Quartiers disparus


Une exposition-documentaire du Centre d’histoire de Montréal

Du 15 juin 2011 au 25 mars 2012 - Prolongation jusqu'au 1er septembre 2013

Ce que j'ai trouvé le plus difficile c'est quand on a vu la démolition se faire. [...] Y'a pu de traces de ton enfance. On peut pu dire "Moi, j'suis née là", "Moi, j'ai grandi là". Ben non, ct'un stationnement, pis une tour.

Jeanelle Bouffard, ancienne résidante du Faubourg à m'lasse.

Une ville n’est pas un objet figé, c’est un corps en perpétuel mouvement, en perpétuel changement. Cette évolution inéluctable s’est incarnée à Montréal dans la disparition de quartiers entiers entre 1950 et 1975, période de modernisation mondiale. Les raisons officielles des démolitions furent un manque de salubrité des logements existants et les besoins créés par de grands projets : l’Exposition universelle de 1967 et les Jeux olympiques de 1976. Montréal était à un moment charnière de son histoire!

Ma récompense, c’est d’avoir largement contribué à transformer la ville que déjà nous aimions en ville que nous aimons encore plus.

Discours de démission de Jean Drapeau, dans Benoît Gignac, Le Maire qui rêvait sa ville, Montréal, Éditions La Presse, p.246.

La ville a alors réalisé un travail d’inventaire considérable des habitations ciblées, fournissant à la postérité des archives photographiques sur la vie de l’époque. Dans une volonté de ressusciter ces quartiers disparus, l’équipe du Centre d’histoire de Montréal a réalisé un travail de collecte de mémoire auprès des habitants du Red Light, de Goose village et du Faubourg à m’lasse, mais aussi auprès des experts de la ville et des acteurs des démolitions.

Dès les premières minutes d’exploration dans l’exposition, le visiteur est confronté à un constat troublant : des quartiers entiers ont été rasés. Ces lieux de vie communautaire prennent l’allure d’une ville bombardée.

Il découvre ensuite les raisons de tout ce branle-bas. On veut résoudre les maux de la ville : éliminer les taudis et moderniser Montréal pour faire face aux défis du 20e siècle. Les urbanistes, architectes et ingénieurs, d’hier et d’aujourd’hui, témoignent de la nécessité d’une rénovation urbaine majeure qui se voulait une promesse de renouveau, l’espoir d’une cité radieuse où il ferait bon vivre.

Quartiers disparus, Red Light, Habitations Jeanne-Mance

Puis le visiteur constate le travail d’inventaire réalisé par les fonctionnaires de la Ville de Montréal : les milliers de résidences à démolir ont été systématiquement photographiées et numérotées. Témoins de cette époque, des Montréalais d’aujourd’hui font découvrir leur quartier d’alors. Le Red Light, Goose Village et le Faubourg à m’lasse renaissent dans des espaces qui plongent le visiteur dans des milieux de vie, aujourd’hui disparus!

It's just like a death. Part of you, part of your history died that day when they choose to put Expo 67. So you go to that process of grieving the same way as you would do a death. because that's something tha's loss. The memories are still there [...] but the place is not there, people are gone.

Frances Ortuso, ancienne résidante de Goose Village.

Le parcours se termine par un espace qui interroge le visiteur sur son rôle de citoyen : capacité de mobilisation, de réflexion et sa vision de la ville du futur.

L’urbanisme ça vous concerne, ça vous regarde et vous devriez vous y intéresser davantage […] Qu’est-ce qui se passe en matière d’urbanisme, ça concerne tout le monde. Ça a des impacts sur tout le monde. Être citoyen devrait vouloir dire être interpellé par les questions d’urbanisme, les questions d’architecture, les questions de paysages.

Gérard Beaudet, professeur d’urbanisme, Université de Montréal.

Quartiers disparus, Radio-Canada, Le faubourg à m'lasse

Des visites de presse, des entrevues avec les concepteurs de l’exposition ainsi que des documents visuels et audiovisuels sont disponibles sur demande pour les médias.

Renseignements médias :

André Gauvreau
andregauvreau@ville.montreal.qc.ca

Ce projet bénéficie du soutien financier du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et de la Ville de Montréal dans le cadre de l'Entente sur le développement culturel de Montréal 2008-2011.