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Kiosque 6 — Pour que nos mémoires vivent! Sur les traces d’une histoire lesbienne à Montréal

20 octobre 2026

Une exposition réalisée par les Archives lesbiennes du Québec, avec l’accompagnement du MEM, présentée dans le Kiosque du 25 juin au 12 octobre 2025.

Pour que nos mémoires vivent

Deux personnes regardent des modules d’exposition dans un espace public.  
MEM – Centre des mémoires montréalaises
« Si l’on peut parler d’une communauté de lesbiennes à Montréal, c’est grâce à l’existence de ces initiatives, de ces groupes, de ces lieux, de ces événements, sans lesquels nous serions, IMAGINONS UN PEU, contraintes à l’isolement, seules avec nos paroles, nos projets, notre mémoire. » — Danièle Tessier

Une communauté fière et mobilisée

Présentée dans le Kiosque du MEM à l’été 2025, l’exposition Pour que nos mémoires vivent! Sur les traces d’une histoire lesbienne à Montréal a permis de rendre visibles, dans l’espace public muséal, l’histoire et les luttes d’une communauté historiquement marginalisée. Adaptée d’un projet réalisé pour le 40e anniversaire des Archives lesbiennes du Québec, l’exposition a été développée en étroite collaboration avec l’équipe du MEM.

Reconnaître une mémoire essentielle, encore trop peu visible

Pour que nos mémoires vivent - Visuel promotionnel de l’exposition

Visuel promotionnel de l’exposition
MEM – Centre des mémoires montréalaises
En 1983, quatre amies ont créé à Montréal les Archives lesbiennes Traces. Elles s’inscrivaient dans le mouvement international de construction d’une mémoire collective pour les lesbiennes. Elles se sont installées dans divers lieux, entre autres à l’école Gilford, alors désaffectée, de 1986 à 1994, pour finalement poser leurs boîtes à la Cité-des-Hospitalières en 2023. C’est dans la salle communautaire de cet établissement que les Archives lesbiennes du Québec ont célébré leurs 40 ans d’existence, le 10 juin 2023. À cette occasion, elles ont présenté une rétrospective de leur histoire archivistique et organisé deux ateliers : l’un consacré au groupe de plein air les Amazones des grands espaces et l’autre à l’histoire des bars lesbiens. Cette journée festive, qui a réuni 180 personnes, a permis de parler du passé afin de mieux envisager l’avenir, en créant notamment de précieux liens intergénérationnels.

Cette journée de célébration est à la base du projet soumis au comité de programmation citoyenne et communautaire du MEM en vue d’une adaptation pour le Kiosque. Les Archives lesbiennes du Québec souhaitaient faire découvrir la richesse de leurs collections et montrer comment des lieux, des groupes, des événements et des initiatives communautaires ont contribué à façonner l’histoire lesbienne montréalaise.

Les membres du comité ont retenu ce projet lors de leur rencontre en juin 2024. Passer d’une célébration communautaire à un événement en contexte muséal permettait de franchir une étape symbolique majeure : faire reconnaître l’histoire lesbienne comme faisant partie intégrante de l’histoire montréalaise.

Une collaboration fondée sur la confiance, l’écoute et le respect des savoirs

Pour que nos mémoires vivent - rencontre de travail

Six femmes sont debout autour d’une table sur laquelle il y a plusieurs artéfacts. L’une d’elle est en train de placer des cartes professionnelles alors que les autres observent et discutent.
MEM – Centre des mémoires montréalaises 
Le travail de collaboration s’est amorcé à l’automne 2024, dans une démarche d’accompagnement étroit afin d’adapter le projet et lui donner vie dans le Kiosque, sans altérer sa tonalité ni ses intentions. À compter de ce moment-là, sept membres des Archives lesbiennes du Québec se sont mises à l’œuvre avec l’appui de l’équipe du MEM : il a fallu élaborer un scénario, rédiger des textes et choisir des images, déterminer la configuration des modules à l’aide d’une maquette 3D, nourrir le concept graphique, sélectionner les artéfacts à présenter dans les vitrines, tourner une capsule vidéo sur les Archives, participer à l’organisation d’une programmation culturelle, rédiger quelques articles pour l’encyclopédie en ligne, etc.

L’équipe du MEM a assuré un rôle de soutien structurant tout au long du projet : coordination générale, encadrement du graphisme, révision et traduction des contenus, organisation du montage, appui technique, accompagnement pour la programmation culturelle et la diffusion du projet. Cette répartition claire des rôles a permis aux Archives lesbiennes de se concentrer sur leurs savoirs et leurs récits, tout en développant de nouvelles compétences liées à la production d’une exposition.

Non seulement cette collaboration a permis la réalisation d’une exposition forte et cohérente, mais elle a également outillé les Archives lesbiennes du Québec pour la circulation future de leurs contenus dans d’autres contextes.

Une exposition à l’image du groupe : dynamique, fière et joyeuse

Pour que nos mémoires vivent

Photographie en couleur de l'exposition Pour que nos mémoires vivent! sur les traces d'une histoire lesbienne à Montréal dans le Kiosque du MEM
Photographie par Denis-Carl Robidoux. MEM – Centre des mémoires montréalaises
Le déploiement scénographique de l’exposition visait à créer un parcours à la fois historique, humain et vivant, alternant archives, récits personnels, lieux de sociabilité et espaces d’intimité.

Sur le panneau d’introduction, les membres des Archives lesbiennes du Québec déclaraient : « À l’heure où une partie du monde menace notre droit d’exister, nous sommes ravies et fières de partager nos trésors avec vous ! » En effet, le riche fonds documentaire de cet organisme permet d’en apprendre plus sur la foisonnante histoire des lesbiennes, comme sur leurs luttes politiques, d’hier ou d’aujourd’hui. L’exposition permettait de plonger dans « l’âge d’or du lesbianisme », dans les années 1980 et 1990, au moment où Le Plateau-Mont-Royal, plutôt bohème, vibrait au rythme de la militance lesbienne, avec des lieux de rencontres, d’échange et d’expression mythiques pour la communauté lesbienne montréalaise. À l’aube du nouveau millénaire, d’autres perspectives militantes et communautaires sont apparues, à la jonction du mouvement queer et de l’essor du Village gai. De nouveaux combats politiques ainsi que des études universitaires inédites ont permis de cimenter encore plus la reconnaissance et la connaissance des réalités lesbiennes.

À l’image des Archives lesbiennes, Pour que nos mémoires vivent! s’est révélée une exposition extrêmement vivante et diversifiée. Autour des textes produits par les membres de l’organisme se sont déployés de nombreux artéfacts : cartes professionnelles, vinyles et bandes magnétiques, tee-shirt de l’Association des mères lesbiennes, cartes postales, macarons, cartons d’allumettes, revues québécoises et internationales, livres, bannière. Sur une immense banderole, une carte du Plateau-Mont-Royal intitulée Promenade dans le Village des lesbiennes permettait au public de découvrir 14 lieux emblématiques pour la communauté. L’exposition mettait aussi en valeur le travail de plusieurs photographes documentaires de la communauté, comme Suzanne Girard, Diane Trépanière, Marik Boudreau et Camille Maheux.

Une programmation culturelle vibrante

Promenade de Jane - Archives lesbiennes du Québec

Personnes regroupées suivant une visite guidée extérieure devant un bâtiment historique.
MEM – Centre des mémoires montréalaises
Pour prolonger l’expérience de l’exposition, le MEM et les Archives lesbiennes du Québec ont proposé une programmation culturelle variée qui a permis au public de découvrir l’histoire lesbienne sous différents angles.

Les activités ont notamment conduit à l’exploration des lieux qui ont marqué la vie communautaire lesbienne montréalaise. Lors de huit visites guidées dans Le Plateau-Mont-Royal, le public a parcouru rues, parcs, commerces, appartements fréquentés par les résidentes, militantes, artistes, étudiantes et professionnelles qui ont œuvré à donner aux lesbiennes de Montréal une place dans l’espace public.

La programmation a également mis en valeur le travail de conservation et de transmission de la mémoire. Une table ronde consacrée aux pratiques historiennes et archivistiques et abordant l’enjeu des communautés marginalisées a réuni des chercheuses dont les travaux portent sur l’histoire des archives lesbiennes, celle des femmes trans lesbiennes et celle des communautés noires canadiennes.

La musique et le cinéma occupaient aussi une place importante. La Chorale lesbienne s’est reformée spécialement pour l’inauguration de l’exposition. Le Cabaret du MEM a souligné le 50e anniversaire du Réseau Vidé-Elle — créé par deux pigistes de l’ONF, Diane Heffernan et Suzanne Vertu en 1975 — au moyen de projections consacrées à son apport à l’histoire sociale, politique et culturelle des femmes et des lesbiennes. En 1976, leur vidéo Québécoiserient établit l’un des premiers jalons de ce travail. Elle sera suivie par plus de 60 vidéos qu’Heffernan et Vertu, accompagnées parfois d’autres réalisatrices, ont produites au cours de leurs trajectoires artistiques et militantes. Et la programmation culturelle autour de l’exposition s’est conclue par la projection du film Lesbiana – Une révolution parallèle, en présence de sa réalisatrice, Myriam Fougère, suivie d’une soirée musicale intergénérationnelle animée par DJ Franklyne.

Retombées durables

Pour que nos mémoires vivent - Chorale

Chorale d’une quinzaine de femmes devant une grande baie vitrée.
MEM – Centre des mémoires montréalaises
« Je suis tellement émue et je réalise tout le travail, la résistance et le militantisme qui m’ont permis d’être qui je suis aujourd’hui ! Merci ! » — Une visiteuse

« Merci beaucoup ! How wonderful to see my culture represented in a mainstream museum. I am thrilled to see so many friends. » — Une visiteuse

Présentée du 25 juin au 12 octobre 2025, l’exposition a permis à plus de 14 000 personnes d’entrer en contact avec l’histoire et la culture lesbiennes dans les espaces publics du MEM. Près de 900 personnes ont également participé aux activités culturelles associées à la programmation.

Pour les Archives lesbiennes du Québec, le projet a constitué une importante reconnaissance institutionnelle et a permis de faire connaître leur mission auprès d’un public beaucoup plus large. De nombreuses personnes ont découvert l’existence de l’organisme et la richesse de ses collections grâce à l’exposition, qui a ainsi aidé à inscrire plus durablement l’histoire lesbienne dans la mémoire collective montréalaise. L’exposition a également mis en lumière l’importance de préserver les documents, témoignages et objets liés aux différentes expériences lesbiennes afin que les collections continuent de refléter la diversité de cette communauté.

L’exposition a aussi favorisé les échanges entre générations et a contribué à rendre plus visibles des parcours, des lieux et des expériences souvent absents des récits historiques traditionnels. Selon un sondage réalisé par le MEM, les 18 à 35 ans ont été nombreuses à la visiter et à participer aux activités culturelles.

Au-delà de sa présentation au MEM, le projet a poursuivi sa trajectoire à travers diverses activités de diffusion en dehors de Montréal, certaines s’appuyant sur les panneaux de l’exposition qui ont été donnés aux Archives lesbiennes du Québec. Cette diffusion s’est traduite concrètement par l’organisation de tournées dans différentes régions du Québec, par des invitations dans des organismes d’enseignement et culturels, et par la remise d’un prix hommage lors de la Journée de visibilité lesbienne à Montréal (mai 2026). Les Archives lesbiennes du Québec soulignent que cette collaboration a transformé leur manière de concevoir la circulation et la pérennité de leurs contenus, en inscrivant durablement leur fonds dans l’espace public et collectif.

Les membres de l’organisme ont souligné que la collaboration avec le MEM leur a permis de concevoir la façon dont elles peuvent maintenant présenter leur exposition dans différents lieux et mentionnent : « Aussi pouvons-nous affirmer que notre participation au Kiosque a permis, et permet toujours, de magnifier les fonds documentaires que les Archives lesbiennes du Québec collectent depuis plus de 40 ans! ».

Dans ce contexte, l’exposition ne constitue pas une finalité, mais un point de départ : elle est désormais un outil actif de transmission, de dialogue et de reconnaissance pour l’histoire lesbienne à Montréal et au‑delà.

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Couverture médiatique

Vaillancourt, Julie. « Les Archives lesbiennes s’exposent au MEM », Fugues, juillet 2025, no 491, p. 22-23. (Entrevue avec Lorine Dumas-Svanella et Louise Turcotte)

« Quoi faire expo : Cet été, découvrez les Archives lesbiennes du Québec au MEM! », Fugues, juillet 2025, no 491, p. 82.

Les Archives lesbiennes du Québec

Pour que nos mémoires vivent - Affiches

Série d’affiches sur des cordes à linge devant un mur.
Photographie par Denis-Carl Robidoux, MEM – Centre des mémoires montréalaises

Les Archives lesbiennes du Québec travaillent à retrouver, conserver et faire vivre les traces des lesbiennes québécoises. Elles ont pour mission d’acquérir, conserver, traiter et diffuser toute information, sur quelque support que ce soit, relative au lesbianisme, aux lesbiennes, aux femmes gaies ou aux personnes queers, aux homosexuelles et à l’homosexualité en général. Elles priorisent les documents produits ou relatifs au Québec, peu importe la langue dans laquelle ils sont rédigés, ainsi que les documents issus de ou relatifs à la francophonie canadienne et internationale.

https://www.archiveslesbiennesduquebec.ca/