中包括爭取向政府公道反映唐人街的各種需求,讓社群能夠參與決策流程,使唐人街成為有深厚文化遺產、能夠安居樂業的地方。

Traductrice : Wai Yin Kwok.