L’infonuagique au service de l’innovation verte à Montréal

L’infonuagique (ou Cloud en anglais) est reconnue comme l’une des avancées technologiques importantes des dernières années.

C’est une façon virtuelle qui permet d’accéder à des ressources informatiques par l’entremise de serveurs distants interconnectés par Internet. Ces ressources peuvent être hébergées dans une infrastructure infonuagique privée, c’est-à-dire adaptée aux besoins d’une entreprise en particulier et destinée à un usage interne. L’infrastructure infonuagique publique est, quant à elle, destinée à un public plus large et demeure sous la gestion d’un fournisseur de services.

L’informatique en nuage représente un énorme marché qui se chiffre déjà à 175 milliards de dollars à travers le monde (données de 2015). En 2016, ce marché devrait atteindre 204 milliards de dollars dans le monde. Par ailleurs, le recours grandissant à cette technologie dans les pratiques d’affaires a ajouté 14 millions d’emplois à l’économie mondiale, selon les estimations de l’International Data Corporation (IDC) pour la fin de 2015. Toujours selon cette firme, Montréal devrait tirer profit de 7 800 emplois liés à l’infonuagique en 2015, dont environ 50 % seraient créés par des PME.

Par ailleurs, la rapide croissance du marché du nuage accroît l’utilisation des centres de données, souvent reconnus pour leur impact écologique. Cette problématique suscite un vif intérêt auprès des chercheurs montréalais, qui mettent au point des solutions de l’infonuagique verte.

Un marché en forte croissance

Les dépenses mondiales en informatique ont atteint 3 517 milliards de dollars en 2015. En 2016, elles devraient s’élever à 3 536 milliards, ce qui représente une croissance d’environ 0,5 % sur un an. Cette croissance provient principalement des investissements dans les logiciels (+ 5,3 %), les services TI (+3,1 %) et les centres de données (+3 %).

Infonuagique verte_Graph1

Ces trois segments sont principalement favorisés par le recours accru à l’informatique en nuage. Selon l’IDC, les investissements liés aux infrastructures infonuagiques s’élevaient à 32,8 milliards de dollars en 2015 et représentaient le tiers des dépenses consacrées aux infrastructures TI. Cette tendance n’est pas près de ralentir puisqu’en 2019, l’on prévoit que ces dépenses atteindront 54,3 milliards de dollars, soit environ 46 % de l’ensemble des dépenses TI prévues. Par ailleurs, les dépenses en infonuagique sont principalement réalisées dans des infrastructures publiques, ce qui représente une part de plus de 60 %.

 

Infonuagique verte_Graph2

Les revenus mondiaux provenant des services d’informatique en nuage publique devraient croître en moyenne de 19,5 % au cours de la période de 2009 à 2016, pour atteindre 204 milliards de dollars en 2016. Il s’agit d’une hausse de 16,5 % en 2016 comparativement au revenu généré en 2015, selon les prévisions de la firme américaine Gartner. Pour cette période, la croissance la plus élevée a été enregistrée entre 2010 et 2011, soit environ 34 %.

 

Infonuagique verte_Graph3

Une importante source de création d’emplois

 

D’après plusieurs cabinets d’analyses en TI, la dynamique des investissements dans l’infonuagique crée des opportunités qui profiteraient à l’ensemble de l’économie, plus particulièrement au marché du travail.

C’est ce que révèle l’étude de l’IDC sur les prévisions mondiales d’emplois créés par l’infonuagique. Selon cette étude, l’informatique en nuage a généré 13,8 millions de nouveaux emplois à travers le monde à la fin de 2015, soit une croissance annuelle moyenne de 27 % entre 2012 et 2015.

En outre, les médias et les communications, les services financiers et la fabrication sont les principaux secteurs créateurs d’emplois. En 2015, ils représentaient plus de 35 % des emplois créés grâce à l’infonuagique.

Fait important, la création d’emplois en infonuagique dans le monde est plus importante au sein des PME que dans les grandes entreprises. En 2015, 7,5 millions de nouveaux emplois (54,3 %) liés à l’infonuagique ont été créés par les PME, contre 6,3 millions dans les grandes entreprises.

En moyenne, au cours de la période de 2012 à 2015, la croissance des emplois en infonuagique a été légèrement plus élevée dans les PME (28 %) que dans les grandes entreprises (27 %).

À l’échelle canadienne, 70 000 nouveaux emplois ont été créés en 2015, dont près de 7 800 à Montréal. Par ailleurs, les PME montréalaises ont tiré profit de cette technologie puisqu’elles ont généré près de la moitié des emplois créés, soit 49 %.

 

Infonuagique verte_Graph4

Des solutions de l’infonuagique verte à Montréal

 

L’explosion de l’infonuagique génère un trafic important dans les centres de données. Selon la firme Cisco, en 2017, 76 % du trafic de ces centres sera lié aux données stockées dans des environnements virtualisés. En outre, les centres de données sont reconnus pour leur impact écologique qu’il ne faut pas négliger. À l’échelle mondiale, ils sont à l’origine de 1,5 % de la consommation électrique et de 2 % des émissions de CO2.

 

À l’égard de ces enjeux environnementaux, il devient impératif d’innover. À Montréal, plusieurs chercheurs l’ont compris et développent des solutions qui favorisent une infonuagique verte. Cette dernière permet d’optimiser la consommation d’énergie dans les centres de données et les applications logicielles.

 

Data center in nature.network servers racks with light,3D physically rending high quality.the cloud image of the background,shoot in QinHai,China with myself.

La Chaire de recherche Eco-Cloud, affiliée à l’École de technologie supérieure de Montréal (ÉTS), œuvre pour favoriser l’utilisation de l’énergie renouvelable en informatique. En particulier, elle développe des applications nuagiques vertes et intelligentes qui favorisent l’implantation de centres de données éco-efficaces. Les travaux de la Chaire, qui dispose de cinq brevets en la matière, donnent lieu à de nombreux partenariats avec l’industrie. À titre d’exemple, elle a développé, en collaboration avec le CRSNG et Ericsson Canada, la plateforme Telco Cloud qui permet à la multinationale d’optimiser le trafic de ses données tout en réduisant la consommation d’énergie.

 

3D illustration. Image background concept of cloud computing.

Autres innovations montréalaises : les logiciels Cloptimus et TailorVM, développés par le laboratoire LORLAB de l’École Polytechnique de Montréal. Cloptimus permet une meilleure planification des réseaux d’infonuagique en tenant compte de la performance, des coûts, des émissions de gaz à effet de serre (GES) ainsi que des contraintes administratives. Cette solution peut être utilisée pour le déploiement optimal des centres de données, notamment le nombre de serveurs à héberger et l’emplacement géographique. Quant à TailorVM, il contribue à la gestion des centres de données, assurant l’optimisation de la consommation énergétique ainsi que la performance de l’application et du réseau.

 

The concept of global cloud service, networking technologies. Easy to use - well organized layers

Le laboratoire de recherche SWAT, affilié à l’École Polytechnique de Montréal, propose de saines pratiques de conception et de développement logiciel qui minimisent l’empreinte environnementale des logiciels infonuagiques hébergés dans les centres de données, ainsi que celles des applications mobiles. La mise au point de ces innovations permet de réaliser des améliorations énergétiques sans sacrifier la qualité de service (QoS) en matière d’expérience utilisateur.

 

_______________________________________________________________________

 

En somme, les technologies de l’information ont le potentiel de réduire les émissions de GES, notamment grâce au développement d’une informatique respectueuse de l’environnement. L’infonuagique verte en constitue un bon exemple. Les innovations présentées ici illustrent bien le savoir-faire montréalais dans le déploiement d’une informatique en nuage moins énergivore et pourraient engendrer des bénéfices économiques. Elles offrent, en effet, de bonnes assises aux entreprises de toutes tailles qui fournissent des services ou développent des solutions infonuagiques.