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Le belvédère du mont Royal

31 mars 2017
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À la recherche d’une vue imprenable sur la ville et ses gratte-ciels? Envie de concerts estivaux ou d’activités hivernales? Rendez-vous au belvédère Kondiaronk, lieu suranné mais toujours enchanteur.

Mont Royal - 1963

Scène d'hiver sur le belvédère du mont Royal. Des enfants et des adultes admirent la vue sur le centre-ville.
Archives de la Ville de Montréal. VM94-A0085-026.
Pour les Montréalais et les touristes, le point de vue devant le chalet du parc du Mont-Royal est un incontournable. C’est en 1906, 40 ans après l’inauguration du chemin Olmsted, que l’on remplace le belvédère rudimentaire en bois par une terrasse d’observation en demi-cercle et trois pavillons d’été reliés par des galeries. Ce sont les architectes Maxwell, Marchand et Haskell qui les conçoivent. L’un des pionniers de l’architecture paysagère au Canada et concepteur de nombreux parcs à Montréal, Frederick G. Todd, collabore au projet. Construits en bordure de l’escarpement, les pavillons sont démolis en 1934 à la suite de la construction du chalet actuel (1931-1932). Œuvre de l’architecte Aristide Beaugrand-Champagne, le chalet fait partie des grands travaux entrepris dans le cadre des programmes gouvernementaux mis sur pied en 1930 afin de lutter contre la crise économique.

La popularité du belvédère s’accentuant au fil des années, l’architecte paysagiste André Chartrand agrandit la terrasse en 1992. C’est en 1997 qu’on le nomme « Kondiaronk », en l’honneur du chef huron-wendat. Surnommé « Le Rat » par les Français pour ses qualités de fin stratège, il a été un important instigateur de la Grande Paix de Montréal. Malheureusement, il est décédé de fièvres le 2 août 1701, quelques jours avant la ratification du traité de paix.

Le centre-ville en spectacle

Mont Royal - 1963 couple

Couple admirant la vue sur le centre-ville à partir du belvédère du mont Royal.
Archives de la Ville de Montréal. VM94-A0085-024.
Depuis plus d’un siècle, le belvédère est sans contredit l’endroit de choix pour voir les transformations de la cité. Au début du XXe siècle, le Vieux-Montréal cède peu à peu son titre de centre-ville au profit du « nouveau » quartier des affaires autour du boulevard Dorchester (devenu René-Lévesque en 1987). De récents gratte-ciels font alors entrer la métropole dans la modernité d’après-guerre. En 1962, la tour CIBC (180 m), la Place Ville-Marie (188 m) et l’édifice de la CIL-Télus (136 m) s’élèvent dans le centre-ville. Les édifices de la Sun Life et de la Banque Royale, construits respectivement en 1913 et 1928, ne sont plus seuls à dominer le paysage. Ces nouveaux géants modernes sont rejoints dans les décennies suivantes par une quantité de gratte-ciels qui rivalisent de hauteur, si bien que le paysage du centre-ville est aujourd’hui caractérisé par la présence de deux massifs, le mont Royal d’une part et les grands édifices du centre des affaires d’autre part. Le Plan d’urbanisme de la Ville de 2004 prévoit que les constructions respectent une hauteur maximale d’approximativement 210 m, soit la hauteur du sommet du mont Royal, afin de lui conserver sa prédominance.

Des concerts populaires dans un cadre grandiose

Mont Royal - concert

Musiciens et foule lors d'un concert sur le belvédère du mont Royal.
Archives de la Ville de Montréal. VM94-A651-008.
Montréalais de naissance, Wilfrid Pelletier devient le premier directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), puis son premier chef en 1935, tâche qu’il assume jusqu’en 1940. Comme l’éducation musicale est une de ses grandes préoccupations, il instaure une série de concerts populaires ayant pour cadre le belvédère du mont Royal. Inaugurés le 1er juillet 1938, ces concerts d’été connaissent rapidement un franc succès et se poursuivent jusqu’en 1964. L’initiative est reprise par la suite par d’autres orchestres (comme cela est illustré par la vue, prise en 1966, d’un orchestre inconnu), mais la montagne cesse d’accueillir ce type d’événements à la fin des années 1960. Les concerts estivaux de l’OSM se poursuivent un certain temps à l’aréna Maurice-Richard, à l’initiative d’Alexander Brott, ainsi que dans les parcs en collaboration avec le Service des parcs de la Ville de Montréal.

Cet article a été rédigé à partir de deux chroniques « Montréal, retour sur l’image », parues dans le Journal de Montréal en 2013 (avec la collaboration de la Division du patrimoine) et le 8 février 2015 (rédigée par Maude Bouchard-Dupont), et dans le livre Promenades historiques à Montréal, sous la direction de Jean-François Leclerc, les Éditions du Journal, 2016, 240 pages.

En voiture!

Mont Royal - train miniature

Train miniature sur patins en hiver sur le belvédère du mont Royal.
Archives de la Ville de Montréal. VM94-A0085-033.

Pour admirer la vue du haut du belvédère dans les années 1950, nul besoin de marcher. Un petit train circule entre le chalet et le côté sud-ouest du pavillon du Lac-aux-Castors, à côté de l’actuelle patinoire artificielle. Sur pneumatiques l’été et sur skis l’hiver, ces petits trains portent des noms inspirés des forces de la nature : la Tornade, le Tempête et la Brise. D’autres parcs ont suivi cette mode. Le Jardin botanique a inauguré en grande pompe l’Ouragan le 11 juillet 1957. Les petits trains sont également incontournables à l’Expo 67 pour accéder aux différents points d’intérêts sur les îles.

L’âge d’or des trains miniatures est maintenant chose du passé. Néanmoins, l’usage de navettes est resté au Jardin botanique. Mais c’est au parc La Fontaine que les petits et les plus grands peuvent revivre l’expérience de leurs grands-parents grâce à un petit train électrique, le Mini-Express.