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L’aventure du chemin de fer

21 janvier 2016
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En 1836, la première ligne de chemin de fer au Canada améliore la route Montréal-New York et, au début du XXe siècle, la métropole québécoise est le centre des infrastructures ferroviaires du pays.

Chemin de fer - Gare Windsor

Vue aérienne de Montréal avec la gare et les chemins de fer, au centre.
Vue de Montréal à vol d’oiseau. Au centre : la gare Windsor. Archives de la Ville de Montréal, VM94-B32-007.
Au début de l’ère du chemin de fer, la principale voie d’accès à Montréal en provenance des États-Unis passe par la rivière Richelieu. Dès 1836, la Champlain and St. Lawrence Railroad inaugure la première ligne au Canada, soit entre Saint-Jean et La Prairie, pour améliorer la route qui va de Montréal à New York. Le premier chemin de fer sur l’île de Montréal est inauguré en 1847, entre Montréal et Lachine. En 1853, Montréal est relié à Portland, dans le Maine, qui dispose d’un port ouvert à longueur d’année. C’est le Grand Tronc, entreprise montréalaise dont les ateliers sont situés à Pointe-Saint-Charles, qui possède cette ligne de même que la ligne Sarnia–Rivière-du-Loup (via Toronto et Montréal) et le pont Victoria, ouvert en 1859.

Chemin de fer - Locomotive « Trevithick » à Pointe-Saint-Charles

Vue sur la locomotive « Trevithick » dans la salle de montage
Bibliothèque et Archives Canada, PA-181359. 
En 1871, la Colombie-Britannique se joint au Canada, à la condition d’être reliée au reste du pays par un chemin de fer dans les 10 ans. Après de nombreuses difficultés, le Canadien Pacifique (CP) est fondé en 1881 dans le but de réaliser la construction du transcontinental canadien, qui sera complété en 1886. Donald Smith, George Stephen et Richard Bladworth Angus, tous de grands bourgeois montréalais, en sont les premiers dirigeants. Naturellement, le siège social de la nouvelle compagnie loge à Montréal. Tout d’abord situés à Hochelaga, les ateliers Angus occuperont par la suite un emplacement au nord de la rue Rachel, dans le quartier Rosemont, et ce, dès 1903. Les usines Angus deviendront les plus vastes et les plus modernes en leur genre au Canada. La fabrication de matériel roulant y emploie près de 6000 personnes en 1916.

Montréal, plaque tournante du pays

Chemin de fer - Locomotive « Trevithick », 1859

Photographie de la locomotive avec employés tout autour.
1919-1920. Locomotive « Trevithick » du chemin de fer du Grand Tronc, utilisée pour la maquette du pont Victoria, Montréal, QC, 1859, par Stanley Triggs. Musée McCord, VIEW-18859.0.
Au début du XXe siècle, on assiste à une croissance économique soutenue au Canada, ce qui favorise le développement des infrastructures de transport. La position privilégiée de Montréal sur le fleuve Saint-Laurent en fait un grand centre d’exportation des céréales. À cette époque, Montréal est véritablement la plaque tournante du pays.

Un troisième réseau de chemin de fer apparaît, le Canadien Nord, qui relie Québec à Vancouver. Pour pouvoir déplacer sa gare de l’est de Montréal au centre-ville, ce réseau entreprend la construction du tunnel sous le mont Royal. Ce projet entraînera un fort développement immobilier à l’origine de la création de la Ville de Mont-Royal.

Chemin de fer - Visite aux usines Angus en 1954

Vue latérale d'une locomotive avec le groupe en visite.
1954. Visite industrielle au « Shops Angus ». 6 juillet 1954. Archives de Montréal, VM105-Y-2-D018-P028.
En 1917, le gouvernement fédéral achète le Canadien Nord, en mauvaise situation financière, pour former, avec l’Intercolonial et le National Transcontinental qui sont déjà nationalisés, les Chemins de fer nationaux du Canada. En 1919, s’y joindra le Grand Tronc Pacifique et, en 1923, le Grand Tronc, créant ainsi le Canadien National (CN).

La présence du CN et du CP à Montréal consolide la position de la ville comme centre de décision. Mais le développement des infrastructures routières augmente l’efficacité du camionnage, ce qui nuit au transport ferroviaire à partir de l’entre-deux-guerres. Montréal verra son industrie ferroviaire décliner au profit de l’ouest du pays et des États-Unis. La fermeture des usines Angus en 1991 l’illustre bien.

Chemin de fer - salle de montage

Vue sur des locomotives dans une grande salle de montage lumineuse..
1914-1918. Canadian Pacific Railway Co. Bibliothèque et Archives Canada, PA-024510.
Cet article est paru dans le numéro 8 du bulletin imprimé Montréal Clic, publié par le Centre d’histoire de 1991 à 2008.

Chemin de fer - Tunnel sous le mont Royal

Photographie de la sortie du tunnel avec des bâtiments autour.et le mont Royal en arrière-plan.
1918. Tunnel du CN sous le mont Royal, Montréal, QC, 1918 (?), par Wm. Notman & Son. Musée McCord, VIEW-6422.

Le scandale du Pacifique

Hugh Allan, riche armateur montréalais, a contribué à la caisse électorale du Parti conservateur dans le but de bénéficier de contrats lors de la construction du chemin de fer du Pacifique. Malheureusement pour lui, le pot aux roses est découvert et ce scandale entraîne la démission du premier ministre Macdonald en 1873. La même année, une crise économique forcera Allan à abandonner définitivement ses projets ferroviaires.