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Horatio Nelson, l’amiral qui a vaincu Napoléon

19 janvier 2016
Monique LaforgeMonique Laforge
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De son vivant, l’amiral Nelson est déjà considéré comme un héros anglais. Il a navigué sur de nombreuses mers, mais a surtout remporté de mémorables victoires qui lui ont valu plusieurs blessures.

Amiral Horatio Nelson

Portrait taille d’Horatio Nelson en uniforme
Rear-Admiral Horatio Nelson, 1st Viscount Nelson (1758-1805), par Lemuel Francis Abbott, National Maritime Museum, Greenwich, London, Greenwich Hospital Collection. Cote : BHC2889.
Une visite au Centre d’histoire de Montréal est l’occasion d’admirer de près ce héros britannique qui a trouvé la mort alors qu’il gagnait la bataille de Trafalgar contre la flotte de Napoléon. On y trouve en effet une imposante statue de ce militaire, que les notables britanniques installés à Montréal, mais aussi francophones, ont tenu à honorer au début du XIXe siècle.

La nouvelle de la mort de Nelson en 1805 se répand dans plusieurs pays. L’homme avait en effet navigué et remporté de mémorables victoires en de nombreux endroits. Mais qui était donc ce héros anglais? Né dans le Norfolk en 1758, dans une famille de 11 enfants, il prend la mer à 12 ans grâce à son oncle maternel. Il navigue sur de nombreuses mers, traverse l’Atlantique, se rendant dans les Antilles et au Canada (à Québec, où il passe à un cheveu de se marier). Il devient capitaine à 20 ans. Quand l’Espagne déclare la guerre à l’Angleterre, le jeune homme participe à diverses opérations militaires navales.

De nombreuses blessures

Nelson épouse Fanny Nisbet en 1787, sur Niévès, une île des Antilles. Elle le suit en Angleterre, où elle s’adapte difficilement. Nelson passe quelques années sans naviguer avant de reprendre du service en 1793. D’une bataille à une autre, il perd l’usage de l’œil droit, puis le bras droit. Mais il ne s’arrête pas pour si peu. On dit de lui qu’il est prompt à l’action et qu’il n’hésite pas à désobéir aux ordres si cela peut le mener à la victoire. Il aurait été jusqu’à porter sa lunette d’approche à son œil aveugle, pour ensuite déclarer qu’il ne voyait pas les signaux de retraite…

L’une des plus grandes victoires de Nelson a lieu en Égypte, en 1798. Fin stratège, il réussit à détruire la flotte napoléonienne lors de la bataille du Nil. Les Français ne peuvent plus envahir l’Inde, et les Britanniques exultent. Nelson se rend à Naples pour se remettre de ses blessures. Il a connu cette ville cinq ans plus tôt, et y avait rencontré Lady Emma Hamilton, épouse de l’envoyé britannique. Cette fois, une relation amoureuse se développe, même si tous deux sont déjà mariés. Leurs conjoints ne peuvent défaire cette union devenue publique; elle durera jusqu’à la mort de Nelson. La société britannique réprouve la relation, mais les amoureux persistent malgré les difficultés. Emma donne naissance à une fille, Horatia, en 1801.

La dernière victoire

La carrière de Nelson se poursuit, avec des hauts et des bas. Sa plus importante victoire sera la dernière, le 21 octobre 1805. Napoléon menace alors d’envahir l’Angleterre. Promu amiral, Nelson lance ses 33 navires contre les vaisseaux français et espagnols au large de la côte de l’Espagne. Il est tué lors de la fameuse bataille de Trafalgar, dont les Britanniques sortent vainqueurs.

Le cadavre de Nelson est rapatrié en Angleterre. Pour assurer sa conservation durant le voyage, on place le corps dans un tonneau et on le couvre de brandy. Après que des milliers de personnes lui ont rendu un dernier hommage, Nelson est enterré à Londres dans la crypte de la cathédrale Saint-Paul. Sa mémoire est préservée sous forme de monuments et de lieux publics dans divers pays. La colonne Nelson, érigée à Montréal vers 1810, est un des premiers monuments en son honneur à avoir vu le jour.

Fermer les yeux?

Pendant la bataille de Copenhague en 1801, Nelson reçut l’ordre de rompre le combat, mais il décida plutôt de le poursuivre et il gagna. La légende dit qu’il avait placé sa longue-vue sur son œil aveugle et qu’il prétendit qu’il n’avait pas pu voir les drapeaux servant de signaux sur le vaisseau de son supérieur; il plaisanta même : « J’ai un seul œil, j’ai le droit d’être aveugle parfois. » Cependant, il se peut que les détails de cette histoire aient été exagérés par les admirateurs de Nelson. S’il a réagi de la sorte, c’était purement une plaisanterie : l’amiral qui avait envoyé l’ordre à Nelson lui avait aussi donné la possibilité de le décliner.

Plusieurs pensent que cette anecdote est à l’origine de l’expression to turn a blind eye on (c’est-à-dire « fermer les yeux sur », littéralement « poser un œil aveugle sur »), bien qu’une formulation similaire apparaisse dans un roman de 1800, une année avant la bataille, et que la variante to turn a deaf ear to (c’est-à-dire « faire la sourde oreille à », littéralement « tendre une oreille sourde vers ») ait des siècles de plus.