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L’aéroport Montréal-Trudeau

07 mars 2017
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Inauguré en 1941, l’aéroport de Montréal est le plus important au Canada en 1961. Éclipsé par celui de Mirabel pendant une vingtaine années, il retrouve sa prédominance à la fin des années 1990.

Aéroport de Montréal-Dorval, 1966, VM94-Ad99-4

Passagers débarquant d’un appareil à hélice de la compagnie Trans-Canada Airlines.
1966. Archives de la Ville de Montréal. VM94-Ad99-4.
Montréal, plaque-tournante de l’aviation civile canadienne? La croissance et les questionnements sur l’avenir de l’aéroport de Dorval ont intimement suivi l’évolution du rôle économique de la métropole dans la seconde moitié du XXe siècle.

Inaugurée le 15 décembre 1960, l’aérogare toute neuve marque le début d’une nouvelle ère. Un gigantesque atelier de réparation d’Air Canada et de nouvelles pistes complètent les travaux. L’aéroport de Montréal a été ouvert en 1941, sur le site d’un ancien hippodrome, qui avait attiré jusqu’à 5000 spectateurs par jour. L’aéroport de Saint-Hubert, en service depuis 1927, venait d’être réquisitionné par l’armée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Dorval est principalement utilisé pour les besoins militaires : des pilotes y sont formés et plusieurs milliers d’avions de combat s’envolent de ses pistes pour rejoindre l’Europe. À la fin du conflit, en 1945, les vols civils prennent la relève avec un achalandage de 500 passagers par jour.

Trans-Canada Airlines (devenue Air Canada en 1964) a été la première compagnie à utiliser régulièrement Dorval, en inaugurant la liaison Montréal-Paris en 1951. Neuf ans plus tard, sous l’autorité du Département des transports national, ce site devient l’Aéroport international de Montréal-Dorval, premier aéroport du Canada en importance avec ses deux millions de passagers en 1961. Déjà, on pense aux besoins futurs. Montréal, croit-on, deviendra une métropole de cinq millions d’habitants. Le projet d’un méga-aéroport prend forme. Mirabel est inauguré en 1975 au nord de Montréal, au terme d’une saga marquée par des expropriations forcées et bien des débats. Les futurologues s’étant trompés sur l’avenir et plusieurs promesses n’ayant pas été tenues, les vols sont transférés à Dorval à la fin des années 1990…

Des hélices aux réacteurs

Aéroport Montréal-Trudeau

Carte postale de l'aéroport
Carte postale, Centre d’histoire de Montréal. 1414.
Dans le ciel de notre carte postale volent deux avions. L’un d’eux est probablement un DC-8, un aéronef à réaction. Testé plusieurs décennies plus tôt et perfectionné pendant la Seconde Guerre mondiale, le moteur à réaction est adopté par l’aviation civile au cours des années 1950. Il permet de doubler la vitesse de croisière des avions de passagers, offrant ainsi rapidité et confort à une clientèle en forte croissance. L’air capté à l’avant du moteur est comprimé et mélangé à du kérosène qui s’enflamme, la pression propulse alors l’avion. Après la compagnie américaine Boeing et son 707, sa concurrente, elle aussi américaine, la Douglas Aircraft Company, met au point son DC-8 doté de quatre réacteurs à turbine Pratt & Whitney. Plus spacieux que l’avion à hélice, il accueille 28 passagers en première classe et 99 en classe touriste et met 6 h 15 pour relier Vancouver et Montréal. Un premier DC-8 atterrit à l’aéroport de Dorval le 7 février 1960, quelques mois après la sortie du nouvel appareil.

Cet article est paru dans la chronique « Montréal, retour sur l’image », dans le Journal de Montréal en 2013 et dans le livre Promenades historiques à Montréal, sous la direction de Jean-François Leclerc, les Éditions du Journal, 2016, 240 pages.

Le mystérieux code YUL

Sur sa carte d’embarquement, le voyageur curieux arrivant ou quittant Montréal peut lire les lettres YUL, une étrange abréviation utilisée pour désigner la ville. L’origine de ce code remonte aux balbutiements de l’aviation commerciale dans les années 1930 : tous les aéroports du monde sont alors identifiés par une série de trois lettres. Le gouvernement fédéral réserve la lettre Y pour les pistes canadiennes (par exemple YVR pour Vancouver et YYZ pour Toronto-Pearson). Les lettres U et L de Montréal viennent du code morse transmis par le radiophare de Kirkland, près de Dorval, dont le signal sert encore aujourd’hui à guider les pilotes. La désignation des aéroports internationaux est régie par deux organismes qui ont leur siège social à Montréal : l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et l’Association du transport aérien international (IATA).