Services destinés à des groupes et enjeux spécifiques

L’itinérance est un problème social complexe aux causes multiples. Au cours de leur vie, ces personnes s’isolent graduellement et se vulnérabilisent. Un milieu familial difficile ou des événements négatifs marquants comme un deuil, une séparation ou une perte d’emploi peuvent les mener à la rue. En lien ou en conséquence de ces causes, plusieurs personnes itinérantes souffrent de troubles de santé mentale, ce qui contribue à leur stigmatisation et freine leur réinsertion sociale.

Afin d’accompagner les personnes itinérantes dans un processus de reprise de pouvoir sur leur vie, les services communautaires et publics qui s’adressent à elles ciblent certains groupes ou certains enjeux.

Jeunes

Les trajectoires de vie des jeunes peuvent être très diversifiées. Ils sont toutefois plus susceptibles d’être propriétaires d’animaux, d’être en couple ou de vivre une itinérance de façon cyclique ou saisonnière. Les jeunes de la rue adoptent aussi des stratégies de survie et résidentielles différentes de leurs aînés, allant du refuge d’urgence au squat, ce qui rend l’estimation de leur nombre plus difficile.

La Ville de Montréal soutient une quinzaine d’organismes œuvrant auprès d’une clientèle de jeunes sans-abri et travaille de concert avec les Centres jeunesse qui hébergent plusieurs jeunes vulnérables. 

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Femmes

Puisque les femmes évitent autant que possible de vivre dans la rue, on les retrouve davantage en itinérance cachée. En itinérance visible, elles sont plus présentes dans des logements transitoires ou des refuges que dans des lieux publics. Elles adoptent diverses stratégies pour trouver des logis, comme être hébergée chez des proches ou offrir des services sexuels à des hommes en échange d’un toit. Le parcours de vie des femmes itinérantes est souvent marqué par la violence et les abus de toutes sortes. Une approche complexe de reconstruction psychologique, physique et sociale doit donc guider les interventions qui sont menées auprès d’elles.

Au total, Montréal compte 27 ressources destinées spécifiquement aux femmes : 3 refuges, 10 ressources d’hébergement à court ou moyen terme, 7 ressources d’hébergement à long terme ou logement de transition et 7 ressources offrant du logement social avec soutien communautaire.

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Premières nations et Inuit 

À Montréal, comme dans les autres grandes villes canadiennes, les Premières Nations et Inuit sont largement surreprésentés au sein de la population itinérante. Les enjeux reliés à cette clientèle sont complexes et ne peuvent être compris hors d’une analyse sociohistorique tenant compte de leurs particularités culturelles.

La Ville de Montréal travaille à arrimer les informations entre les programmes d’aide et les différentes ressources communautaires notamment par le biais de projets inclusifs et adaptés, tels que des espaces de socialisation et de transmission culturelle appropriées. Cela améliore leur qualité de vie et aide à briser l’isolement.

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Vieillir dans la rue

La population itinérante visible de la Ville de Montréal comprend un nombre important de personnes âgées de 50 ans et plus. Ce sont principalement des hommes en situation d’itinérance chronique. Cette situation exige des soins et des services de santé adaptés pour une population vieillissante et une approche réaliste pour les programmes de réinsertion qui leur sont destinés. En effet, peu d’entre eux possèdent les conditions de santé mentale ou physique nécessaires pour retourner dans un emploi à temps plein. Certains ont épuisé toutes leurs ressources ne leur laissant plus que l’aide sociale comme revenu et celle-ci est souvent insuffisante compte tenu de leurs besoins de soins de santé particuliers.

Les services entourant cette clientèle doivent donc prioriser une offre de logements à longue durée de séjour et des services de santé adéquats pour les personnes âgées en situation d’itinérance.

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Santé urbaine et itinérance

De vivre dans la rue résultent des ennuis de santé récurrents. Les problèmes de santé mentale sont communs parmi les personnes itinérantes et le suivi médical est très difficile. S’y ajoutent des problèmes liés à la consommation de drogue qui posent un défi important pour les organismes travaillant auprès de cette clientèle. C’est pourquoi le traitement des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) est l’objet de partenariats multiples avec les services de santé.

Dans le but de diminuer le taux d’infection, le taux de décès par surdose et les problèmes de sécurité dans les espaces publics, la Direction de la Santé Publique a déposé une demande d’exemption de la loi sur les drogues au Bureau des substances contrôlées de Santé Canada en août 2015 afin de mettre sur pied, à Montréal, le premier projet de site d’injection supervisé dans la province.

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Logement social et soutien communautaire

Le logement fait toujours partie des solutions nécessaires pour sortir de la rue. Afin de prendre en compte la diversité des besoins, la Ville de Montréal gère et appuie financièrement des programmes d’aide à l’habitation, qui permettent de soutenir des projets de logement - permanents ou de transition - issus de la collectivité.

Depuis 2002, plus de 1800 logements et chambres ont ainsi pu voir le jour, soit dans des bâtiments neufs, soit dans des immeubles achetés et rénovés par des partenaires sans but lucratif (OBNL). Les projets ont des impacts sur leurs occupants et des retombées sont visibles dans les quartiers où ils s’implantent. De plus, par divers moyens, la Ville poursuit une action vigoureuse pour assurer le maintien d’une offre de logements abordables (incluant des logements sociaux) sur son territoire. C’est une façon tangible de réduire les risques d’itinérance.

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Dernière mise à jour : mars 2016.