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Rue Saint-Laurent
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Le boulevard Saint-Laurent et ses intersections

Par Julie St-Onge et Jean-Claude Robert

Le boulevard Saint-Laurent est l’une des voies urbaines les plus médiatisées du Canada. Il a longtemps été, dans l’imaginaire national, la frontière partageant Montréal en deux, d’un côté l’est francophone, et de l’autre l’ouest anglophone, même si la réalité démographique de la ville n’a jamais été aussi tranchée. Cette ligne de clivage entre les « deux solitudes » a fait de la voie un corridor d’immigration remarquable avec, depuis la fin du XIXe siècle, une succession de groupes ethnoculturels qui ont laissé leur empreinte. En raison de son rôle dans le développement multiculturel du pays, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada a classé la voie comme lieu historique national en 1996.

La rue Saint-Laurent apparaît en 1717, comme chemin de communication entre la ville et la côte Saint-Laurent, vers le nord de l’île. Ce chemin de campagne, qui devient vite la Grande rue du faubourg Saint-Laurent, commence de l’autre côté des fortifications, et s’aligne dans l’axe de la rue Saint-Lambert située, elle, à l’intérieur de la ville fortifiée et tracée dès 1672. La rue Saint-Lambert est très courte, commençant à la rue Notre-Dame pour se terminer à la limite du territoire prévu pour la ville, de l’autre côté de la rue Saint-Jacques. Son nom honore Lambert Closse, l’un des compagnons de Maisonneuve, tué en 1662 lors d’une escarmouche avec les Iroquois. En 1905, la Ville donne à l’ensemble le toponyme « Saint-Laurent » et lui attribue le générique « boulevard » pour en souligner l’importance. Huit ans plus tard, elle prolonge la voie vers le sud, de la rue Notre-Dame jusqu’à la rue des Commissaires (devenue de la Commune). Le boulevard traverse alors la totalité de l’île, se terminant, au nord, au parc Nicolas-Viel et à la rue Somerville, près de la rivière des Prairies. Long de près de 11 kilomètres, il constitue un des axes nord-sud importants de l’agglomération, si bien que durant les années 1950, on projette d’y construire une autoroute surélevée. Connue aussi sous le nom de «Main», pour «Main Street», la voie joue plusieurs rôles. Artère commerciale puis manufacturière aux XIXe et XXe siècles, elle est aussi un lieu de spectacles populaires, de culture et de plaisirs illicites, ce qui lui donne un petit côté canaille. En même temps, elle joue le rôle de rue principale pour de nombreux quartiers ethniques qui jalonnent son parcours. Depuis le XVIIIe siècle, la voie sert de frontière pour diviser l’espace urbain. En 1792, dans la foulée de la loi constitutionnelle, la voie délimite le «Quartier Est» et le «Quartier Ouest», de la circonscription électorale de la Cité de Montréal; dans la vieille ville, la frontière passe par les rues Congrégation (probablement Saint-Lambert), Notre-Dame et Saint-Joseph. Plus tard, la voie servira souvent de limites dans les différents redécoupages des quartiers de la ville. De plus, en 1905, un règlement municipal officialise son rôle dans la division de la ville et la numérotation des adresses sur les rues est-ouest commence au chiffre 1, de part et d’autre de la voie. En 1961, pour faciliter la circulation, la Ville institue un sens unique vers le nord, depuis la rue Notre-Dame, jusqu’à la rue Jean-Talon. La voie traverse les arrondissements de Ville-Marie, du Plateau-Mont-Royal, de Rosemont–La Petite-Patrie, de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et d’Ahuntsic-Cartierville. Les sept segments de la voie sont traités dans l’ordre géographique plutôt que chronologique.

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