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Marie Gérin-Lajoie

18 janvier 2016
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Pour le droit de suffrage féminin, l’accès à l’éducation ou l’amélioration des conditions de travail, Marie Gérin-Lajoie tente de réformer la société, et lutte en faveur d’un monde plus juste.

Marie Gérin-Lajoie en 1922

Photo de Marie Gérin-Lajoie en 1922.
1922. Marie Gérin-Lajoie. Archives de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal.
Au tournant du XXe siècle, Montréal connaît, comme la plupart des villes industrielles d’Amérique du Nord, une ère de prospérité. Malgré tout, cette situation n’a pas les mêmes répercussions pour l’ensemble de la population. L’expansion économique, démographique et territoriale crée donc un véritable clivage social. La grande bourgeoisie anglophone ainsi que la petite bourgeoisie francophone profitent de cet essor pour consolider leur richesse. À l’autre bout de l’échelle sociale, les pauvres vivent dans la misère permanente. Cette situation suscite une prise de conscience, notamment auprès de femmes, dont Marie Gérin-Lajoie, fille de la féministe du même nom.

Marie Gérin-Lajoie naît en 1890, dans un monde en pleine transformation. Après une enfance mouvementée, elle trouve son équilibre en combinant ses vocations de religieuse et de militante. Sur le plan des études, elle se distingue en devenant la première Canadienne française à obtenir un baccalauréat ès arts (1911), ayant même les meilleurs résultats aux examens. Suivant le chemin tracé par sa mère, elle fonde en 1923 l’Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil. L’Institut se consacre aux œuvres sociales, notamment auprès des démunis et des immigrantes. Le fait de mettre l’accent sur la formation sociale et familiale des femmes s’inscrit, par ailleurs, en continuité avec la mission de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, organisme fondé en 1906 par sa mère et une autre réformiste, Caroline Béïque. Marie Gérin-Lajoie passe donc une partie de sa vie à lutter en faveur d’un monde plus juste. Que ce soit pour le droit de suffrage des femmes, pour l’accès à l’éducation ou pour l’amélioration des conditions de travail, elle tente de réformer la société.

Telle mère telle fille

Marie Gérin-Lajoie en 1960 - service social

Marie Gérin-Lajoie à un bureau, en entrevue de service social avec une femme et deux jeunes filles.
1960. Marie Gérin-Lajoie. Archives de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal.
Sensibilisée très tôt dans sa jeunesse aux piètres conditions de vie des domestiques, elle mettra sur pied l’Association des aides-ménagères en 1933. Les initiatives de Marie Gérin-Lajoie vont contribuer à une meilleure intégration sociale des immigrantes domestiques. Son implication pour l’intégration des immigrantes domestiques et l’amélioration de leurs conditions de travail s’inscrit également en continuité avec l’œuvre de sa mère, Marie Lacoste Gérin-Lajoie. En effet, au sein de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, cette dernière mettra sur pied la Société des aides-ménagères. En collaboration avec les curés de différentes paroisses, la société tente de mieux former les domestiques tout en veillant à l’amélioration de leurs conditions de travail. Le désir de Marie Gérin-Lajoie d’éduquer les femmes l’amène à mettre sur pied des écoles d’éducation familiale et sociale ainsi qu’une école de formation d’auxiliaires familiales où l’on donne des cours de cuisine, de couture et d’hygiène.

Marie Gérin-Lajoie fait partie de ces femmes qui ont décidé de se battre pour la cause des femmes. Ses actions s’inscrivent dans les grandes réalisations sociales menées au Québec. À sa mort, en 1971, elle laisse donc un héritage remarquable qui aidera les générations suivantes à poursuivre son œuvre.

Cet article est paru dans le numéro 41 du bulletin imprimé Montréal Clic, publié par le Centre d’histoire de 1991 à 2008. Il a été mis à jour en 2015. Il a été rédigé en collaboration avec des stagiaires du cours Stage en milieu professionnel du département d’histoire de l'UQAM : Simon St-Michel, Isabelle Dubois et Michel Trottier.

Références bibliographiques

PELLETIER-BAILLARGEON, Hélène. Marie Gérin-Lajoie, de mère en fille, la cause des femmes, St-Laurent, Boréal Express, 1985, 383 pages.