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Le canal de Lachine

19 janvier 2016
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En 1851, le canal de Lachine, premier maillon d’une chaîne de canaux reliant l’océan Atlantique et les Grand Lacs, fait de Montréal la principale porte d’entrée vers l’intérieur du continent.

Canal Lachine vers 1850

Illustration du canal Lachine avec de nombreux bateaux.
Vers 1850, Le canal Lachine, par James Duncan, Musée McCord, M984.273.
Localisation: Le canal traverse les arrondissements Ville-Marie, Le Sud-Ouest, LaSalle, Lachine ainsi que la ville de Montréal-Ouest

1670, François de Salignac Fénelon propose le creusement d’un canal entre Montréal et Lachine. 1680, François Dollier de Casson, supérieur des Sulpiciens, affirme que ce canal permettrait d’approvisionner en eau les moulins de Montréal, tout en facilitant la navigation vers les pays d’en haut. Comme on le voit, ce n’est pas d’hier que l’on rêve de construire un canal contournant les redoutables rapides de Lachine.

Mais il faut attendre le début du XIXe siècle pour que ce rêve devienne réalité. Au moment où le commerce du blé et du bois supplante celui de la fourrure, le canal de Lachine ne représente plus un luxe coûteux, mais une nécessité impérieuse pour les marchands britanniques de Montréal, dont l’ambition est de faire de leur ville la principale porte d’entrée vers l’intérieur du continent. C’est le 17 juillet 1821 que John Richardson, marchand bien connu et fondateur de la Banque de Montréal, donne le signal du début des travaux de creusement qui seront finalement complétés en 1825. Construit pour permettre le passage de petits voiliers à fond plat, le canal doit être élargi à deux reprises, entre 1843 et 1848 et entre 1870 et 1885, pour répondre à l’apparition des navires à vapeur et à l’augmentation croissante de leur taille; cinq grandes écluses jalonnent dorénavant les 14 km qui séparent le port de Montréal du lac Saint-Louis.

De l’océan Atlantique aux Grand Lacs

Canal de Lachine - agrandissement vers 1877

Photographie de travaux de chantier du canal de Lachine
Vers 1877, Construction du bassin no 4 – canal de Lachine, par Samuel McLaughlin. Bibliothèque et Archives Canada, PA-147588.
En 1851, le canal de Lachine devient le premier maillon d’une chaîne de canaux reliant l’océan Atlantique et les Grand Lacs, l’ancêtre de la Voie maritime du Saint-Laurent d’aujourd’hui. C’est d’ailleurs à cette époque qu’apparaissent sur ses berges les premières industries, attirées par son potentiel hydraulique. La présence de cette énergie abondante et bon marché, jumelée aux facilités de transport exceptionnelles que procurait le canal, explique que le sud-ouest de Montréal ait représenté pendant près d’un siècle (1847-1945) la plus importante concentration d’établissements industriels au Canada.

À la veille de la grande crise économique, près de 15 000 navires empruntent annuellement le canal de Lachine. Trente ans plus tard à peine, il se voit pourtant surclassé par la Voie maritime du Saint-Laurent qui ouvre ses portes sur la rive sud du fleuve en 1959. Victime de son propre succès, il avait tant contribué au développement urbain qu’il était devenu physiquement impossible de l’élargir à une troisième reprise. Mis sur une voie de garage, partiellement comblé en 1965, le canal de Lachine ferme ses portes à la navigation commerciale le 4 novembre 1970. Le canal est rouvert à la navigation de plaisance depuis 2002. 

Canal de Lachine en 2001

Photographie du canal de Lachine à vol d'oiseau, vu de l'ouest
2001, L’entrée du canal de Lachine, par Denis Labine.
Cet article est paru dans le numéro 6 du bulletin imprimé Montréal Clic, publié par le Centre d’histoire de 1991 à 2008.

Des ponts qui avaient la bougeotte!

Un canal, construit pour faciliter la navigation, représente un obstacle de taille pour le transport terrestre. On a donc érigé de nombreux ponts tout au long de l’histoire du canal de Lachine. Ils pouvaient être fixes (on devait alors démâter les voiliers), tournants ou basculants, et faits de pierre, de bois ou de métal... Le plus spectaculaire d’entre eux était sans contredit le pont CN-Wellington dont le tablier s’élevait à une hauteur de 10 étages pour laisser la voie libre aux navires.

Les éclusiers

Jusqu’à la fermeture du canal de Lachine à la circulation maritime commerciale en 1970, les cinq écluses, qui permettaient aux navires de franchir la dénivellation sur le fleuve Saint-Laurent entre le courant Sainte-Marie et le lac Saint-Louis, étaient sous la supervision des éclusiers.

Installés aux abords des écluses dans de petites guérites hexagonales, les éclusiers étaient responsables de l’ouverture et de la fermeture des portes du sas de l’écluse, de l’ouverture des vannes pour le remplissage de ladite écluse et de la sécurité des équipements. Ils étaient souvent le seul contact que les équipages de navires pouvaient avoir avec la population locale au cours de leur passage à Montréal.

Références bibliographiques

DESLOGES, Yvon. Le canal de Lachine : du tumulte des flots à l’essor industriel et urbain, 1860-1950, Sillery, Septentrion, 2002, 214 p.

Avant-après : Entrée du canal de Lachine

Vue aérienne montrant l’entrée du canal de Lachine et la partie ouest du Vieux-MontréalVue aérienne montrant l’entrée du canal de Lachine et la partie ouest du Vieux-Montréal

Canal de Lachine

Avant

XXe s. Le port et la ville [carte postale]. Bibliothèque et Archives nationales du Québec. CP 5663 CON.

Après

2014. Vue de la ville à partir du silo no 5, par Denis-Carl Robidoux. Centre d’histoire de Montréal.