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L’Hôpital Notre-Dame

21 janvier 2016
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Laïque et francophone, l’Hôpital Notre-Dame, ouvert en 1880, répond à une demande croissante de soins hospitaliers. Il ne cessera d’ailleurs de s’agrandir pour combler les besoins médicaux.

Hôpital Notre-Dame sur la rue Notre-Dame

Photographie de la façade de l'hôpital Notre-Dame lorsqu'il était situé sur la rue Notre-Dame. On y remarque des poteaux électriques, les câbles servant à la circulation du tramway et deux voitures arrêtées devant l'hôpital.
Hôpital Notre-Dame / Reproduction d'Edgar Gariépy . - [19-], Archives de la Ville de Montréal, BM042-Y-1-P1038.
Localisation: 1560, rue Sherbrooke Est

Entre la décision de fonder un nouvel hôpital à Montréal, le 15 avril 1880, et l’ouverture de l’Hôpital Notre-Dame, rue Notre-Dame, le 27 juillet de la même année, seuls quatre mois se sont écoulés. Cette rapidité d’action démontre la nécessité d’un nouvel établissement hospitalier dans le Montréal de la fin du XIXe siècle. En effet, jusqu’à l’ouverture de l’Hôpital Notre-Dame, il n’y avait que deux grands hôpitaux à Montréal : l’Hôtel-Dieu, dirigé par les Sœurs hospitalières de Saint-Joseph, et l’Hôpital général de Montréal, établissement protestant dirigé par un conseil d’administration et un bureau médical laïques.

L’ouverture d’institutions telles que le Women’s Hospital (1873), l’Hôpital civique des variolés (1874) et le Montreal Foundling and Baby Hospital (1891) illustre bien la spécialisation des soins et des services, qui comble une partie des besoins de l’époque. Mais des besoins nouveaux apparaissent, conséquences, entre autres, de l’industrialisation, de l’urbanisation et du développement de la profession médicale. L’Hôpital Notre-Dame apporte d’abord une solution aux difficultés de la Faculté de médecine de la succursale de l’Université Laval à Montréal, ouverte en 1879. Elle permet d’offrir aux étudiants un enseignement clinique et des stages obligatoires dans un hôpital de plus de 50 lits. Les étudiants de la Faculté s’étaient vus refuser l’accès à l’Hôtel-Dieu car les religieuses le réservaient aux étudiants de l’École de médecine et de chirurgie. L’Hôpital répond aussi à une demande de plus en plus grande de soins hospitaliers.

Premier hôpital laïque francophone

Docteur Emmanuel-Persillier Lachapelle

Portrait buste du docteur Emmanuel Persillier Lachapelle.
Docteur Emmanuel-Persillier Lachapelle, Division des archives de l'Université de Montréal, P00221FP02064.
Le docteur Emmanuel Persiller Lachapelle, secrétaire de la succursale de l’Université Laval à Montréal, est le maître d’œuvre de la fondation de l’Hôpital. Il s’assure de la collaboration du curé Rousselot, de la paroisse Notre-Dame, qui souhaite voir l’Hôpital s’établir dans sa paroisse, ainsi que celle des Sœurs grises, qui établissent un précédent en acceptant de participer à la gestion interne de l’Hôpital sans en devenir propriétaire. Ce sera donc le premier hôpital laïque francophone. Dès le 22 avril 1880, le curé loue l’ancien hôtel Donegana et toutes ses dépendances; l’institution en fera l’achat en mai 1882. L’ancien hôtel a l’avantage d’être situé à l’angle des rues Notre-Dame et Berri, sur le terrain de l’actuel complexe Chaussegros-de-Léry, tout près du château Ramezay, siège de la Faculté de médecine. L’hôtel était abandonné depuis un certain temps; de nombreuses rénovations doivent donc être effectuées. La demande de soins est si importante qu’on songe rapidement à agrandir l’hôpital. Les administrateurs procèdent d’abord à l’achat de la maison Masson, voisine de l’hôpital, en 1885. Au cours des années suivantes, s’y ajouteront l’immeuble Béliveau (1886), la maison Barré (1890) et, finalement, la propriété Rasconi (1912).

Lente naissance d’un hôpital moderne

Hôpital Notre-Dame - vue aérienne

Vue aérienne de l'hôpital, du parc Lafontaine et des alentours.
Montréal : Vue aérienne / Reproduction d'Edgar Gariépy . - [entre 1939 et 1956], Archives de la Ville de Montréal, BM042-Y-1-P1559.
Mais les différentes propriétés de l’Hôpital Notre-Dame vieillissent; leur entretien est une tâche de plus en plus ardue. De plus, la population montréalaise ne cesse de croître et les possibilités d’expansion de l’hôpital sont réduites. On songe donc, dès 1900, à construire un nouvel immeuble, digne d’un hôpital moderne. Mais il faudra s’armer de patience puisque les obstacles se multiplieront : le nouvel hôpital n’ouvrira ses portes qu’en 1924. Un terrain est acheté en 1901 rue Sherbrooke, en face du parc Lafontaine. Mais la construction du nouvel hôpital se voit retardée, car les administrateurs s’engagent à s’occuper de la construction d’un hôpital civique pour les malades contagieux, l’hôpital Saint-Paul. Les travaux de la première aile du nouvel hôpital Notre-Dame, commencés en 1904, seront rapidement suspendus. Peu après la fin de la Première Guerre mondiale, la décision sera prise de poursuivre la construction du nouvel hôpital rue Sherbrooke. D’un petit hôpital de 25 lits lors de l’ouverture en juillet 1880, l’hôpital Notre-Dame est passé à 250 lits lors de l’inauguration du nouvel immeuble en 1924. Mais c’est encore trop peu. Une nouvelle aile est construite rue Champlain en 1929, puis, dans les années 1950, les pavillons de l’hôpital Saint-Paul feront place au pavillon Emmanuel-Persiller-Lachapelle.

Aujourd’hui l’Hôpital Notre-Dame fait partie du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Cet article est paru dans le numéro 36 du bulletin imprimé Montréal Clic, publié par le Centre d’histoire de 1991 à 2008.