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Nadia Comaneci, la reine des Jeux

18 janvier 2016

Emportant cinq médailles, dont trois d’or, et obtenant la note parfaite de 10, la jeune gymnaste roumaine Nadia Comaneci a été l’incontestable héroïne des Jeux olympiques de Montréal de 1976.

JO - Nadia Comaneci 22 juillet 1976

Photographie de la performance de Nadia Comaneci, en suspens sur la poutre.
© 1976 / Comité International Olympique (CIO). PHO10011493.
Depuis la tenue des Jeux olympiques de Montréal, en 1976, il est tout à fait naturel que nos souvenirs se soient un peu effacés. Cependant, les performances de certains athlètes restent gravées dans notre mémoire collective. Pensons à l’haltérophile soviétique Vasili Alexeev, à l’Américain Bruce Jenner dans une épreuve spectaculaire de décathlon, au Cubain Alberto Juantorena qui, à peine remis d’une opération au pied, remporta la finale des 400 et 800 mètres ou au Canadien Michel Vaillancourt, médaillé d’argent aux compétitions équestres.

Plusieurs athlètes ont réalisé de superbes performances, mais s’il en est une qui a reçu la faveur du public, c’est bien Nadia Comaneci, cette jeune gymnaste de 14 ans, originaire d’un petit village de Roumanie.

Une perfection inédite

JO - Nadia Comaneci sur la poutre

Photographie de Nadia Comaneci en chandelle sur une poutre.
© 1976 / Comité International Olympique (CIO). PHO10033368.
Jamais par le passé, un jury olympique n’avait accordé une note parfaite de 10 dans l’une ou l’autre des disciplines en gymnastique. Pourtant, Nadia a quitté Montréal avec sept notes parfaites. Elle a remporté trois médailles d’or, une à la poutre, une aux barres asymétriques et une au concours individuel. Elle a également obtenu une médaille d’argent au classement par équipes et une de bronze aux exercices au sol. Même le cadran électronique, dit-on, n’était pas programmé pour la perfection et s’est arrêté à 9,95... Inconnue jusque-là, elle devient du jour au lendemain la vedette des Jeux de Montréal. Le public du Forum, où se déroulent les compétitions de gymnastique, est en délire. À l’extérieur, les scalpers font des affaires d’or, vendant 200 $ un billet qui en vaut 20.

Un journaliste écrit : « Ce n’est plus une petite fille, c’est une machine. Elle marche sur la poutre, saute, fait des sauts périlleux et toujours elle retombe sur cette largeur de quatre pouces, sans même trembler. On dirait qu’elle saute sur un trottoir. »

Le revers de la médaille

JO - Nadia Comaneci sur la poutre (2)

Photographie de la jeune fille en équilibre debout sur une poutre.
© 1976 / Comité International Olympique (CIO). PHO10011600.
Mais il y a souvent un autre côté à la médaille. À son retour en Roumanie, la reine des Jeux, comme on l’appelait, devient un objet de promotion pour le système politique roumain. On l’éloigne de la compétition, pour la livrer à la presse. L’année suivante, la maladie, une dépression et une tentative de suicide marquent la vie de la jeune Nadia. Quelques années plus tard, elle fait un retour à la gymnastique, en tant qu’athlète puis en tant qu’entraîneur et juge.

En 1989, Nadia s’enfuit de Roumanie pour échapper à la surveillance constante du gouvernement communiste, qui en avait fait une figure de propagande. Passant par la Hongrie, l’Autriche puis les États-Unis, elle se réfugie finalement à Montréal entre 1990 et 1991, accueillie par la famille d’un compatriote roumain établi près de la rue Beaubien. L’ancienne athlète refait ensuite sa vie aux États-Unis, en dirigeant une école de gymnastique avec Bart Conner, également médaillé d’or olympique. En 1996, les deux champions olympiques se marient en Roumanie, célébrant ainsi le premier retour de Nadia dans son pays depuis la chute du communisme.

JO - Médaille des vainqueurs

Photographie d'une médaille avec chaîne, avec mention « XXIe Olympiade Montréal 1976 ».
© 1976 / Comité International Olympique (CIO). PHO10202803.
La reine des Jeux de 1976 a gardé une place unique dans le cœur des Montréalais : lors de son passage en ville en 2015 pour l’inauguration de la Maison olympique canadienne, c’est sous des regards toujours admiratifs qu’elle s’est une fois de plus avancée sous les projecteurs.

Cet article est paru dans le numéro 30 du bulletin imprimé Montréal Clic, publié par le Centre d’histoire de 1991 à 2008. Il a été mis à jour en 2015.

Références bibliographiques

STUBBS, Dave. « Montreal remains close to gymnastic queen Nadia Comaneci's heart », [En ligne], Montreal Gazette, 9 juillet 2015. [http://montrealgazette.com/sports/montreal-remains-close-to-gymnastic-qu... (Consulté le 8 décembre 2015)