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Lucien L’Allier, le père du métro

18 janvier 2016
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Homme de projets et rassembleur efficace, Lucien L’Allier a mené à bien le gigantesque chantier du métro de Montréal. Son travail acharné améliore depuis la vie quotidienne des Montréalais.

Lucien L’Allier

Portrait taille de Lucien L'allier
Lucien L'Allier: Directeur aux travaux publics - 15 juin 1959, Archives de la Ville de Montréal, VM94-Z863-02.
Lucien L’Allier est un personnage méconnu des Montréalais, pourtant, c’est grâce à ses qualités de rassembleur et d’homme de projets que des milliers de citadins peuvent aujourd’hui emprunter quotidiennement le métro de Montréal.

Né en 1909, L’Allier grandit dans le faubourg Saint-Laurent, à quelques pas du lieu où se trouvera une des stations qu’il bâtira des décennies plus tard. Il fait d’abord ses études primaires à la vieille école Saint-Laurent des Frères des Écoles chrétiennes, puis il entreprend ses humanités au Collège Sainte-Marie.

En 1935, fraîchement diplômé de l’Université McGill en génie électrique, L’Allier est fin prêt à relever les défis que propose la considérable poussée de croissance que connaissent Montréal et le Québec dès les années 1940. Déjà, de 1935 à 1938, il participe à la construction des réseaux interurbains de Bell Téléphone, puis occupe le poste d’ingénieur régional du Québec à Radio-Canada, de 1938 à 1946.

À la tête de 5000 ouvriers

Métro - Lucien L’Allier

Deux ministres chinois et Lucien L'allier souriant dans un wagon de métro affichant « 2 - Henri-Bourassa »
1969. Archives de la STM, 5-969-026.
En 1946, début d’une époque de modernisation, L’Allier fait son arrivée au Service des travaux publics de la Ville de Montréal. À partir de 1954, il y occupe le poste de directeur et mène de front plusieurs grands projets. Le plus imposant de ceux-ci est sans aucun doute la construction du métro de Montréal en 1961. Son professionnalisme à la direction de cet énorme chantier mobilisant 5000 ouvriers lui vaudra, en 1964, un doctorat honorifique en sciences de l’Université McGill et le titre de l’un des 10 hommes de l’année du continent nord-américain, dans le domaine des travaux publics. Toujours en 1964, L’Allier est nommé président directeur général de la Commission de transport de Montréal, fonction qu’il conservera jusqu’en 1974, en poursuivant la supervision des travaux du métro, à titre d’ingénieur en chef.

Parallèlement à ces activités, L’Allier œuvre aussi en tant que président fondateur de l’Association québécoise des techniques de l’eau. En 1974, il prend une retraite bien méritée.

Au moment de son décès, en 1978, les proches de Lucien L’Allier formulent le vœu de voir la station Aqueduc porter son nom. La Ville de Montréal ne tarde pas à acquiescer à cette demande et dédie non seulement une station de métro, mais aussi une rue à sa mémoire. Toutefois, bien plus que tous ces honneurs, c’est le travail acharné de Lucien L’Allier qui se répercute dans la vie quotidienne de tous les Montréalais.

Cet article est paru dans le numéro 26 du bulletin imprimé Montréal Clic, publié par le Centre d’histoire de 1991 à 2008.