Collège Notre-Dame

Légende : Collège Notre-Dame
Credit : Air Imex Ltée, 2015

Historique d'ensemble

Genèse de l’institution

Originaire de France, la congrégation de Sainte-Croix essaime au Canada à partir de 1848, avec la fondation du Collège Saint-Laurent. Cette même année, les frères de Sainte-Croix prennent en charge l’enseignement paroissial dans le village de la Côte-des-Neiges, où ils dirigent une école primaire jusqu’en 1855. La communauté connaît donc bien ce secteur de la montagne lorsqu’elle procède à l’achat de l’hôtel Bellevue en 1869, afin d’y établir un pensionnat pour garçons : le Collège Notre-Dame. Ce nouvel établissement permettra notamment de désengorger le Collège Saint-Laurent, surpeuplé, tout en assurant le monopole de la congrégation au nord-ouest de Montréal. Le lieu choisi est à la croisée des deux voies principales du village de la Côte-des-Neiges. Entouré d’une nature luxuriante et doté d’une vue imprenable sur la montagne, l’hôtel converti en collège est l’endroit idéal pour étudier et prier dans le calme, loin de l’agitation et de la pollution urbaines. C’est d’ailleurs sur ce site avantageux que la communauté établit sa maison-mère et son noviciat. Les élèves et les religieux sont rapidement à l’étroit dans le bâtiment de l’hôtel acquis au début, et la construction d’un édifice mieux adapté aux diverses fonctions de l’institution s’avère indispensable. Le premier pavillon du collège est érigé en 1881. D’autres ailes sont aménagées ensuite, alors que le l’institution d’enseignement bonifie son programme éducatif et nécessite toujours plus d’espace. Les frères exploitent l’immense terrain de leur propriété en y aménageant des jardins et des vergers. La présence d’une carrière de pierre sur le site fournit également les matériaux pour la construction des premiers édifices. La renommée du Collège Notre-Dame s’accroît rapidement, en même temps que le nombre d’élèves et de pensionnaires, dont certains viennent même des États-Unis. L’institution compte aussi un personnage célèbre parmi son personnel, le frère André. Ce dernier, portier du collège durant plus de 30 ans, voue une dévotion particulière à saint Joseph et pratique des guérisons considérées miraculeuses. Initiateur de la construction de l’Oratoire Saint-Joseph, il est à l’origine du lien étroit que partage le Collège Notre-Dame avec cette institution, située juste en face.

Phases d’aménagement et de construction

La propriété initiale du Collège Notre-Dame, orientée d’est en ouest, prend de l’expansion avec l’acquisition de terrains adjacents dans les dernières décennies du 19e siècle. L’institution se développe au fil des besoins, jusqu’à former un vaste complexe de 18 bâtiments. Le premier bloc d’édifices, dont la devanture forme une longue enfilade en bordure du chemin Queen-Mary, constitue un ensemble homogène en raison de ses caractéristiques architecturales similaires. Ces cinq pavillons en pierre, composant un plan en F majuscule, sont érigés entre 1881 et 1929. La plupart s’inscrivent dans le courant Second Empire et sont coiffés d’un toit mansardé, afin de s’harmoniser au premier bâtiment qui a servi de modèle. La distribution des fonctions suit alors un ordre précis : les édifices voués principalement à l’enseignement se trouvent en front d’îlot, tandis que les bâtiments abritant des fonctions connexes, comme la chapelle et la résidence des sœurs responsables des travaux domestiques, sont implantés perpendiculairement à l’arrière. Au milieu des années 1930, l’aménagement paysager du collège subit des transformations importantes avec la création d’un arboretum, conçu par l’architecte-paysagiste Henri Nottet. Une seconde phase majeure de construction marque les années 1950 à 1970. À cette époque, l’importance accrue accordée à l’exercice physique dans le milieu de l’éducation mène la plupart des établissements scolaires de prestige à se doter d’équipements sportifs modernes. Aréna, gymnase, piste d’athlétisme viennent notamment s’ajouter au complexe du collège. Les nouveaux pavillons, situés à l’ouest et à l’arrière de la propriété, se démarquent par leur architecture appartenant au mouvement moderne. Deux d’entre eux, le Centre Notre-Dame et le pavillon Lefebvre, ont été conçus par l’architecte Gérard Notebaert. Ancien élève du collège, ce dernier a aussi été engagé par la congrégation de Sainte-Croix pour superviser l’aménagement intérieur de l’Oratoire Saint-Joseph. En 1960, il conçoit un plan de développement du collège, le premier d’ailleurs commandé par l’institution. Ce plan aux proportions gigantesques ne sera toutefois pas réalisé dans son intégralité. D’autres bâtiments aux fonctions utilitaires ou liés aux activités religieuses de la congrégation se greffent à l’ensemble du Collège Notre-Dame. Ceux-ci ne sont toutefois pas rattachés à des phases précises de construction ou à des blocs homogènes. La plupart, comme les maisons Saint-Joseph et Dujarié, sont par ailleurs implantés en marge de la propriété. Enfin, un plan directeur d’aménagement du collège, conçu en 2012, apportera certaines modifications au site de l’institution, dont la démolition de dépendances et la construction d’un centre sportif.

L’ensemble dans l’histoire du site patrimonial du Mont-Royal

La congrégation de Sainte-Croix fait partie des premières communautés religieuses qui s’implantent sur le mont Royal durant la deuxième moitié du 19e siècle. À l’époque, ce milieu encore rural présente de nombreux attraits pour ces communautés à la recherche d’un environnement calme et salubre propice à l’établissement de couvents, d’institutions de santé et d’enseignement. En 1896, les Pères et les Frères de Sainte-Croix font même l’acquisition de terrains situés de l’autre côté de la rue, au pied de la montagne, afin de prévenir l’installation de voisins dérangeants. C’est sur ce site que sera érigé plus tard l’Oratoire Saint-Joseph. Dès les premières décennies du 20e siècle, le quartier Côte-des-Neiges s’urbanise, ce qui entraîne des répercussions sur la propriété du collège. En 1912, l’institution vend une partie considérable de ses terrains à l’ouest, où se trouve aujourd’hui l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. Le site du collège devient de plus en plus un écrin de verdure au milieu d’un environnement toujours plus densément construit. Les agrandissements et les ajouts de nouveaux pavillons démontrent que le collège désire acquérir une certaine prestance face à la « compétition » créée par les autres ensembles institutionnels nouvellement implantés dans le secteur. En effet, les bâtiments imposants de l’Université de Montréal, du Collège Brébeuf, de l’Oratoire ainsi que de couvents et d’hôpitaux réduisent quelque peu l’impact qu’avait l’ensemble du collège dans le paysage bucolique des débuts. La phase d’expansion et de construction entamée durant les années 1950, le percement de la rue Jean-Brillant vers 1960 puis l’inévitable besoin de stationnements ont eu pour effet de réduire les espaces verts de la propriété. Le Collège Notre-Dame a cependant conservé un aménagement paysager soigné qui marque toujours un lien visuel avec l’Oratoire Saint-Joseph. Les deux institutions, fondées par la même congrégation, ont su tirer avantage du site exceptionnel de la montagne pour créer une véritable mise en scène architecturale et paysagère.

Localisation

Auteur : 
Ville de Montréal

Sujet

Localisation des bâtiments de l'ensemble Collège Notre-Dame
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