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Crue des eaux

Phénomène

Crues des eaux

Une inondation est la submersion d’une zone en bordure d’un cours d’eau lorsque le volume de celui-ci dépasse la capacité de son lit. Les inondations importantes ont lieu habituellement au printemps lors de la fonte des neiges, en période de forte pluies, mais également en hiver lorsqu’il y a formation de frasil (voir section Types de crues). Une hausse rapide et importante du niveau d'eau peut également survenir lors d'une rupture de barrage.

Se préparer et se protéger

Risque à Montréal

Processus d’inondationLes stations télémétriques et les zones inondables
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Les arrondissements et les villes situées sur les rives de la Rivière-des-Prairies sont les plus susceptibles d’être inondés. Les principaux secteurs touchés sont :

  • Île-Bizard–Sainte-Geneviève
  • Pierrefonds-Roxboro
  • Ahuntsic-Cartierville
  • Montréal-Nord
  • Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

La rivière des Prairies est principalement alimentée par le lac des Deux-Montagnes et la rivière des Outaouais qui est le principal affluent du bassin versant de l’Outaouais. La partie nord (environ 33%) de ce bassin est contrôlée par des barrages qui retiennent une certaine quantité d’eau pour des besoins énergétiques. La partie sud du bassin (environ 67%) s’écoule directement dans la rivière des Outaouais et le débit est en relation directe avec les précipitations et la fonte des neiges du printemps dans les tributaires situés en amont. L’augmentation du niveau des eaux de la rivière des Prairies est causée par trois phénomènes bien distincts : la crue, la formation d’embâcle ou le frasil.

Le risque d’inondation est moindre pour les arrondissements et les villes situés au sud de l’île de Montréal (le long du fleuve Saint-Laurent).

Types de crues

Crue des eaux printanières

Crue printanièreLa crue des eaux printanières se produit généralement du début avril à la fin mai. L’augmentation du niveau des eaux est directement reliée au débit provenant de la rivière des Outaouais. Ces débits varient selon le croisement de plusieurs facteurs, mais principalement selon la quantité de neige reçue durant le dernier hiver et la rapidité de celle-ci à fondre au printemps.

Les embâcles

Il y a formation d’embâcles normalement lors d’une période importante de dégel, soit du début avril à la fin mai. Depuis quelques années, les changements climatiques ont contribué à ce que surviennent des périodes de dégel en janvier et en février. Les embâcles se forment lorsque les glaces qui se détachent du couvert de glace s’accumulent à un endroit précis de la rivière, créant ainsi un obstacle à l’écoulement normal. Les embâcles peuvent être causés par des phénomènes anthropiques, tels que le bris d’estacades servant à la formation de couverts de glace.

Le frasil

Il y a formation de frasil lorsque des températures très froides succèdent à une période de temps plus doux. Ce phénomène est observable entre la fin décembre et la fin février.

Dans les secteurs plus étroits de la rivière, la vitesse de l’eau est plus grande et il n’y a pas de formation de couvert de glace. L’eau est donc en contact constant avec de l’air très froid qui forme du frasil. Le frasil peut ressembler à de la « slush », c’est-à-dire un mélange de cristaux de glace et d’eau.

Retrocaveuse amphibexe pour briser les accumulations de frasilLes cristaux de frasil se mélangent à l’eau et se déplacent avec celle-ci. C’est en arrivant dans des secteurs plus larges de la rivière que la vitesse d’écoulement ralentit. La présence d’un couvercle de glace permet au frasil de s’accumuler sur des épaisseurs pouvant aller jusqu’à 8 mètres. Le frasil se condense et forme une barrière qui obstrue l’écoulement.

Le bris de barrage

Bris de barrageUne étude sur les bris de barrage indique que certains secteurs du sud de l’île, particulièrement aux abords du canal Lachine et dans le port de Montréal, seraient inondés advenant le bris d’un barrage hydroélectrique en amont de Montréal. Cette étude avait été faite à la suite du déluge du Saguenay en 1996. Une nouvelle réglementation sur la sécurité des barrages a depuis vu le jour, diminuant ainsi la probabilité qu’un tel événement se produise.

Impacts sur la population et les infrastructures

  • Problèmes au niveau du réseau des aqueducs et des égouts, par exemple un refoulement d’égouts
  • Dommages causés aux résidences et aux immeubles qui deviennent inondés
  • Routes inondées qui peuvent limiter l’accès à certains territoires ou nuire à la circulation
  • Dommages au réseau routier et ponts

Système de mesure et d’alerte

Processus d’inondationProcessus d’inondation
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Depuis janvier 2008, 18 stations télémétriques assurent un monitorage du niveau des eaux de la rivière des Prairies et du fleuve Saint-Laurent. Ces stations ont été installées à des endroits stratégiques sur le pourtour de l’île de Montréal (voir carte) et ont été calibrées avec les seuils historiques d’inondation des principales zones impactées.

Ces stations permettent de suivre l’évolution des niveaux d’eau et de déceler rapidement une situation qui pourrait devenir problématique. Selon des seuils établis, ce système permet d’identifier trois niveaux d’alerte. Ces niveaux définissent les actions à prendre et les mesures de prévention à mettre en place avant même que l’inondation ne survienne. Les alertes annonçant les différents niveaux sont envoyées aux intervenants concernés par messagerie texte.

PPI Crues des eaux

La hausse du niveau de ces cours d’eau peut occasionner, pour certains secteurs de l’agglomération de Montréal, des inondations de sévérités variables. L’objectif du plan particulier d'intervention (PPI) Crues des eaux est de prévoir et planifier les interventions qui sont sous la responsabilité des villes et des arrondissements en cas d’inondation afin de protéger la population ainsi que de leurs biens et l’environnement.

Critères pour déterminer le niveau de mobilisation

Les niveaux de mobilisation sont déterminés par les niveaux déclencheurs des stations télémétriques (voir section Système de mesure et d’alerte). Les niveaux 1, 2 et 3 sont des indicateurs qui correspondent à des niveaux d’eau de la rivière. Ces niveaux ne sont pas les mêmes pour toutes les stations et permettent la mise en place de mesures de prévention et de préparation à une crue.

Niveaux de mobilisation, indicateurs et actions

Stations télémétriques OSCAM Actions
Veille saisonnière
(décembre et janvier)
(mars et avril)
  • Surveiller les conditions météorologiques susceptibles d’entraîner la formation de frasil en hiver et les crues au printemps
Niveau 1 Normal
Moins de 3 critères sont atteints
  • Procéder à une surveillance plus intense
Veille
Au moins 3 critères sont atteints
  • Amorcer des opérations de surveillance et de vérification telles que l’inventaire du matériel d’intervention, la révision des procédures et l’intensification de la surveillance.
Niveau 2 Alerte
Au moins 3 critères sont atteints
  • Préparer les équipements d’intervention :
    • sacs de sable,
    • barricades,
    • pompes submersibles.
Niveau 3 Intervention
Au moins 4 critères sont atteints
  • Procéder à l’installation d’équipements d’intervention et amorcer la mise en œuvre de l’organisation des mesures d’urgence d’arrondissement relatives à la crue des eaux
  • Ouverture du CCMU et des centres d’opération d’urgence (COU) dans les arrondissements et villes liées.

Les essentiels

Info-Santé
8-1-1
Transports Québec
5-1-1
Ville de Montréal
3-1-1
Urgence
9-1-1

Centre antipoison

Service téléphonique sans frais
24 heures sur 24, 7 jours sur 7 1 800 463-5060