Fil de tendresse, fio de ternura

Fil de tendresse, fio de ternura

Du 1er février au 14 mai 2017

Coisinha fofa da avó, meu torrãozinho de açúcar, meu docinho de mel, carinha mais linda do mundo... la douceur de grand-mère, mon petit morceau de sucre, ma douceur de miel, le plus beau visage du monde... Une liste infinie de mots doux, que l’amour que l’on voue aux petits-enfants nous permet facilement de trouver pour nous exprimer.

 

Le rôle des grands-parents évolue, mais il traverse toutes les époques et les communautés. Le Centre d’histoire de Montréal accueille l’exposition de photos et de témoignages Fil de tendresse, dans laquelle grands-parents et petits-enfants sont unis à travers les regards personnels de trois Montréalais d’origine portugaise : Joaquina Pires, commissaire de l’exposition, Fernando dos Santos, photographe, et Francisco Peres, vidéaste.

Tous trois retranscrivent les mots, les images et les voix qui décrivent les liens entre les aînés et les jeunes de leur communauté. En résulte un regard sensible où l’histoire plus factuelle fait place à l’expression sensible. Ce portrait, aussi intime et spécifique soit-il, est ainsi révélateur pour nous tous.

Il était une fois

C’est lors de la lecture d’un texte d’Emanuel Melo, Avô lives alone (Grand-maman vit seule) que Joaquina Pires est prise d’une émotion tellement forte, qu’elle ne peut contenir ses larmes. Sensible à la solitude que pouvaient ressentir les aînés de sa communauté, elle décida de monter ce grand projet avec ses deux amis afin de capter des regards, des gestes, des mots entre les grands-parents et les petits-enfants.

Les témoignages ont été recueillis dans le cadre d’une démarche de collecte initiée en 2003. A cette date, la communauté portugaise célèbre 50 ans de présence à Montréal et l’exposition Encontros du Centre d’histoire de Montréal leur rend hommage à travers l’histoire et leur identité portugaise. En 2017, l’approche est plus émotive et touche par son universalité tous les Montréalais de tous les horizons.

Des liens intergénérationnels universels

Les aînés ont compris que la « langue de la tendresse et des câlins » se transmet au-delà de la situation géographique. En effet, la migration de la communauté portugaise à Montréal aurait pu être un obstacle à la transmission culturelle ou au maintien des liens familiaux dû à l’éloignement et à la solitude. Pourtant, des liens sont ainsi tissés entre les grands-parents et les petits enfants : s’écouter, s’apprivoiser, s’aimer, les paroles révèlent ainsi le passé et créent des liens entre les générations. Ce lien est universel, fort et intime, il se maintient : les « graines de tendresse » sont semées et peuvent porter fruit malgré les changements sociaux et familiaux de l’époque actuelle. Malgré les difficultés, certains remplacent les parents absents ou disparus d’autres deviennent des confidents ou transmettent un précieux savoir-faire. Les textes, les photos et les entretiens, témoignent de cette complicité et cette admiration réciproque.