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La canonisation du frère André

04 mars 2016
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En mai 1982, le pape Jean-Paul II célèbre la béatification du frère André, puis, en octobre 2010, Benoît XVI prononce sa canonisation. Le bienheureux devient ainsi le premier saint québécois.

Le frère André.

Portrait buste du frère André
4-23, Portrait du frère André. Père Joseph Métivier, c.s.c., Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.
Dès 1940, soit trois ans après le décès du frère André, les responsables de l’Oratoire préparent le dossier de sa béatification afin d’introduire la cause à Rome. Les témoins de la vie du religieux sont âgés et il ne faut pas trop tarder à recueillir leurs témoignages. L’archevêque de Montréal, Mgr Joseph Charbonneau, appuie cette initiative. Entre 1941 et 1949, 32 témoins sont entendus. La cause avance lentement en raison, entre autres, de frictions avec l’archevêque. Ce dernier craint que la présence du tombeau du frère André dans la crypte de l’oratoire ne nuise au procès de canonisation. Selon lui, Rome pourrait réprouver l’existence d’un culte public avant la béatification. Une petite chapelle est aménagée pour le tombeau. L’archevêque remet aussi en doute le statut de l’Oratoire et de la congrégation de Sainte-Croix qui ne relève pas directement de son autorité, mais plutôt de la congrégation des Religieux à Rome.

La longue étape de la béatification

Le frère André vers 1925

Portrait de frère André devant l’infirmerie provinciale vers 1925.
4-25, Portrait de frère André devant l’infirmerie provinciale, vers 1925. Frère Denis, c.s.c., Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.
C’est finalement en novembre 1960 que la cause de la béatification du frère André est introduite à Rome. Quelques mois plus tard, le 10 avril 1962, le procès apostolique s’ouvre à Montréal sous la présidence du cardinal Paul-Émile Léger. On s’interroge, dans un premier temps, sur l’héroïcité des vertus du frère André, puis dans un deuxième procès, qui s’ouvre en 1965, on étudie trois guérisons miraculeuses qui lui sont attribuées. La guérison de Paul Audino, à qui les médecins avaient donné 30 jours à vivre en raison d’un cancer, retient l’attention des fidèles et des examinateurs. Le 23 mai 1982, le pape Jean-Paul II célèbre la béatification du frère André sur la place Saint-Pierre de Rome. À partir du moment où il est béatifié, on peut lui vouer un culte public.

Attribuée au bienheureux, la guérison miraculeuse d’un enfant à la suite d’un accident de voiture mène à l’ouverture de son procès de canonisation. Afin qu’il soit canonisé, on doit attribuer au bienheureux un miracle postérieur à sa béatification. Le 17 octobre 2010, Benoît XVI célèbre la canonisation de saint André Bessette à Rome. Le frère André devient ainsi le premier saint québécois.

Canonisation de saint frère André

Cérémonie de canonisation du frère André au Stade olympique
Messe d'action de grâce pour la canonisation de saint frère André au Stade olympique. Photographe : Bernard Brault. Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.

Références bibliographiques

ROBILLARD, Denise. Les merveilles de l’Oratoire. Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal 1904-2004, Montréal, Fides, 2005, 484 p.

ROBILLARD, Denise. « Bessette, Alfred, dit frère André », [En ligne], Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003. [http://www.biographi.ca/fr/bio/bessette_alfred_16F.html] (Consulté le 4 juin 2015).