Depuis 1996, pratiquement toutes les eaux usées de l'île de Montréal – à l'exception de celles des raffineries de pétrole qui possèdent leurs propres systèmes d'assainissement – aboutissent à la station d'épuration de Rivière-des-Prairies. On y traite les eaux rejetées par 1 million de ménages, des dizaines de milliers de commerces et institutions et des milliers d'entreprises industrielles – parmi lesquelles une centaine qui y rejettent plus de 100 000 m3 d'eaux usées chaque année.
La conception et la construction de ce réseau intégré de collecte et d'interception des eaux usées sur l'île de Montréal et leur traitement physico-chimique dans une méga usine avaient démarré en 1970. Les travaux ont duré 25 ans et nécessité des dépenses de 1,4 milliard de dollars.
La station a été conçue pour enlever les matières en suspension (MES) et le phosphore (PO4) de toutes ces eaux usées. Elle doit rencontrer, en regard de ces paramètres, les objectifs fixés par le ministère des Affaires municipales et de la Métropole. L'effluent de la station doit pour sa part respecter des objectifs établis par le ministère de l'Environnement du Québec quant au rejet de plusieurs substances polluantes afin de préserver les usages aquatiques potentiels du cours d'eau récepteur.
À lui seul, le traitement primaire effectué à la station occasionne des dépenses de plus de 50 millions de dollars par année! Ce budget couvre l'ensemble des coûts, depuis le pompage des eaux usées vers l'intérieur de l'usine, leur dégrillage et leur dessablage, jusqu'au traitement des boues et des écumes des bassins de décantation en passant par l'entretien des équipements, les contrôles de qualité et l'achat des produits chimiques nécessaires à l'étape du traitement physico-chimique proprement dit.
Le traitement effectué à la station d'épuration réduit d'environ 80 % les charges de matières en suspension et de phosphore déversées au fleuve. Il ne permet toutefois pas d'éliminer adéquatement d'autres contaminants, tels les métaux lourds, les cyanures ou les composés phénoliques.
Ceux-ci doivent donc conséquemment être réduits à la source.