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1929. La crise économique.

13 janvier 2016
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Le krach de 1929 frappe durement les Montréalais. Montréal ainsi que plusieurs villes soutenues par les gouvernements fédéral et provincial mettent graduellement en place des « secours directs ».

Crise économique - Refuge Meurling (2)

Photographie d'une file d'attente de chômeurs devant l'entrée du refuge Meurling (435, rue du Champ-de-Mars) lors de la crise économique des années 1930.
Archives de la Ville de Montréal. CA M001 VM094-Y-1-17-D0034.
Le krach de 1929 frappe durement les Montréalais. Les exportations de céréales qui transitent par le port chutent. Des milliers de journaliers sont mis à pied. Même scénario aux ateliers Angus, ou Shops Angus, la grande usine ferroviaire de Rosemont. Beaucoup acceptent des baisses de salaire. Certains voient leur semaine réduite à 14 heures. La construction et l’industrie sont aussi affectées. L’onde de choc se répand. Des commerces ferment, de petites entreprises aussi.

« Ça va venir, ça va venir. Découragez-vous pas », chante Mary Travers, dite la Bolduc, en 1930. Mais il y a de quoi perdre espoir.

Crise économique - Refuge Meurling, employés municipaux

Employés municipaux de l’assistance municipale devant le refuge Meurling.
Archives de la Ville de Montréal. VM6,S10,R3926.2.

Le propriétaire réclame son loyer. La compagnie d’électricité menace de couper le service. L’épicier du coin cesse de faire crédit. Sans filet social, il faut se débrouiller. La mère prend des chambreurs, fait des lavages et cultive un petit potager. Les enfants ramassent le charbon perdu sur les voies ferrées. Certains devront déménager en Ontario, d’autres retournent vivre sur la ferme familiale, laissant leur place à des familles chassées par la misère des campagnes.

Les mieux nantis jugent les chômeurs responsables de leur sort. L’État ne doit pas intervenir en économie, croient-ils. Au mieux, les municipalités soutiennent les organismes de bienfaisance. La Saint-Vincent de Paul distribue des bons d’achat et du bois de chauffage. Montréal ainsi que plusieurs villes soutenues par les gouvernements fédéral et provincial mettent graduellement enplace des « secours directs ».

Vespasiennes, années 1930

Photographie de la vespasienne (aussi connue sous le nom de «camillienne») du square Viger (aujourd'hui localisée au square Saint-Louis).
Archives de la Ville de Montréal.
Alors que le peuple gronde et que certains lorgnent du côté du socialisme et du communisme, les gouvernements s’engagent plus activement. Un ambitieux programme de travaux publics permet d’embaucher des hommes chômeurs pour un maigre salaire. Montréal se dote ainsi d’infrastructures et d’équipements publics encore visibles de nos jours. Le chalet du Mont-Royal et le Jardin botanique sont de ceux-là. On construit des viaducs, des tunnels pour piétons et même de jolis pavillons abritant des urinoirs publics, surnommés « camilliennes », en l’honneur du maire Camillien Houde!

La crise s’étire jusqu’à la fin des années 1930, alors que la Deuxième Guerre mondiale et l’injection d’importants capitaux pour la production militaire relancent l’économie et l’espoir des Montréalais.

1929 : La crise économique

1929 : La crise économique

Source : 
Centre d'histoire de Montréal.