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Le stade de Lorimier et le parc Jarry

19 janvier 2016
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Deux stades aujourd’hui disparus ont successivement été associés au baseball professionnel à Montréal. Populaires et conviviaux, ils ont pourtant été remplacés par de plus grandes structures.

Le stade de Lorimier

Parc De Lorimier - baseball

Photographie d'une foule nombreuse assistant à un match de baseball.
Match de baseball au parc Delorimier, Montréal, QC, vers 1933, par N. M. Hinshelwood, Musée McCord, MP-1985.31.187.
C’est dans un tout nouveau stade construit à l’angle des rues Ontario et de Lorimier que le club montréalais, les Royaux, amorce sa saison locale au mois de mai 1928. Sous la responsabilité de Louis Athanase David, député de Terrebonne à l’Assemblée nationale du Québec, la Compagnie de l’Exposition de Montréal entreprend la construction de ce nouveau stade en janvier 1928 pour le terminer à temps pour le début de la saison en avril.

Selon différentes sources de l’époque, le coût de construction du stade a varié entre 850 000 dollars et 1,5 million de dollars. « Un des plus beaux stades des ligues mineures et mieux que certains des majeures », soutenait le commissaire du baseball majeur, le juge Kenesaw Mountain Landis. La clôture, d’une hauteur de 40 pieds, était ornée d’un imposant tableau indicateur qui en faisait toute la hauteur. Malgré la hauteur de la clôture, il n’était pas rare de voir des circuits se terminer sur les murs de l’usine Knit-to-fit de l’autre côté de la rue.

De 1928 à 1960, le stade de Lorimier a vibré au rythme des Royaux de Montréal. Pour certains d’entre nous, les noms de Duke Snyder, Don Drysdale, Jackie Robinson et Tommy Lasorda évoquent les grands joueurs qui sont passés à Montréal. L’équipe montréalaise était la filiale des Dodgers de Brooklyn, ce qui signifie que les meilleurs joueurs en devenir venaient jouer à Montréal avant de tenter leur chance dans le grand club.

Dans un petit stade d’une capacité d’environ 25 000 personnes, un contact privilégié s’est établi entre les Montréalais et les joueurs des Royaux. L’aventure se termine à la fin de la saison 1960 lorsque l’équipe est transférée à Syracuse. Le stade de Lorimier est détruit en 1965 pour faire place, en 1971, à la polyvalente Pierre-Dupuy.

Le parc Jarry

Expos - parc Jarry1970

Photographie du stade et de la foule assistant à un match de baseball.
La foule au parc Jarry, 8 avril 1970, Archives de la Ville de Montréal, VM94-E2581-053.
Bien qu’il soit associé aujourd’hui au tennis, le parc Jarry a longtemps évoqué le baseball à Montréal. Moins de dix ans après la mort des Royaux, les Expos de Montréal naissent, le 27 mai 1968, devenant ainsi la première équipe du baseball majeur à l’extérieur des États-Unis. Le parc Jarry, situé dans le quadrilatère formé par les rues Saint-Laurent, Faillon, Jarry et Durocher, accueille la première partie des Expos le 14 avril 1969. Ne pouvant, au départ, recevoir que 3 000 personnes, le stade du parc Jarry est agrandi afin d’accroître sa capacité d’accueil à 28 456 spectateurs.

Expos - parc Jarry Rusty Staub

Photographie du batteur Staub et de ses coéquipiers en action lors d'un match.
Rusty Staub au bâton lors de la seconde moitié de la 3e manche, Archives de la Ville de Montréal, VM94-E2581-055.
La proximité des spectateurs, la gentillesse des joueurs de l’équipe et l’esprit familial qui se dégageait du parc Jarry lors des matchs font en sorte que, rapidement, les Expos sont surnommés Nos z’amours. Les gens vont voir les matchs malgré les piètres performances de l’équipe durant les premières années. Des joueurs comme « Coco » Laboy, Rusty Staub, Mack Jones et Bill Stoneman demeurent dans la mémoire de plusieurs Montréalais, tant pour leur talent que pour leur attitude de gentilhomme envers les partisans de l’équipe. Malgré la popularité du parc Jarry et l’esprit qui y règne, l’endroit cause certains maux de tête au propriétaire des Expos, Charles Bronfman. L’emplacement du parc au nord de la ville ainsi que la petite taille du stade entraînent le déménagement des Expos en 1977 au Stade olympique; un stade qui peut accueillir près du double de spectateurs pour un match de baseball, soit près de 50 000 personnes.

Expos au stade olympique en 1991

Photographie couleur d'un match. À l'avant-plan, un joueur dont le chandail affiche le numéro 11 est en attente.
George Bell des Cubs dans le cercle d’attente, 31 mai 1991, Archives de la Ville de Montréal, VM94-U5856-053.
Cet article est paru dans le numéro 42 du bulletin imprimé Montréal Clic, publié par le Centre d’histoire de 1991 à 2008.