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L’hôtel de ville de Sainte-Cunégonde

17 octobre 2017
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Construit en 1904, l’hôtel de ville de Sainte-Cunégonde abrite la première bibliothèque publique de langue française au Canada.

Lieu : 2450, rue Workman

1904 : Construction du bâtiment

Hôtel de ville - Sainte-Cunégonde (premier)

Illustration montrant le premier hôtel de ville de Sainte-Cunégonde
La cité de Sainte-Cunégonde de Montréal: Notes et souvenirs, par Édouard Zotique Massicotte, dessin de Edmond J. Massicotte, J. Stanley Houle Éditeur, 1893, p.23.
La cité de Sainte-Cunégonde obtient une charte municipale en 1875. Dans les années suivantes, la ville prend de l’expansion au rythme du développement industriel de ce secteur du sud-ouest de Montréal, qui correspond approximativement au quartier Petite-Bourgogne actuel. On amorce la construction d’une première église en 1877. La première gare est inaugurée en 1886. Cinq ans plus tard, en 1891, le quartier compte environ 9000 habitants.

Au coin des rues Vinet et Workman, un premier hôtel de ville est aménagé dans l’ancienne église protestante Saint-Jude en 1877. En 1904, un an avant son annexion à la Ville de Montréal, Sainte-Cunégonde le remplace par un bâtiment beaucoup plus vaste, situé au même endroit. L’édifice, dessiné par les architectes Cajetan Dufort et Alphonse Piché, sert aussi à l’époque de caserne de pompiers, de poste de police et de bureau de poste.

Une bibliothèque gratuite pour les francophones

Bibliothèque Sainte-Cunégonde 1947

Quatre hommes verre à la main sourient dans une bibliothèque.
Archives de la Ville de Montréal. VM94-Z390-1.
Dès 1905, l’hôtel de ville de Sainte-Cunégonde héberge également la première bibliothèque publique de langue française au Canada. D’abord dirigée par Édouard-Zotique Massicotte, archiviste judiciaire à la Ville de Montréal, la bibliothèque profite aux résidants du secteur. Un article de 1906, publié dans le journal Le passe-temps, indique qu’aucune bibliothèque n’existe à l’ouest de Montréal, les résidants des quartiers Saint-Joseph, Saint-Gabriel, Saint-Henri et Sainte-Cunégonde bénéficient donc grandement du nouvel établissement. Un autre article, publié en 1918, donne une idée de la fréquentation du bâtiment. Entre 1917 et 1918, la bibliothèque a été visitée par 5774 personnes et contiendrait environ 3000 volumes. Le même article suggère cependant la fermeture possible de la bibliothèque, étant donné « la détresse où se trouve [alors] le trésor municipal ». Ainsi, en 1918, on ferme cet équipement public par mesure d’économie.

Il faudra attendre jusqu’en novembre 1947 pour que la bibliothèque soit rouverte, à la demande du militaire et diplomate Georges Vanier. À l’époque, on peut s’y rendre facilement en empruntant le tramway de la rue Notre-Dame. Les bibliothèques municipales semblent gagner en popularité dans les années 1940, acquérant 20 000 nouveaux abonnés entre 1943 et 1948. À Sainte-Cunégonde, la bibliothèque est particulièrement populaire auprès des enfants : on y compte environ 1000 jeunes abonnés en 1948.

L’hôtel de ville de Sainte-Cunégonde

Façade extérieure de l’hôtel de ville de Sainte-Cunégonde
Photo de Denis-Carl Robidoux. Centre d'histoire de Montréal.

En 1985, la bibliothèque est renommée « bibliothèque Georges-Vanier » pour souligner l’implication de ce dernier dans sa réouverture. En 2004, le bâtiment est rénové et transformé en centre culturel.

Contribution à la recherche : Société historique de Saint-Henri.

Références bibliographiques

CAMBRON, Micheline. La vie culturelle à Montréal vers 1900, Montréal, Fides / Bibliothèque nationale du Québec, 2005, 417 p.

MASSICOTTE, Édouard-Zotique. La cité de Sainte-Cunégonde de Montréal : Notes et Souvenirs, Montréal, J. Stanley Houle, 1893, 198 p. [En ligne] https://archive.org/details/cihm_09964 (consulté le 27 septembre 2017)