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Célébrer et conserver la mémoire de la communauté portugaise de Montréal : les premières cliniques de mémoire du Centre d’histoire

En 2003, le Centre d’histoire de Montréal et le Carrefour des jeunes lusophones du Québec ont l’idée d’organiser une collecte de témoignages et d’objets qui a pris la forme d’une clinique de mémoire.

Pour souligner le 50e anniversaire de la communauté portugaise montréalaise, en 2003, le Centre d’histoire de Montréal et le Carrefour des jeunes lusophones du Québec ont l’idée d’organiser une collecte de témoignages et d’objets. L’événement se prépare et a lieu alors qu’une grande partie de la communauté ressent l’urgence de renouer avec sa propre histoire, qu’elle méconnaît ou qu’elle a peu à peu oubliée. Au même moment, les immigrants de la première génération commencent à disparaître, emportant leurs souvenirs.

Le projet prend la forme de « cliniques de mémoire » destinées aux Québécois d’origine portugaise de tous les âges et aux Québécois qui les ont côtoyés à Montréal, au cours de ce demi-siècle de voisinage. Avec la collaboration d’organismes communautaires portugais, quatre cliniques sont mises sur pied dans la région montréalaise. Les gens sont invités à y exposer leurs objets, leurs photographies de famille ainsi que leurs souvenirs et à y raconter leur histoire à une équipe de jeunes interviewers, encadrés par le Centre d’histoire de Montréal.

Cloisons pour les entrevues, sarraus, stéthoscopes, fiches d’enregistrement et rafraîchissements : pour le plaisir, la cueillette prend les apparences d’une collecte de sang et se transforme en événement festif. Près d’une centaine d’entrevues en profondeur sont alors enregistrées.

Ces cliniques ont permis des échanges entre les diverses générations de la communauté portugaise et entre celle-ci et des Montréalais de toutes les origines. L’histoire fascinante des réfugiés politiques de gauche, militants anti-salazaristes et anticolonialistes, pionniers exploités, réfugiés écono­miques, entrepreneurs et émigrants clandestins fuyant les guerres coloniales a étonné les jeunes. Ils ont été surpris de découvrir, au-delà des stéréotypes, de l’uniformité apparente et de la bonne entente, la diversité de leur communauté. En somme, ils ont fait la connaissance de la réalité des immigrants et de leurs moments difficiles ainsi que celle de leurs joies, de leurs réussites et de leurs fiertés.

Ce texte est tiré du cahier Rencontre. La communauté portugaise de Montréal. 50 ans de voisinage. Une réalisation du Centre d’histoire de Montréal, en collaboration avec le Carrefour des jeunes lusophones du Québec.