Écoterritoires

Corridor écoforestier de l’Île Bizard

Site privilégié d’observation d’oiseaux

Corridor écoforestier de l’Île Bizard Carte de l’écoterritoire.
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Ce vaste écoterritoire abrite une mosaïque de milieux naturels complémentaires. On y retrouve une grande zone agricole, le parc-nature du Bois-de-l’Île-Bizard, des rives naturelles, une forêt mature et un réseau exceptionnel de milieux humides et de cours d’eau. Témoins d’une autre époque, plusieurs murets de pierre qui marquaient la trame seigneuriale de séparation des lots sont encore bien visibles pour le visiteur averti.

À l’est de l’écoterritoire, le parc-nature du Bois-de-l’Île-Bizard couvre plus de 200 ha avec un imposant massif forestier en son centre. Le parc abrite une érablière sucrière à érable noir, désignée écosystème forestier exceptionnel par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec. On y trouve aussi deux cédrières, peu communes à Montréal. La forêt mature fournit des habitats de choix pour la nidification des oiseaux forestiers et des rapaces. Le parc-nature est d’ailleurs bien connu des amateurs d’observation d‘oiseaux (notamment aquatiques). Amphibiens et reptiles sont aussi très présents, compte tenu de la qualité du réseau de milieux humides. Les marécages arborescents (érablières argentées, frênaies noires, grande érablière rouge) constituent des habitats essentiels à la reproduction de plusieurs espèces de grenouilles et de salamandres, ainsi que du canard branchu. Parmi les espèces à statut précaire, on retrouve des oiseaux tels le petit blongios et le martinet ramoneur.

Deux bernaches nageant dans le maraisLa portion ouest de l’écoterritoire, qui englobe toute la zone agricole permanente, présente une alternance de champs et de friches, ainsi que des massifs forestiers. Les oiseaux de proie bénéficient tant des zones forestières qui leur procurent un habitat que de l’abondance de nourriture fournie par les milieux ouverts adjacents. On observe également de nombreux marécages arborescents dominés par l’érable argenté, qui favorisent la reproduction des amphibiens. De plus, à plusieurs endroits, les milieux riverains ont conservé un caractère naturel, notamment dans le secteur de la pointe Théorêt. On dénombre, dans la portion ouest, plusieurs espèces à statut précaire dont le chêne bicolore et la tortue géographique.

Actions de protection

Arbres, arbustes, fleurs, herbesEn août 2005, un processus d’acquisition dans le secteur de l’escarpement au sud du parc-nature du Bois-de-l’Île-Bizard a permis de soustraire 5,8 ha au projet de développement immobilier prévu. En 2006, la protection de 6,5 ha incluant l’érablière sucrière à érable noir est complétée.

Cette même année, le plan concept de l’écoterritoire du corridor écoforestier de l’Île Bizard est déposé, après un processus de consultation de la population. On y identifie 3 pôles au sein de l’écoterritoire (le pôle du parc-nature, le pôle champêtre et le pôle des milieux riverains), avec des objectifs de protection et de mise en valeur propres à chacun.

En 2008 et 2009, la consolidation du parc-nature se poursuit avec l’acquisition de terrains qui constituaient des enclaves privées dans le parc et l’acquisition du terrain de la Pointe-aux-Cèdres qui permet de donner au parc-nature une nouvelle fenêtre sur la rivière des Prairies, avec l’aménagement d’un sentier et de deux belvédères. Une acquisition a aussi été faite dans le secteur de la Pointe Théoret.

Un projet de paysage humanisé est à l’étude pour l’ouest de l’île Bizard. Il s’agit de la création éventuelle d’une aire protégée telle que définie par la Loi sur la conservation du patrimoine naturel du Québec. Le statut de paysage humanisé reconnaît l’importance du maintien des activités humaines (dans ce cas, les activités agricoles), car elles contribuent à la biodiversité et à la conservation de paysages remarquables. Une table de concertation travaille à préciser les objectifs d’un tel projet et les moyens à mettre en œuvre pour sa réalisation. Les travaux de la table de concertation ont permis d’élaborer un dossier de demande de reconnaissance qui a été approuvé par les instances décisionnelles municipales à l’automne 2014. Ce dossier a été transmis en janvier 2015, au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Le Ministère a confirmé en septembre 2015 que le projet correspond à ses exigences pour se qualifier comme paysage humanisé. Les prochaines étapes dans le traitement de la demande de reconnaissance sont l'élaboration et l'approbation d'un plan de conservation et de mise en valeur.
Pour plus d’information, voir le site de l’arrondissement L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève : www.ville.montreal.qc.ca/ibsg

Objectifs de conservation et d’aménagement (2015)

  • Préserver l’intégrité des écosystèmes d’intérêt situés dans des territoires en développement
  • Consolider les limites des parcs-nature du Cap-Saint-Jacques et du Bois-de-l’Île-Bizard
  • Créer un corridor écologique et récréatif entre la pointe Théorêt (extension du parc-nature du Cap-Saint-Jacques), le lac des Deux Montagnes et le parc-nature du Bois-de-l’Île-Bizard
  • Protéger et mettre en valeur le secteur ouest de l’île par le renforcement de la biodiversité, tout en assurant le maintien et la croissance des activités agricoles, la mise en valeur du patrimoine
    et des paysages ainsi que le développement des activités récréotouristiques et éducatives.