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Les Monarques de Montréal

25 juin 2018
Temps de lecture
6 minutes

One two team! One two Monarques! One two sans pression! Le cri d’équipe des Monarques de Montréal résonne dans les terrains de basketball de la province depuis 1998.

Un nom et une couleur à qui les veut bien. Vraiment?

Au fil de leur histoire, les fondateurs des Monarques doivent à quelques reprises composer avec la mauvaise réputation de leur quartier et les préjugés qui l’accompagnent.

En 1996, les Prédateurs de Granby, équipe de la ligue de hockey junior majeur du Québec, gagnent la coupe Memorial, une victoire historique. Les fondateurs de ce qui est, à ce moment, l’équipe Élite, grands adeptes de hockey, choisissent ce nom pour leur programme en construction. Jean-François nous raconte : « Quand j’ai parlé à l’arrondissement du projet, on m’a demandé quel était le nom de l’équipe. J’ai dit : “Les Prédateurs de Saint-Michel”. On m’a dit : “Trouve un autre nom.” »

Le nom des Monarques, souverains du terrain, vient naturellement. Pour demeurer dans la thématique, leur premier uniforme est bleu royal. Or, après un certain temps, quelques personnes avertissent Jean-François du caractère intimidant de son équipe, comme elle porte les couleurs d’un gang de rue associé au quartier Saint-Michel. Jean-François nous explique : « Quand l’est (de Montréal) a commencé à faire les nouvelles avec la réalité des gangs de rue du quartier, nous, on allait dans l’ouest. Les gens avaient peur de nous, et on ne le savait même pas. […] Je n’y avais pas pensé parce que, pour moi, c’était bleu royal. » Ils changent alors leur couleur pour l’orange, inspirés par l’équipe Syracuse de la National Collegiate Athletic Association (NCAA), gagnante du championnat cette année-là.

Le basketball au Canada

Né en Ontario, James Naismith réalise un baccalauréat en éducation physique à l’Université McGill à Montréal, en 1883. Il se dirige ensuite vers Springfield au Massachusetts. C’est dans le cadre de son travail au YMCA qu’il invente le basketball, en 1891.

Son jeu se répand comme une trainée de poudre en Amérique du Nord. Au Canada, dès le début du XXe siècle, le basketball est pratiqué dans les YMCA, les écoles et les clubs. À Montréal, la Montreal Basketball League est fondée en 1902. Les parties sont annoncées dans la presse comme des événements sportifs incontournables.

Dans les années 1940, des équipes professionnelles nationales sont créées. Mais c’est en 1994, à l’aube de la fondation des Monarques, que le basketball canadien prend une nouvelle ampleur. La National Basketball Association (NBA), ligue professionnelle états-unienne, octroie alors deux franchises à des villes canadiennes : les Raptors de Toronto et les Grizzlies de Vancouver.

Références bibliographiques

BENJAMIN, Frantz (dir.). Le Saint-Michel des Haïtiens, Les éditions du CIDIHCA, Montréal, 2012, 188 p.

BUTLER, Frank T. « Basketball au Canada », [En ligne], Encyclopédie canadienne, 10 mars 2017. (Consulté le 20 février 2018].
http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/basketball/

FONTAINE, Julie. La petite histoire de Saint-Michel. De la campagne à la ville. 1699-1968, [En ligne], Ville de Montréal, 2008. (Consulté le 20 février 2018).
http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/ARROND_VSP_FR/MEDIA/DOCUMENTS/LA_PETITE_HISTOIRE_DE_SAINT-MICHEL.PDF 

GIROUARD, Marie-Danielle, et Yves LÉVESQUES. Coup d’œil sur Saint-Michel. Portrait du quartier Saint-Michel, CLSC Saint-Michel, juin 1996.

LEFEBVRE, Sylvain et al. (Dir). Les nouvelles territorialités du sport dans la ville, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2013, 218 p.

VILLEFRANCHE, Marjorie. « Partir pour rester. L’immigration haïtienne au Québec », dans Guy BERTHIAUME et al., Histoires d’immigrations au Québec, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2012, p. 145-161.