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L’électrisant Louis-Joseph Forget

18 janvier 2016
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Canadien français le plus prospère de l’ère victorienne, l’audacieux Forget fusionna des entreprises, participa à de nombreux conseils d’administration et assura son rôle politique de sénateur.

Louis-Joseph Forget

Portrait de Louis-Joseph Forget
L. J. Forget, President Richelieu & Ontario Navigation Co., portrait tiré de The Beauty Spots of Canada, Official Guide of the Richelieu and Ontario Navigation Company, Montreal, Engraved and Printed by Desbarats & Co., 1895.
Né à Terrebonne en 1853, le petit Louis-Joseph sera l’un des « géants » de la finance montréalaise de la deuxième moitié du XIXe siècle. Canadien français le plus prospère de l’ère victorienne, Forget est à la tête d’une importante maison de courtage de l’époque : la L. J. Forget et Compagnie. En 1886, il devient directeur de la Montreal Street Railway Co.

C’est sous sa présidence, en 1892, que s’effectue le passage du tramway hippomobile au tramway électrique. Dirigeant le groupe qui défendait l’électrification, il eut à faire face à des opposants, dont Jesse Joseph, qui trouvaient que le projet s’avérait trop dispendieux, mais aussi irréalisable et dangereux à cause de l’hiver. Il faut, cependant, avouer que Forget avait des intérêts dans les compagnies d’électricité. En effet, en 1901, il réalise avec Herbert Holt une importante fusion de trois compagnies d’électricité et d’une compagnie de gaz, formant ainsi la très puissante Montreal, Light, Heat & Power Co. qui fournira l’énergie au réseau.

Tramway rue Saint-Denis

Photographie d'un tramway sur la rue Saint-Denis à Montréal, l'hiver. On y aperçoit les maisons longeant le côté est de la rue Saint-Denis, le clocher de l'église Saint-Jacques, ainsi qu'un homme monté sur un petit traîneau tiré par un cheval.
Montréal : Tramway sur la rue Saint-Denis / Edgar Gariépy . - 1914, Archives de la Ville de Montréal, BM42-G1227.
Forget était un gros homme, calme, pieux, à la voix basse et à l’élocution lente. Il était aussi à l’aise dans les milieux d’affaires anglophone que francophone. Caché derrière ses lunettes, il mena ses affaires audacieusement, fusionnant des entreprises, participant à de nombreux conseils d’administration et assurant son rôle politique de sénateur. Il mourut à 58 ans lors d’un voyage de repos dans le sud de la France.

Cet article est paru dans le numéro 3 du bulletin imprimé Montréal Clic, publié par le Centre d’histoire de 1991 à 2008.

Centrale électrique de la Montreal Street Railway

Photo de la centrale électrique de la Montreal Street Railway, rue William, en 1894.
Powerhouse, Montreal Street Railway, William Street, Montreal, QC, 1894, par Wm. Notman & Son, Musée McCord, II-106800.

Références bibliographiques

JEDWAB, Jack. « Forget, Louis-Joseph », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003. [http://www.biographi.ca/fr/bio/forget_louis_joseph_14F.html] (Consulté le 9 déc. 2015)