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Prendre un bain aux bains

20 janvier 2016
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Pour des raisons d’hygiène, la Ville de Montréal a construit dans les années 1880 des bains publics destinés aux ouvriers. Ces premières installations étaient rudimentaires et réservées aux hommes.

Bains publics - bain Rosemont 1953

Groupe de jeunes femmes devant le bâtiment abritant le bain Rosemont.
Archives de la Ville de Montréal. VM105-Y-1_0027-003.
Vers 1900, si les logements ont généralement l’eau courante et des toilettes intérieures reliées à l’égout, la plupart n’ont pas de bain, et encore moins l’eau chaude. C’est là le privilège d’un petit nombre. Pas étonnant que les autorités municipales, pour des raisons d’hygiène, aient commencé au cours des années 1880 à installer des bains publics pour ceux qui travaillent à la sueur de leur front.

Les premières installations sont rudimentaires et réservées à une clientèle masculine : une plage de l’île Sainte-Hélène, un bassin à Hochelaga et un autre immergé dans le canal de Lachine. Ce dernier, nommé Wellington, ouvre ses portes aux femmes en 1893, une première. Les usagers, surtout des hommes et des enfants, s’exposent cependant aux maux charriés par une eau plus ou moins polluée. Il faut attendre 1901 pour qu’un premier bain couvert soit construit à Montréal et 1908 pour fréquenter un édifice chauffé, ouvert toute l’année. De nombreux autres bains publics sont par la suite construits dans les quartiers de Montréal, surtout pendant la Crise économique.

Bains publics - plongeon au bain Saint-Denis

Groupe de jeunes hommes, du moniteur et de deux prêtres autour d'une piscine.
Archives de la Ville de Montréal. VM105-Y-1_0104-003.
Avec la généralisation de la baignoire dans les habitations, la vocation des bains publics s’est graduellement transformée. En 1931, pour la première fois, des cours de natation sont offerts aux usagers du bain Maisonneuve. Depuis, ces établissements sont devenus des piscines publiques ou ont été réaffectés à d’autres usages. Mais la plupart portent encore, gravé sur leur façade, le mot bain. Sous les noms d’Émard (rue Laurendeau), de Généreux (rue Amherst), de Maisonneuve (boulevard Morgan) et d’autres encore, ils nous rappellent l’époque toute proche où, pour prendre un bain, il fallait « aller aux bains »!

Cet article est paru dans le numéro 12 du bulletin imprimé Montréal Clic, publié par le Centre d’histoire de 1991 à 2008.

Bains publics - cours au bain Rosemont

Groupe de jeunes filles autour de la piscine, assistant au cours de sécurité aquatique.
Archives de la Ville de Montréal. VM105-Y-1_0027-001.