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Les élèves du projet « Vous faites partie de l’histoire! » en 2019-2020

23 juin 2020

Vous faites partie de l’histoire! permet de mieux connaître l’histoire et les aspirations d’élèves arrivés récemment dans la grande région de Montréal. Découvrez ceux de la cohorte 2019-2020!

Élèves VFPH 2019-2020

Dix-sept élèves et deux enseignantes prennent la pose devant le Centre d’histoire de Montréal.
Centre d’histoire de Montréal
Vous faites partie de l’histoire! (VFPH) est un programme éducatif du Centre d’histoire de Montréal pour les classes d’accueil du secondaire. En classe et au Centre, il initie les élèves aux musées et à l’histoire de Montréal. Puis il les invite à trouver leur trésor de famille et à raconter son histoire à leur classe et au public. Le trésor de chaque élève, son texte, sa vidéo ou ses photos sont mis en valeur sur un site Internet, dans un catalogue de classe et dans une exposition.

Pour la cohorte 2019-2020, en raison de la fermeture des écoles et des musées due à la COVID-19, le Centre d’histoire a utilisé de nouveaux moyens de diffusion : le dossier Vous faites partie de l’histoire! sur le site Internet Mémoires des Montréalais, des vidéos sur YouTube et un compte Instagram.

« J’ai imaginé Montréal comme une grande ville pleine de possibilités. » — Nikol, originaire d’Israël

« J’ai imaginé Montréal comme un monde différent parce que nous regardions seulement le Canada à la télévision et dans les films. » — Siem Aklilu, originaire d’Érythrée

Les élèves de VFPH 2019-2020

Les élèves de VFPH 2019-2020

Durée : 1 min 58 s

Images et montage : Stéphanie Lessard-Bérubé

Montage vidéo : Marc Thomas-Dupuis

Réalisation: 
Marc Thomas-Dupuis

Durant l’année scolaire 2019-2020, 404 élèves de 25 classes et 12 écoles participent à cette 14e édition du programme éducatif Vous faites partie de l’histoire! Ils ont entre 12 et 18 ans et sont natifs de 66 pays différents. Dans la liste de leurs pays d’origine, le Nigeria arrive en tête : plusieurs élèves qui en sont originaires ont fui une situation politique difficile et des violences. Il est suivi de près par la Chine, puis par les Philippines. Ce dernier pays est celui d’où viennent le plus grand nombre d’élèves ayant pris part au projet depuis 2011.

Le monde dans une classe

Mappemonde VFPH 2019-2020

Mappemonde des pays d’origine des élèves ayant participé au projet Vous faites partie de l’histoire! en 2019-2020.
Centre d’histoire de Montréal
Cette année, certaines classes présentent de fortes concentrations de jeunes originaires de certains pays. Les classes de l’école Dalbé-Viau sont par exemple composées d’une grande proportion d’élèves nigériens, celles de l’école Lucien-Pagé ont une concentration d’élèves venus d’Inde et celles de l’école Saint-Luc, un grand nombre d’élèves de Chine et de Corée du Sud. Un nombre élevé d’adolescents originaires des Philippines fréquentent quant à eux l’école Saint-Henri. D’autres classes, comme celles de l’école Cavelier-De LaSalle, sont beaucoup plus hétérogènes sur ce plan.

Bien que les élèves soient nés dans un certain pays, leur pays d’appartenance, celui auquel ils s’identifient, en est parfois un autre. Cette année, 56 élèves désignent un pays d’appartenance autre que leur pays de naissance. Par exemple, certains adolescents sont nés au Canada, mais sont retournés vivre dans le pays d’origine de leurs parents pendant la plus grande partie de leur vie, avant de revenir récemment à Montréal. C’est alors souvent ce dernier pays qu’ils nomment comme pays d’appartenance.

La vie avant d’arriver à Montréal

Élèves VFPH 2019-2020

Une femme donnent des consignes à des élèves qui sont placés en deux rangées dans une chapelle.
Centre d’histoire de Montréal
Les histoires de nombreux élèves révèlent un parcours migratoire en plusieurs étapes. Cette année, par exemple, plusieurs d’entre eux sont passés par les États-Unis, où ils ont vécu quelques mois ou quelques années, avant d’arriver à Montréal. La situation politique aux États-Unis et l’insécurité vécue par plusieurs familles immigrantes ont mené un grand nombre de parents à chercher un autre refuge pour les leurs.

Quelles raisons ont conduit ces élèves à Montréal? Ils n’ont pas choisi de vivre à Montréal, ils y sont parce que leurs parents ont voulu pour eux une meilleure éducation et une vie plus heureuse que celle que leur pays d’origine leur offrait, que ce soit à cause de la guerre, de l’insécurité économique ou d’un autre facteur. Certains sont venus pour rejoindre une mère ou un père déjà au pays. C’est le cas de plusieurs élèves originaires des Philippines qui ont retrouvé leurs mères qui travaillaient à Montréal depuis plusieurs années et qui ont fait venir leur famille. Certains élèves fuient la violence et les persécutions comme Jamiat, originaire du Nigeria : « [Nous sommes venus à Montréal] à cause de la violence et du massacre de personnes qui se produisent dans notre environnement au Nigeria. » Certains élèves sont arrivés à Montréal dans des circonstances plus heureuses, par exemple à la suite du mariage d’un de leur parent avec une personne installée à Montréal.

Une nouvelle vie à Montréal

Élève VFPH 2019-2020

Photo en gros plan du visage souriant d’une élève qui porte un bandeau-bijou sur le front.
Centre d’histoire de Montréal
Malgré tout, l’arrivée n’est pas toujours facile. La séparation avec les proches laissés derrière, la fatigue, les difficultés liées au fait de ne pas comprendre la langue parlée dans leur nouvel environnement rendent parfois les premiers jours éprouvants. Ainsi Owen confie : « J’ai pleuré toute la nuit parce que ma famille me manquait. » Dilshad raconte quant à lui qu’à son arrivée, il a pensé à ses grands-parents, restés au pays, en regardant la neige tomber. Cependant, l’arrivée à Montréal est synonyme de retrouvailles pour certains élèves, comme Marithe, venue de la République démocratique du Congo, qui en conserve un excellent souvenir : « J’ai parlé avec ma mère, elle m’a raconté comment on vit à Montréal. J’étais tellement contente de me voir à nouveau avec ma mère après les cinq ans pendant lesquels elle nous a laissés. »

Comment avaient-ils imaginé Montréal avant leur arrivée? Les réponses à cette question varient beaucoup d’un élève à l’autre : comme une ville européenne, comme une ville américaine, comme une ville où on ne parle que l’anglais ou encore comme une ville froide et couverte de neige. La réalité est parfois différente de l’idée qu’ils s’étaient faite. Ahmad, par exemple, avait imaginé « une région sauvage qui contient beaucoup de faune sauvage », alors qu’Arielle pensait qu’ici « les personnes roulaient en limousine et que les maisons étaient très grandes ». Si certains sont ravis de ce qu’ils découvrent, d’autres sont déçus, comme Abdullah qui croyait que Montréal serait « 20 fois mieux que ça ». Ceux qui retrouvent ici un parent qui y habitait déjà constatent souvent que la ville correspond à ce qu’on leur avait décrit.

L’inévitable nostalgie

Élève VFPH 2019-2020

Photo en gros plan du visage d’un élève portant des lunettes.
Centre d’histoire de Montréal
Invités à se prononcer sur ce qui leur manque de leur pays d’origine, de nombreux jeunes disent s’ennuyer de ceux qu’ils ont quittés, surtout de la famille laissée derrière, parfois une mère, un père, des frères et des sœurs, des cousins, des amis. La séparation d’avec les grands-parents est fréquemment douloureuse, particulièrement pour les adolescents qui ont vécu une partie de leur vie avec eux. Faiyad, originaire du Bangladesh, en témoigne : « Ce qui me manque le plus, c’est ma grand-mère parce que ma grand-mère est très précieuse dans ma vie. » Ils sont d’ailleurs nombreux à choisir des objets légués par leurs grands-parents comme trésor de famille, une activité qui a lieu en deuxième partie du projet.

Les endroits qui faisaient partie de leur quotidien avant d’immigrer, comme l’école et leur quartier, comptent aussi parmi les choses dont ils s’ennuient. « [S]on école d’Israël, les montagnes et [s]es amies de l’école et du quartier où [elle] habitai[t] » manquent à Orian Alis, originaire d’Israël. Des repères culturels ou des choses associées à leur pays d’origine, comme la mer et la plage, la chaleur, les réunions familiales, les repas, l’ambiance, la langue, la culture et les saveurs, se trouvent aussi parmi leurs regrets. Certains élèves, qui ont fui un pays en guerre, en ont de mauvais souvenirs et ne sont pas nostalgiques. C’est le cas de Taha, originaire d’Iran qui répond que rien ne lui manque de son pays d’origine, il écrit : « Pas grand-chose, car je ne garde pas de bons souvenirs de mon pays en pleine guerre. »

La liste de ce qu’ils aiment à Montréal est longue pour la plupart des élèves. La sécurité et la paix, le calme, la liberté, mais aussi le métro, la diversité et la gentillesse des gens ressortent parmi les choses qu’ils y apprécient. Ainsi, Ardavan, originaire d’Iran, affirme : « Ce que j’aime le plus à Montréal, c’est les gens, car ils sont super gentils et ils accueillent bien les immigrants. » L’école, la gratuité des soins de santé, la liberté de s’habiller comme ils le veulent, les festivals et les lois figurent aussi parmi les réponses des élèves.

Un futur à Montréal?

VFPH 2019-2020 citation

Citation d’une élève du Nigeria qui désire devenir présidente de son pays d’origine plus tard.
Centre d’histoire de Montréal
Une grande proportion des adolescents participant au projet souhaite s’établir à Montréal à l’avenir. C’est ici qu’ils envisagent leur futur et c’est pour cette raison qu’ils travaillent fort afin d’y atteindre leurs rêves. Hyacinth, originaire des Philippines en témoigne : « J’imagine que je vais devenir un médecin professionnel. Je m’imagine ici, à Montréal, parce que maintenant ma vie est ici et mon avenir est ici. C’est pourquoi je travaille et j’étudie fort pour réaliser mes rêves. »

Plusieurs imaginent être réunis à Montréal avec des membres de leur famille restés dans leur pays d’origine. Ils souhaitent voyager, devenir avocat ou joueur de soccer et travailler fort. Certains espèrent s’établir ailleurs, que ce soit dans leur pays d’origine ou dans un autre pays dont ils rêvent.

Le programme éducatif Vous faites partie de l’histoire! est financé dans le cadre de l’Entente MIFI-Ville 2018-2021 pour les écoles de Montréal. Pour celles de la Rive-Sud et de la Rive-Nord, il est financé dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal conclue entre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec.

VFPH 2019-2020, un programme suspendu mais toujours créatif

Lorsque les écoles secondaires ferment leurs portes le 16 mars 2020, en raison de la pandémie, le programme éducatif Vous faites partie de l’histoire! est déjà bien avancé dans plusieurs classes. Les 25 classes inscrites ont complété la première étape du projet, pendant laquelle les élèves ont passé la journée au musée et approfondi leurs connaissances sur l’histoire de Montréal. C’est aussi pendant cette première étape que les élèves ont rempli une fiche d’information, qui nous permet de découvrir leur parcours d’immigration et leurs premières impressions de Montréal.

La deuxième étape du projet, pendant laquelle les élèves nous font découvrir un trésor de famille, a été terminée par 10 classes sur les 25 inscrites. En effet, en raison de la pandémie, les tournages n’ont pas eu lieu dans 15 classes et tous les groupes n’ont pas complété leurs textes. Malgré tout, les enseignants sont restés en contact avec leurs élèves. Pour certaines classes, déjà bien avancées dans le projet, ils ont pu envoyer les textes sur les trésors de famille à l’équipe du Centre d’histoire.

Nouvelle réalisation collective proposée en 2019, les portraits de classes sont des capsules vidéo de quelques minutes dont l’objectif est de présenter l’ensemble des élèves d’une classe ainsi que leurs trésors. Chaque classe imagine son concept : alors qu’une classe propose de créer une exposition, une autre offre un marché aux puces, d’autres encore imaginent un début ou une fin originale à leur présentation. Ces portraits de classe mettent de l’avant la créativité et sont l’occasion de rencontrer l’ensemble des élèves qui ont participé aux tournages et de découvrir leurs trésors.