Un site du Centre d'histoire de Montréal

Jean Drapeau

14 janvier 2016

Homme d’envergure, Jean Drapeau a décroché huit mandats à la mairie de Montréal et a lancé une série de grands projets qui ont transformé la ville. Il a cependant laissé un héritage controversé.

Né à Montréal dans le quartier Rosemont le 18 février 1916, Jean Drapeau grandit dans une famille conservatrice et religieuse. Remarqué pour son élocution dès l’école primaire, il étudie le droit à l’Université de Montréal. À partir de 1950, il s’illustre dans l’enquête Caron qui met en cause de nombreux policiers ainsi que plusieurs élus municipaux accusés de corruption. À titre de procureur du Comité de moralité publique, Jean Drapeau se pose en défenseur de la loi et de l’ordre. Candidat à l’élection municipale de 1954 sous la bannière de la Ligue d’action civique, il l’emporte par plus de 50 000 voix contre son plus proche adversaire. À la veille de l’élection de 1960, il fonde le Parti civique.

Huit mandats à la mairie

Élu pour la première fois en 1954, Jean Drapeau décroche huit mandats à la mairie de Montréal. Sarto Fournier lui ravit la fonction entre 1957 et 1960. Sachant bien s’entourer, Jean Drapeau nomme successivement au poste de président du comité exécutif quatre hommes dont les actions illustrent bien les changements qui s’opèrent dans son administration au fil des ans. Premier homme à occuper le fauteuil de président du comité exécutif sous Jean Drapeau, Pierre Desmarais est aussi préoccupé que le maire par la moralité publique, et ils entreprennent ensemble une réforme en profondeur des pratiques politiques à la Ville, sans y parvenir complètement. Lucien Saulnier, deuxième bras droit du maire, l’épaule dans ses réformes administratives et dans les grands projets des années 1960. C’est avec Gérard Niding, à partir de 1970, que Jean Drapeau prépare les Olympiques et qu’il fait de plus en plus face à la critique pour les importants dépassements de coût que cet événement occasionne. Enfin, Yvon Lamarre est président du comité exécutif pendant les dernières années de Jean Drapeau à la mairie. Conscients des critiques qu’ont suscitées les grands projets, Drapeau et Lamarre se concentrent sur l’aménagement des infrastructures locales.

Réalisations et critiques

Pendant son passage à la mairie, Jean Drapeau est l’homme des grands projets. Dans les années 1960, il lance une série de projets d’envergure qui laissent leur marque. C’est pendant cette période que le maire Drapeau obtient la tenue de l’exposition universelle de 1967 à Montréal, qu’il réalise la construction du métro, qu’il contribue au développement immobilier du quartier des affaires et à la construction de la Place-Ville-Marie. La tenue d’Expo 67 sur les îles Notre-Dame et Sainte-Hélène fait connaître la ville à travers le monde et permet au maire Drapeau d’accroître sa popularité auprès des Montréalais. Le déficit qui résulte de la tenue de l’événement est toutefois vivement critiqué. L’obtention des Jeux olympiques, en mai 1970, suscite l’enthousiasme chez certains et l’inquiétude chez d’autres. Cherchant à rassurer les sceptiques, le maire Drapeau promet qu’il n’y aura aucun dépassement de coût et que l’événement rapportera un important profit. La tenue des Jeux olympiques à Montréal en 1976 fait briller la ville sur la scène internationale une fois de plus. L’important déficit qui en découle apporte un dur coup à la popularité du maire Drapeau qui ne se représente pas à l’élection de 1986. Adoré par certains, détesté par d’autres, Jean Drapeau est reconnu pour son engagement au service des Montréalais pendant ses 29 années à la mairie.

Références bibliographiques

ARCHIVES DE MONTRÉAL. « Jean Drapeau », [En ligne], La démocratie à Montréal, de 1830 à nos jours. [http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/democratie/democratie_fr/expo/... (Consulté le 8 décembre 2015).

GIGNAC Benoît. Le maire qui rêvait sa ville : Jean Drapeau, Montréal, Éditions La Presse, 2009, 296 p.

MARSOLAIS, Claude-V., Luc DESROCHERS et Robert COMEAU. Histoire des maires de Montréal, Montréal, VLB éditeurs, 1993, p. 267-268.