La pépinière municipale

Cultiver la forêt urbaine montréalaise

Pour développer et maintenir une forêt urbaine florissante, Montréal possède un atout de taille. La Ville s’est dotée d’une pépinière qui lui fournit, pour ses rues et ses parcs, des arbres de qualité adaptés aux conditions urbaines. La pépinière municipale de Montréal, un lieu à découvrir!

La pépinière, en quelques mots et chiffres

Prise de vue aérienne du vaste espace occupé par la pépinièreLa Ville exploite une pépinière depuis 1948, produisant des arbres destinés à être plantés en sol montréalais. Elle abrite tout près de 80 000 arbres à différents stades de développement.

Située à L’Assomption depuis 2001, la pépinière de Montréal s’étend sur 40 ha et constitue la plus grande pépinière municipale au Canada. Ce vaste espace comprend des champs, mais aussi un bois, des bâtiments, des chemins et des brise-vents. Au total, 36 ha sont disponibles pour la culture.

Le nombre d’employés varie selon les saisons. Lors des périodes de pointe, au printemps et à l’automne, une vingtaine de personnes travaillent à la pépinière.

Une production de qualité, de plus en plus diverse

Tracteur arrachant de petits arbres à la pépinièreChaque année, la pépinière municipale fournit environ 4 000 arbres aux arrondissements, soit le tiers de tout ce qui est planté sur le territoire de la ville de Montréal. Les arbres sont produits à partir de semences, de bouture ou de greffons, récoltés sur des spécimens montréalais présentant les meilleures caractéristiques.

Conformément aux besoins des arrondissements, les arbres sont cultivés et taillés afin de maintenir un standard élevé de qualité. On compte habituellement de 6 à 10 ans pour obtenir la taille requise pour qu’un arbre soit transplanté en ville, soit approximativement une hauteur de 4 m.

Parmi les genres cultivés, on retrouve l’érable, le micocoulier, le févier, le ginkgo et l'orme. Actuellement, 140 espèces et cultivars différents composent la production de la pépinière. Des efforts considérables ont été déployés au cours des dernières années pour diversifier encore davantage la production. De plus, la pépinière cultive, à titre expérimental, des nouveautés potentiellement intéressantes pour la foresterie urbaine. Ainsi, les arrondissements peuvent choisir parmi un plus large éventail d’options. Une meilleure biodiversité contribue entre autres à diminuer les répercussions liées à d’éventuelles introductions de maladies ou d’insectes ravageurs.

Jeunes arbres en rangées arrosés par jets d'eau puissantsLa tendance actuelle pointe, vers une meilleure répartition des genres et des espèces en fonction de leur résilience aux différentes contraintes climatiques et environnementales. Avec l’arrêt de la production du frêne en 2010, les attentes se sont retournées vers les différents cultivars d’orme hybride, le chicot du Canada et les érables freemanii. De plus, des espèces jusqu’ici moins populaires ont été remises en production telles que l’ostryer, le charme de Caroline et l’amélanchier. Ces petits arbres conviennent aux espaces restreints gazonnés et aux carrés de trottoir situés sur les rues à faible circulation, qu’ils embellissent, tout en participant à diversifier la forêt urbaine.

Les avantages de la « production-maison »

Employés attachant les arbresEn effectuant sa propre production, Montréal s’assure d'un approvisionnement stable en arbres performants pour le milieu urbain et adaptés aux exigences de la Ville et des arrondissements, et ce, indépendamment des fluctuations du marché.

Le fait d’être propriétaire permet aussi à la Ville d’entreprendre des initiatives suivant l’évolution des connaissances et des besoins, notamment sur le plan de l’accroissement de la biodiversité.

Par ailleurs, comme la pépinière est située dans une zone climatique plus rigoureuse que celle de Montréal, les végétaux qui y sont produits sont plus résistants et susceptibles de survivre aux conditions hivernales.

Riche de plus d’un demi-siècle d’existence et d’expertise, la pépinière municipale poursuivra sa contribution à la qualité et la viabilité des arbres publics qui composent le territoire, afin de favoriser le maintien et l’amélioration de la forêt urbaine montréalaise d’aujourd’hui et de demain.