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Fenêtres sur l’immigration, une exposition qui voyage

Anne GombertAnne Gombert
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Fenêtres sur l’immigration est une exposition itinérante réalisée par le Centre d’histoire, à partir des récits qu’il a collectés. Six modules autoportants abordant six thèmes clés la composent.

« Les récits d’immigration sont toujours des histoires de courage. »
— José-Louis Jacome, arrivé au Canada du Portugal en 1958

Fenêtres sur l’immigration

Photo en couleurs montrant quatre des six modules autoportants de l’exposition dans l’aire d’accueil d’une bibliothèque.
Centre d’histoire de Montréal
Des Montréalais et Montréalaises issus de l’immigration se confient. Leurs témoignages sont autant de fenêtres ouvertes sur les réalités de l’immigration. Pourquoi sont-ils venus à Montréal? Ont-ils ressenti un choc culturel? Quelles étapes ont jalonné leur installation? Leurs histoires rassemblées révèlent une ville plurielle et changeante, rythmée par les communautés et les générations qui s’y succèdent.

Depuis le début des années 2000, le Centre d’histoire de Montréal collecte des récits de Montréalais et Montréalaises et, notamment, de personnes issues de l’immigration. Ces collectes ont été réalisées à différentes occasions et avec différentes communautés. Par exemple, dans le programme éducatif Vous faites partie de l’histoire!, que le Centre d’histoire réalise depuis 2006 avec des classes d’accueil du secondaire, les paroles de plus de 4400 élèves, sur la ville et sur leur parcours, ont été collectées. Ces adolescents ont entre 13 et 18 ans et sont récemment arrivés à Montréal. Le Centre d’histoire a aussi mis sur pied plusieurs expositions ou projets avec des communautés culturelles de Montréal — portugaises, chinoises, haïtiennes, latino-américaines — ou sur des thématiques, par exemple un quartier ou un événement, qui donnent la parole à des Montréalais et Montréalaises de toutes origines. Par ailleurs, le Centre d’histoire accorde une place de choix à la voix des immigrants dans son site Internet Mémoires des Montréalais et son grand dossier Mémoires d’immigrations : ici, plus de 200 articles dévoilent, au travers de petites et grandes histoires, le parcours des communautés culturelles qui, depuis toujours, enrichissent l’identité montréalaise.

C’est pour mettre en valeur ces récits et les rendre accessibles à un vaste public que le musée a conçu l’exposition Fenêtres sur l’immigration, destinée à différentes institutions qui n’ont pas pour mandat premier la diffusion muséale et qui ont contacté le Centre d’histoire au cours des dernières années pour qu’il leur prête des expositions, des panneaux, des images ou des objets de sa collection. Par exemple, plusieurs cégeps organisent une semaine interculturelle à l’automne et à l’hiver et recherchent du contenu historique riche et vivant à proposer à leurs étudiants. Des rencontres avec la Direction des bibliothèques de la Ville de Montréal ont aussi permis de réaliser à quel point les bibliothèques constituent de magnifiques points de rencontre pour la diffusion du contenu qui est au cœur de la mission du musée.

Conçue pour s’adapter

Fenêtres sur l’immigration

Photo en couleurs montrant en avant-plan un gros plan sur un des modules de l’exposition et en arrière-plan on peut apercevoir trois autres modules.
Centre d’histoire de Montréal
L’exposition Fenêtres sur l’immigration a donc été pensée pour être tenue dans des lieux qui ne sont pas des salles de diffusion muséale. L’équipe chargée de la concevoir et de la réaliser a rencontré des responsables de bibliothèques et des intervenants de cégeps pour bien comprendre leurs besoins et leurs contraintes. L’exposition est composée de six modules autoportants qui s’installent très facilement dans toutes sortes de lieux. Ils peuvent être regroupés ou dispersés dans l’espace, offrant ainsi beaucoup de flexibilité. Deux types de modules sont chacun constitués de deux structures d’acier tubulaire de 6 pieds 4 pouces de hauteur sur 5 pieds 6 pouces de largeur (1,93 mètre sur 1,67 mètre). Une structure moins large se fixe à un module du type 1 et supporte le panneau-titre d’un côté et l’équipe de réalisation de l’autre. Les structures des quatre modules du type 1 sont fixées pour former un angle de 90 degrés; les structures des deux modules du type 2 forment un A.

Chaque module aborde un thème, illustré par une question. Le visuel, très coloré, est attirant. Sur un bandeau vertical, une des structures présente la question du module et, à côté, une très grande photographie imprimée sur un voile, pour évoquer un rideau devant une fenêtre. Sur cette photographie, le visiteur peut lire une citation mise en vedette. Par exemple, à la question « Que penser de Montréal avant de la découvrir? », Muhammed Ndow, arrivé en 2013 de Gambie, répond : « J’avais imaginé Montréal comme un petit village. » Sur la deuxième structure du module, divisée en carreaux de fenêtres, ressortent d’abord les visages. C’est une histoire à échelle humaine. Sept portraits sur autant de carreaux, accompagnés de sept carreaux citations. Ce sont sept autres réponses qui montrent la diversité des expériences. Trois des carreaux-citations pivotent et donnent accès à plus d’informations. Une interactivité simple et appréciée qui satisfait la curiosité des visiteurs. Et sur un carreau double, le titre du thème et un texte introductif qui donne un peu de contexte historique. Par exemple, le module abordant le thème « S’établir, s’enraciner » permet aux visiteurs d’apprendre que « jusqu’aux années 1960, l’État se soucie peu de l’intégration des immigrants, qui doivent donc trouver ou créer leurs propres repères » et qu’« ainsi une tradition communautaire prend forme à Montréal. »

Témoigner de décennie en décennie

Dans toute l’exposition, au total, 38 personnes témoignent. Toutes arrivées à différents moments à Montréal. Chaque décennie est représentée à partir des années 1950. Que l’on pense à José-Louis Jacome, arrivé du Portugal en 1958, à Emilia de Minico, arrivée d’Italie en 1960, à Raimundo Ravello, arrivé du Chili en 1977, à Paulo Ramos, arrivé du Brésil en 1986, à Nurun Nahar, arrivée du Bangladesh en 1994, à Amjad Ghafar, arrivé du Pakistan en 2001 ou à Geneviève Mbombu, arrivée du Congo en 2013.

Les six thèmes illustrés sur les modules et les questions qui les accompagnent sont les suivants :

  1. Loin là-bas, une ville. Que penser de Montréal avant de la découvrir?
  2. Immigrer, entre contraintes et espoirs. Pourquoi immigrer à Montréal?
  3. Premières impressions et infinies comparaisons. Montréal est-elle dépaysante?
  4. S’établir, s’enraciner. Quels repères, quelle aide trouver à Montréal?
  5. Défis et perspectives d’avenir. Comment refaire sa vie à Montréal?
  6. Appartenances et identités. Quels ponts se créent entre là-bas et Montréal?

L’exposition Fenêtres sur l’immigration, financée dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal conclue entre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec, redonne vie à du matériel collecté par le musée dans divers projets. Elle valorise le travail effectué par le passé tout en étant résolument actuelle. Et elle permet de toucher un public différent et plus nombreux de celui qui visite le musée. Avec des moyens réduits, mais formidablement adaptés et documentés, elle diffuse l’histoire de l’immigration sous un jour humain, réaliste et positif.

Lieux et dates de l’itinérance de l’exposition : 

  • Cégep André-Laurendeau, du 12 au 26 octobre 2018
  • Collège de Maisonneuve, du 27 novembre au 2 décembre 2018
  • Bibliothèque interculturelle, du 4 au 19 décembre 2018
  • Bibliothèque de Parc-Extension du 4 au 30 janvier 2019
  • École secondaire Saint-Laurent, du 1er au 27 février 2019
  • Bibliothèque de Cartierville, du 12 mars au 7 avril 2019
  • Bibliothèque Benny, du 9 avril au 5 mai 2019
  • Bibliothèque Notre-Dame-de-Grâce, du 7 mai au 1er juillet 2019
  • Bibliothèque Jacqueline-De-Repentigny, du 3 juillet au 31 juillet 2019
  • Bibliothèque Marie-Uguay, du 2 août au 10 octobre 2019
  • Collège Ahuntsic, du 15 au 30 octobre 2019
  • Bibliothèque de la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord, du 11 décembre 2019 au 27 janvier 2020
  • Bibliothèque de Rivière-des-Prairies, du 1er février au 22 mars 2020