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Qui a mis le feu à Montréal le 10 avril 1734? Le procès de Marie-Josèphe-Angélique

En 1734, un feu jette des centaines de Montréalais à la rue. Une esclave, Angélique, est accusée d’incendiat. L’analyse de son procès permet de mieux comprendre la société de la Nouvelle-France.

Le 10 avril 1734, à 19 heures, un cri terrifiant est entendu. Le feu a pris dans le toit de la maison de la veuve Francheville, rue Saint-Paul. En 3 heures, le brasier consume 45 maisons de bois et de pierre et l’Hôtel-Dieu, qu’on vient de reconstruire. Des centaines de Montréalais, riches et pauvres, sont jetés à la rue. Qui a mis le feu? La rumeur accuse l’esclave noire de la veuve Francheville, Marie-Josèphe-Angélique, et son amant, Claude Thibault, un bagnard exilé au Canada. Jetée en prison, l’esclave clame haut et fort son innocence, alors que Thibault est introuvable. Après plus de six semaines de procès, sous la torture, Angélique avoue. La déclaration tardive d’une fillette de cinq ans, Amable Lemoine Monière, scelle le destin de l’accusée. Elle est pendue, puis brûlée publiquement le 21 juin 1734, car ainsi va la justice en Nouvelle-France.

La rumeur a-t-elle dit vrai? Les archives du procès permettent d’en douter, car Angélique ne s’est pas sauvée. Elle est demeurée sur place pour aider sa maîtresse. Angélique est-elle innocente? Si oui, qui est coupable? Ou serait-ce un accident? Il y a matière à faire enquête.

Ce dossier regroupe des articles réalisés en partie avec les textes de l’exposition Qui a mis le feu à Montréal? 1734. Le procès d’Angélique, présentée au Centre d’histoire de Montréal du 11 octobre 2006 au 30 décembre 2008.

L’exposition était une réalisation du Centre d’histoire de Montréal.

Recherche :
Denyse Beaugrand-Champagne et Laure de La Moussaye

Rédaction des textes :
Denyse Beaugrand-Champagne, avec la collaboration de Jean-François Leclerc

Mise à jour 2016 :
Josée Lefebvre

Révision :
Anne Gombert

Bibliothèque et Archives nationales du Québec :
Tous les documents du procès sont conservés au Centre d’archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Il est possible de lire une transcription de ces documents dans le dossier La torture et la vérité. Angélique et l’incendie de Montréal sur le site Les grands mystères de l’histoire canadienne.

Portrait de Marie-Josèphe-Angélique par l’artiste Marie-Denise Douyon.

Condamnée pour incendiat, Angélique était une esclave noire, arrivée à Montréal en 1729.

Vue de la ville de Montréal en 1721, avec le fleuve en avant-plan.

Parcourons Montréal en 1734, et imaginons la vie des habitants de cette petite ville coloniale, française et catholique.

Aquarelle représentant la place d'Armes en 1790 avec l'église Notre-Dame en arrière-plan.

Gens d’Église, de guerre, de commerce et de métier, mais aussi petites gens peuplent le Montréal de la Nouvelle-France.

Maquette montrant Montréal en 1745

En avril 1734, un incendie ravage Montréal.

Fresque contemporaine de personnages liés à la justice à Montréal en 1734.

En 1734, l’esclave Angélique est accusée d’avoir incendié Montréal.

Ordonnance concernant l’esclavage au Canada, 13 avril 1709

Oui, certains Montréalais ont réellement possédé des esclaves.

Élèves présentant leur réponse théâtrale dans le projet "Qui a mis le feu à Montréal le 10 avril 1734?"

Depuis 2006, des élèves du deuxième cycle du primaire participent à une enquête aussi pertinente qu’originale.