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Plantes envahissantes

Une menace pour la biodiversité

Nerprun cathartique, crédits photo Gaby KassasAgrandir Nerprun cathartique,
crédits photo Gaby Kassas

Sur le territoire montréalais, les parcs de grande superficie et les écoterritoires jouent un rôle de gardiens pour la conservation des habitats naturels, de la flore et de la faune. C’est dans ces espaces que l’on peut mieux préserver l’intégrité de la biodiversité. Les milieux naturels sont toutefois menacés, notamment par l’envahissement d’espèces végétales exotiques qui modifient la composition, la structure et les fonctions des écosystèmes présents. Il est impérieux de s’assurer de l’intégrité des milieux naturels et d’optimiser leur efficacité à préserver la diversité biologique de notre patrimoine naturel.

Une plante est jugée « envahissante » lorsqu’elle pousse et se reproduit de façon à supplanter la végétation indigène d’origine d’un habitat. Résultat, le nombre d’essences d’arbres, d’arbustes ou de plantes diminue, le paysage devient monotone et le territoire, vulnérable. L’équilibre des écosystèmes est menacé, car une biodiversité végétale déficiente a aussi des conséquences sur la faune.

Le problème de l'envahissement des régions naturelles de l'Amérique du Nord par certaines plantes, en particulier par des espèces d'origine eurasienne, remonte aux débuts de la colonisation par les Européens. Depuis ce temps, les milieux naturels sont investis par un nombre croissant de plantes envahissantes, en plus d’être fréquemment soumis à une diminution de leur superficie. Cette situation se présente à Montréal, comme ailleurs.

Espèces végétales envahissantes à Montréal

Fruits du nerprun, crédit Gaby KassasAgrandir Fruits du nerprun,
crédit Gaby Kassas

Montréal prend au sérieux la menace des espèces envahissantes. La liste des espèces envahissantes susceptibles de se retrouver dans les milieux naturels et les espaces verts a été intégrée à l’annexe IV du Schéma d’aménagement et de développement de l’agglomération de Montréal, en vigueur depuis avril 2015 (pour consulter la liste, veuillez vous référer à la section « Publications » ci-haut). Tel qu’indiqué dans le Schéma, « la réglementation d’urbanisme d’une municipalité ou d’un arrondissement doit prévoir qu’aucune espèce envahissante indiquée à l’annexe IV ne peut être utilisée sur un emplacement situé à moins de 100 mètres d’un milieu naturel protégé ou en voie de l’être ou d’un parc local comprenant des milieux naturels d’intérêt, indiqués à la carte 15 – Territoires d’intérêt écologique » (Document complémentaire, p.155).

Vous trouverez au bas de cette page Internet des exemples de plantes envahissantes préoccupantes pour les milieux naturels à Montréal.

Contrôle de plantes envahissantes

Selon les espèces et l’habitat où elles se sont établies, différentes méthodes peuvent être utilisées pour le contrôle ou l’éradication des espèces végétales envahissantes, telles que la coupe répétée des tiges (annuellement ou à plusieurs reprises par année), l’arrachage, l’essouchage des plants, etc.

Depuis 2006, des expériences de contrôle des plantes envahissantes ont été réalisées dans les grands parcs lors de journées d’actions environnementales, notamment dans le parc du Mont-Royal avec les Amis de la montagne, ainsi que dans le cadre de projets d’aménagement dans le parc du Mont-Royal et les parcs-nature du Cap-Saint-Jacques, du Bois-de-Liesse, du Bois-de-Saraguay, de l’Île-de-la-Visitation et de la Pointe-aux-Prairies.

Le nombre d’espèces de plantes envahissantes dans les grands parcs est significatif et pour certaines plantes, la densité est élevée. Le défi est certes grand, mais chacun des projets de contrôle mis de l’avant est important et permettra, petit à petit, de rétablir la biodiversité dans une perspective territoriale générale et de contribuer à assurer et à maintenir l’intégrité des milieux naturels, qui représentent une des composantes importantes du paysage montréalais.

Exemple d’un projet de contrôle du  nerprun

Depuis quelques années, les efforts de contrôle ont eu pour cible le nerprun cathartique et le nerprun bourdaine, des plantes exotiques originaire d’Europe. Ces arbustes supplantent rapidement les espèces indigènes et, du même coup, nuisent à la régénération naturelle d’un site.

La progression du nerprun cathartique dans l’écoterritoire des sommets et des flancs du mont Royal suscitait des inquiétudes. Ainsi, en 2008, la Ville de Montréal y a réalisé un projet-pilote d’intervention sur le nerprun, lequel comportait deux volets : 1) la protection, la conservation et la mise en valeur des milieux naturels et 2) l’intégration de jeunes dans un projet d’intervention sur les plantes envahissantes, tout en leur offrant une expérience de travail d’été. Pour cette première expérience, des interventions ont été effectuées dans les bois de l’Université de Montréal et de l’Oratoire Saint-Joseph du mont Royal. Le succès, plus que probant autant sur les plans environnemental que de la participation et de l’engagement des jeunes, a conduit à un projet déployé sur cinq ans : le Projet de restauration et de valorisation de la biodiversité en milieu urbain (PRVBMU). Trois sites présentant des milieux naturels envahis par le nerprun ont été ciblés, soit l’écoterritoire des sommets et les flancs du mont Royal, le parc-nature de l’Île-de-la-Visitation et le parc-nature du Bois-de-Liesse.

Jeunes en actionAgrandir Jeunes en action

L’initiative a permis à 150 jeunes issus de communautés culturelles et de secteurs défavorisés du territoire montréalais d’obtenir un travail d’été en environnement, une première expérience de travail pour plusieurs. Le PRVBMU visait l’embauche de jeunes des minorités visibles ou des quartiers défavorisés, en fin de parcours régulier au niveau secondaire ou de début collégial poursuivant leur scolarité. Les jeunes participant au PRVBMU ont été sélectionnés par les directions des écoles secondaires des quartiers visés.

De 2008 à 2013 :

  • 2 740 205 tiges et rejets de souches de nerprun de toutes tailles ont été coupés, retirant du même coup 1 274 m3 de biomasse de nerprun.
  •  8 427 végétaux indigènes (arbres et arbustes), provenant de 19 espèces, ont été plantés pour faire obstacle au retour du nerprun, pour recréer une biodiversité à la fois floristique et faunique et bonifier le paysage de façon importante.
  • 17 ha de forêt ont été restaurés, ce qui représente une superficie de près de 34 terrains de football.

Dans l’ensemble, les données recueillies sont encourageantes, mais démontrent clairement qu’une intervention en continu sur plusieurs années est requise pour éradiquer le nerprun. À l’issue du PRVBMU, le changement se percevait toutefois de façon remarquable sur le terrain, attestant de sa réussite. La lutte au nerprun est une entreprise de longue haleine qui exige, annuellement, la coupe des rejets de souches et l’arrachage des jeunes semis issus de la germination de graines en dormance dans le sol.

Jeunes en actionAgrandir Jeunes en action

Le PRVBMU a été réalisé grâce au soutien financier de plusieurs partenaires, dont : la Fondation Hydro-Québec pour l’Environnement ; le programme Valorisation Jeunesse – Place à la relève du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles et du ministère des Affaires municipales des Régions et de l’Occupation du territoire ; l'Entente sur le développement culturel de Montréal du ministère de la Culture et des Communications ; et la Fondation Stephen R. Bronfman - programme d'engagement environnemental C-Vert. À ceux-ci s’ajoutent les partenaires directement impliqués dans la réalisation du projet, soit les Amis de la montagne (mont Royal), GUEPE (parcs-nature du Bois-de-Liesse et de l’Île-de-la-Visitation) et Soverdi, qui a agi à titre de coordonnateur du projet.

Des projets de contrôle et d’éradication du nerprun se poursuivent dans le cadre de divers projets d’aménagement dans lesquels différentes techniques d’interventions sont utilisées, en fonction des habitats visés.

Pour en savoir plus sur le nerprun
En 2011, le magazine télévisuel La semaine verte s’est penché sur le caractère envahissant du nerprun, en milieu urbain comme en milieu naturel. Il y était d’ailleurs question du PRVBMU. La vidéo peut être visionnée sur le site Internet de l’émission. Cliquez ici pour y accéder.

Quelques conseils pour le jardinier amateur

Des plantes exotiques envahissantes poussent souvent dans les cours privées. Surveillez votre jardin et soyez prêts à agir. La lutte contre l’expansion des plantes envahissantes requiert des efforts soutenus et de la patience, mais le jeu en vaut la chandelle, au bénéfice de la biodiversité!

Des actions régulières d’arrachage manuel ou de coupe de tiges au ras du sol, pendant quelques années consécutives, permettent d’affaiblir les plants par épuisement, ce qui ralentit progressivement leur croissance tout en limitant leur étalement. Étendre sur le sol une toile de plastique après une coupe de tiges, pendant au moins deux ans, peut également contribuer au contrôle des plantes envahissantes. La plantation de végétaux de remplacement dans les zones d’intervention est importante pour prévenir le retour de l’envahisseur ou l’arrivée d’autres espèces indésirables.

Assurez-vous de tout ramasser et de ne pas composter les résidus de plantes coupés ou arrachés : ceux-ci doivent être placés dans des sacs à déchets robustes et jetés aux ordures. Nettoyez également tous les instruments ayant servi aux interventions pour éviter d’apporter en d’autres lieux, à votre insu, des fragments de racines, de rhizomes ou des fruits. On recommande également de ne pas donner des boutures ou des plants, de ne pas les transplanter ni de les transporter à d’autres endroits, afin de réduire le risque de propagation (voir à ce sujet la capsule d’information traitant de la disposition adéquate des résidus de jardin).

Présentation de plantes envahissantes et préoccupantes pour les milieux naturels de Montréal

L’érable de Norvège : le prolifique

Acer platanoïdes

Érable de Norvège crédits : Steve Hurst, USDA NRCS PLANTS Database.Agrandir

Originaire de Norvège, cette espèce (Acer platanoides) se différencie des autres érables surtout par ses samares aplaties, surnommées hélicoptères, aux ailes très étendues facilitant sa dispersion par le vent, jusqu’à 65 m de sa source. En comparaison, la samare de l’érable à sucre, souvent confondu avec l’érable de Norvège, est plutôt en forme de U. Chez l’érable de Norvège, une sève laiteuse coule du pétiole de la feuille lorsqu’on le casse. Sa feuille est semblable à celle de l’érable à sucre, mais s’en distingue facilement à l’automne car elle se revêt de jaune pâle uniquement, alors que l’érable à sucre se pare de rouge et d’orangé.

La croissance rapide de l’érable de Norvège, sa résistance à la pollution et sa tolérance à l’ombre favorisent sa prolifération. L’espèce s’étend rapidement, souvent au détriment d’autres essences d’arbres (dont l’érable à sucre), nuisant à l’établissement des espèces indigènes caractéristiques d’une communauté végétale dans un bois, ainsi qu’à la diversité des paysages. Mentionnons que de nombreux cultivars d’érable de Norvège ont été développés à des fins ornementales.

L’érable de Norvège a été planté couramment par le passé, notamment sur rue, mais aussi au parc du Mont-Royal afin de combler les espaces libres résultant des coupes de moralité des  années 50 : c’est pourquoi la montagne, si chère au cœur des Montréalais, se pare maintenant davantage de jaune que de rouge à l’automne.

Le roseau commun : une résistance qui n’a rien de commun!

Roseau commun.Roseau commun

crédits : Jardin botanique de Mtl.

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Le roseau commun ou phragmite (Phragmites australis subsp. americanus) est une espèce indigène au Québec. Par contre, une sous-espèce du même genre venue d’Eurasie au caractère particulièrement envahissant (Phragmites australis subsp. australis) est désormais bien plus répandue que son homologue indigène et se développe en colonies denses, notamment dans la région du Grand Montréal (Demers, E,  Karathanos, S,  Boivin, P et Brisson, J.IRBV. 2016).

Il s’agit d’une très grande graminée pouvant atteindre près de six mètres de hauteur. Cette plante possède une tige beige, robuste, érigée, qui se termine par une hampe florale fournie de couleur brunâtre. Elle est considérée comme l’espèce la plus envahissante du nord-est de l’Amérique du Nord.

Roseau commun. Crédits : Richard Old, XID Services, Inc.,www.bugwood.org

Jusqu’à la fin des années 1950, sa distribution était plutôt clairsemée, mais depuis les années 1970, elle est en pleine expansion, notamment dans les marais ou à proximité de ceux-ci, ainsi que dans les fossés de drainage. La plante est aussi davantage présente dans des milieux plus secs. Les perturbations des milieux naturels (dragage, excavation, aménagement, etc.), les changements climatiques, les variations de niveaux d’eau dans les milieux humides, de même que le développement du réseau routier ont contribué à sa dissémination. Les sites fortement envahis par le phragmite présentent une biodiversité plutôt faible.

Le phragmite est capable de s’adapter facilement à différentes conditions environnementales, aux périodes d’inondation et d’assèchement, tout en tolérant de grands écarts de température  de même qu’une fluctuation de niveaux d’eau. Le phragmite a la particularité de se reproduire à la fois de façon sexuée, en produisant des graines, et asexuée grâce à ses stolons et à son puissant système de rhizomes. C’est pourquoi cette plante très résistante, tolérante et agressive se classe parmi les espèces végétales envahissantes les plus difficiles à contrôler.

Les nerpruns cathartique et bourdaine : des envahisseurs hors pair de la strate arbustive des forêts

On trouve à Montréal deux espèces de nerprun à caractère envahissant, soit le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) et le nerprun bourdaine (Frangula alnus). Ils ont été introduits d’Europe au début des années 1900 et plantés autour des habitations en raison de leur aspect décoratif. Ils sont aussi présents dans divers types de milieux dont les forêts, la lisière des zones boisées, le long des clôtures et sentiers et dans les anciens champs de culture abandonnés. Cet arbuste est dioïque, c’est-à-dire qu’un plant porte des fleurs mâles et un autre plant porte les fleurs femelles. Les plants femelles produisent un grand nombre de petits fruits.

Les nerpruns résistent à une vaste gamme de conditions d’ensoleillement et d’humidité. Leur prolifération est issue de la production abondante de semences qui ont la particularité d’être viables pendant plusieurs années et de germer rapidement. Les oiseaux contribuent grandement à la propagation des nerpruns par les graines qu’ils dispersent après avoir ingurgités les fruits.

Quand le nerprun envahit un milieu naturel, il supplante les espèces indigènes grâce à l'ombre épaisse que répand son feuillage et à la ramification de ses branches très près du sol. De plus, cette espèce pourrait être allélopathique, autrement dit, capable de produire des substances inhibant la croissance et le développement de plantes herbacées du milieu environnant. Le nerprun empêche la régénération naturelle là où il s’installe et entraîne d’importants impacts sur la biodiversité. Il représente la principale menace pour les écosystèmes de nos grands parcs.

Nerprun cathartique

(Rhamnus cathartica)

Les nerpruns : des envahisseurs tenaces. Crédits : Jan Samanek, State Phytosanitary Administration, www.bugwood.org

Ce nerprun peut atteindre jusqu’à 6 m de hauteur et porte des épines à l’extrémité des rameaux. Les feuilles ovales, finement dentelées sur la bordure et à la pointe généralement recourbée, sont disposées de façon opposée le long de la branche. Les plants femelles produisent des fleurs verdâtres et solitaires ou groupées par 2 ou 3 à l'aisselle des feuilles. Cet arbuste produit des petits fruits bleus. 

Le Nerprun bourdaine

(Frangula alnus)

Les nerpruns : des envahisseurs tenaces. Crédits : Sylvie Comtois (Ville de Mtl)

Ce nerprun préfère les zones plus humides. Il dépasse rarement 5 m de hauteur et ses branches sont dépourvues d'épines. Ses feuilles, environ deux fois plus longues que larges et plus étendues au sommet qu’à la base, sont plutôt lustrées, de couleur vert clair sur la face supérieure et ne sont pas dentelées sur la bordure. Les fruits, portés à l’aisselle des feuilles, deviennent noirâtres à maturité.

Les renouées exotiques envahissantes : un réseau à croissance spectaculaire

Les renouées exotiques.À Montréal, on trouve deux renouées exotiques envahissantes, soit la renouée du Japon et son hybride, la renouée de Bohème, ainsi que la renouée sakhaline (moins fréquente que la première). Originaires d’Asie, elles ont été introduites ici pour leur valeur décorative à partir des années 1900. Ces plantes vivaces herbacées font partie du « Top 100 » des espèces exotiques envahissantes les plus nuisibles selon l’Union mondiale pour la nature.

Les renouées exotiques poussent dans des milieux très éclairés. Lorsqu’elles s’implantent sur un site, elles forment d’immenses massifs, appelés colonies. Elles sont présentes en milieu riverain où les populations se multiplient. On les retrouve aussi dans les aménagements paysagers, ainsi qu’en bordure de routes et de voies ferrées, dans les fossés ou autres lieux ouverts. Dans les parcs, elles colonisent les bords de sentiers de même que les éclaircies en forêt créées par la chute de gros arbres morts.

Les renouées exotiques.Ces plantes se propagent surtout par leur réseau étendu et profond de rhizomes. Elles peuvent générer un nouveau plant à partir d’un seul minuscule fragment de rhizome. Très compétitives, les renouées empêchent les espèces indigènes de croître sur le territoire qu’elles accaparent. En milieu naturel, leur présence modifie tout un écosystème et la biodiversité s’en trouve affaiblie.

 

La renouée du Japon

Reynoutria japonica

Renouée japonaise.Agrandir

La renouée du Japon peut atteindre 3 m de hauteur. On la reconnaît à ses grandes feuilles pétiolées, rondes à largement ovales, tronquées à la base, et présentant une courte pointe à l'extrémité. Elles sont disposées en alternance sur la tige zigzagante, lisse et creuse, souvent ponctuée de rouge sombre et qui ressemble à du bambou. La plante possède des rhizomes épais, profondément ancrés dans le sol. Elle est dioïque, c'est-à-dire que les fleurs mâles et les fleurs femelles sont séparées et sur deux pieds différents. Les fleurs blanches, verdâtres ou rougeâtres sont réunies en grappes multiflores. Les fruits sont de couleur rouge à brun, en forme de trigone et ailés.

La renouée sakhaline

Polygonum sakhalinensis

Renouée sachkaline.Crédits : Sylvie Comtois et Jasmine Castejon - Ville de Mtl.Agrandir

Renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis)
La renouée de Sakhaline peut atteindre une hauteur de 4 m. On la reconnaît à ses grandes feuilles pétiolées, en forme de cœur à la base et disposées en alternance sur la tige creuse de couleur verdâtre, légèrement striée, qui ressemble aussi à du bambou. Ses petites fleurs blanches sont regroupées en grappes lâches à l’aisselle des feuilles et au bout de la tige. Les fruits sont de couleur rouge à brun, en forme de trigone et ailés.

Autres plantes envahissantes

Le dompte-venin de Russie et le dompte-venin noir: une menace à la biodiversité et au monarque

Cynanches. Crédits : Les amis de la montagne

Ces domptes-venin (Vincetoxicum rossicum et Vincetoxicum nigrum), connus aussi sous le nom de cynanches, sont des plantes exotiques considérées comme envahissantes en Amérique du Nord. Ces plantes herbacées vivaces sont de la même famille que l’asclépiade qui, elle, est indigène au Québec.

En milieu naturel, les dompte-venin affectionnent les zones boisées, les bordures de sentiers, les champs en friche et les rivages. En milieu urbain, on en trouve dans certains aménagements paysagers. À l’aise sur des sols rocailleux bien drainés tout comme dans les sols sablonneux, les dompte-venin tolèrent aussi de fortes variations d'humidité. Bien qu’ils préfèrent les habitats ensoleillés, ils peuvent pousser dans des zones ombragées laissant filtrer la lumière. Lorsque les dompte-venin s’implantent, ils forment de grands massifs. Dans les espaces naturels, ils nuisent à l’établissement de plantes indigènes caractéristiques du milieu, réduisant la biodiversité.

Les dompte-venin possèdent des composés chimiques similaires à ceux de l’asclépiade, attirant ainsi les monarques, une espèce en péril au Canada. Le monarque pond ses œufs exclusivement sur certaines espèces d’asclépiades indigènes et la chenille du monarque se nourrit exclusivement d’asclépiades. D’après certaines recherches, il semble que les chenilles ne mangent pas les feuilles des dompte-venin et sont ainsi vouées à la mort, contribuant à la diminution des populations de monarque.

Les dompte-venin sont des plantes grimpantes pouvant atteindre 2 m de hauteur en s’enroulant autour d’autres plantes ou d’arbres environnants. On les reconnaît par leurs feuilles opposées, de forme ovale, de couleur vert foncé. Dès juin, des grappes de fleurs violacées en forme d’étoile font leur apparition. Cependant, c’est surtout le fruit qu’on remarque, une gousse contenant plusieurs petites graines ailées qui se dispersent par le vent sur de grandes distances. Un système de rhizomes enfouis dans le sol et largement étendus permet également à ces plantes de se propager.

L’anthrisque des bois : une affinité pour les milieux naturels

Anthrisque des bois.Anthrisque des bois

crédits : Jardin botanique de Mtl.

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L'anthrisque des bois (Anthriscus sylvestris)est une plante herbacée vivace ou bisannuelle d’une hauteur de 30 à 150 cm. Ses feuilles très dentelées ressemblent à des fougères ou encore à du persil. Ses tiges sont creuses et souvent violacées. Sa période de floraison s’étend de juin à août, selon les zones d’implantation. Ses fleurs blanches à cinq pétales sont regroupées en forme d’ombrelle.

L’anthrisque des bois pousse en bordure des routes, dans les prairies et les prés, le long de haies et dans les clairières des zones boisées, en bordure de sentiers. Elle affectionne particulièrement les sols riches et humides. Cette plante à caractère envahissant croît surtout en colonies et peut entrer en compétition avec les espèces végétales caractéristiques d’un milieu naturel. Elle est présente à divers endroits, notamment au parc du Mont-Royal.

Érable à Giguère : à l’aise partout!

Acer negundo

Érable à Giguère.Le nom « érable à Giguère » (Acer negundo) serait issu d’une déformation du terme « érable argilière », utilisé par les Français établis sur le continent américain au XIXe siècle. Cet arbre, originaire de l'Ouest de l'Amérique, peut atteindre de 15 m à 20 m de hauteur. Il se distingue clairement des autres espèces d’érables car ses feuilles ne ressemblent en rien à celles d’un érable. Elles sont composées, ce qui lui confère une ressemblance frappante avec le frêne, à tel point que certains l’appellent aussi érable à feuilles de frêne. Son tronc est généralement tordu et penché. Ses samares doubles et retombantes facilitent sa dispersion. Ses feuilles deviennent jaunes à l’automne. Chez cette espèce, certains plants ont des fleurs mâles alors que d’autres ont des fleurs femelles et peuvent ainsi porter des fruits.

Érable à Giguère. Crédits : Jan Samanek, State Phytosanitary Administration, www.bugwood.org

L’érable à Giguère pousse dans les zones ouvertes et profite du moindre interstice pour s’installer, sans égard au type de sol. En raison de sa croissance rapide et de sa capacité d’adaptation, l’espèce a tendance à s’accaparer des espaces au détriment d’espèces indigènes, nuisant ainsi à l’équilibre écologique et à la diversité biologique des milieux.

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