Le mot de la présidence
Nous voici, plus de vingt ans après la création du Conseil jeunesse de Montréal (CjM), à constater qu’il demeure un véhicule d’expression de la jeunesse montréalaise contribuant à une démocratie municipale saine et représentative. Un exploit dans une période où les droits et le sens du collectif sont fragilisés.
La beauté du CjM réside dans sa capacité depuis toutes ces années à mettre de l’avant les véritables préoccupations d’une jeunesse qui n’attend qu’à être entendue, d’un bout à l’autre de nos 19 arrondissements. Concrètement, le Conseil a formulé des centaines de recommandations à travers 30 avis et 29 mémoires destinés aux élu-es montréalais. Plus largement, ces travaux prennent vie et exercent une influence durable laissant une empreinte significative à chaque lecture, chaque recherche et chaque discussion qu’ils nourrissent.
S’engager au CjM est certainement un moment phare dans le parcours des membres qui y siègent. C’est une occasion rêvée de comprendre les rouages de la gouvernance de proximité et une expérience qui transforme, à son insu, en gardien-ne de la participation citoyenne.
En début d’année, nous avons lancé une vaste consultation dans le cadre du rapport réalisé par Metalude intitulé Les jeunes et la sécurité à Montréal : perceptions et expériences dans l’espace public, sur lequel nous nous appuierons pour produire notre prochain avis. Animé-es par la volonté de mettre à jour nos connaissances sur cet enjeu abordé pour la dernière fois en 2008, nous avons cherché à mieux comprendre la réalité actuelle des jeunes Montréalais-es. Pour ce faire, nous avons privilégié une approche terrain rejoignant les jeunes via un sondage et une série de groupes de discussion. Cette démarche a permis de mettre en lumière les disparités territoriales et les nombreux facteurs qui contribuent au sentiment de sécurité dans les arrondissements.
Cette année fut marquée par la tenue d’élections municipales dans plusieurs villes du Québec, dont Montréal. Fidèles à notre mandat de représentation des enjeux touchant les personnes âgées de 12 à 30 ans, nous avons publié le Manifeste de la jeunesse montréalaise : nos priorités pour les élections municipales 2025. Considérant que les jeunes représentent plus de 20 % de l’électorat, nous avons mis de l’avant 27 recommandations issues d’avis précédents, regroupées autour de cinq thèmes phares, afin de sensibiliser les candidat-es et d’influencer les plateformes électorales. En parallèle, nous avons mené une campagne de diffusion soutenue sur les réseaux sociaux et nous nous sommes impliqué-es dans plusieurs activités de mobilisation, convaincu-es de l’importance d’encourager la participation des jeunes au scrutin du 2 novembre.
Valorisant l’effort collectif, nous avons été amenés à collaborer avec des partenaires de choix, tels que les conseils jeunesse d’arrondissement, et à créer des liens avec le Conseil jeunesse de l’organisme Montréal Autochtone afin d’ancrer nos actions dans une perspective sensible aux milieux. Cette année encore, nous nous sommes positionné-es auprès des élu-es en faveur de l’implantation de ce mécanisme consultatif en raison de sa pertinence et de sa nécessité dans les arrondissements qui n’en bénéficient pas encore. Soulignons enfin notre appui indissociable au maintien des activités de Concertation Montréal, un organisme vital à la démocratie participative pour l’ensemble des Montréalais-es.
Porté-es par l’expérience diversifiée de nos 15 membres, nous avons eu la chance de siéger à titre d’expert-es au sein de plusieurs comités contribuant à l’avancement de réflexions en matière de mobilité, de transition écologique et de santé publique. L’impact de notre travail dépasse d’ailleurs le cadre local. À l’été 2025, deux de nos membres ont participé à l’International Youth Conference for Peace in the Future (IYCPF), à Hiroshima, au Japon, une expérience marquante qui témoigne du rayonnement du CjM à l’international.
Je suis fière que le CjM continue d’assurer la visibilité et l’écoute de la jeunesse montréalaise, de toutes les manières. Je nous souhaite collectivement de faire place à la jeunesse et qu’en cela, Montréal ouvre la voie.
Gaëlle Guillaume
Présidente