Agrile du frêne

Foire aux questions

Règlement montréalais sur l’agrile du frêne

Q1. À qui est destiné le règlement sur l’agrile du frêne?

À tous les propriétaires de frênes privés situés dans l’un des 19 arrondissements de la Ville de Montréal.

Q2. Quel est l’objectif de ce règlement?

Encadrer la gestion des frênes privés de la même façon que les frênes publics pour assurer le succès des interventions du plan de lutte montréalais contre l’agrile.

Q3. Quelles sont les obligations pour les propriétaires de frênes privés?

Les principales obligations des propriétaires sont :

  • de traiter leurs frênes sains situés dans les zones aménagées avec un pesticide homologué contre l’agrile;
  • d’obtenir un certificat d'autorisation d’abattage pour abattre un frêne de plus de 10 cm de diamètre;
  • d’abattre les frênes morts ou dépérissants sur leur terrain sauf s’ils sont situé à plus de 25 m d’une zone aménagée;
  • de disposer du bois des frênes abattus de façon à éliminer les risques de propagation de l’agrile.

Q4. Les propriétaires auront-ils une aide financière de la Ville pour faire face aux dépenses occasionnées par le traitement ou l’abattage de leurs frênes?

Oui. Montréal a prévu un programme de subvention assorti d’une enveloppe de 1 M$ pour le remboursement d’un mininum de 66% de frais liés au traitement des frênes privés sur son territoire. Montréal a également un programme de subvention qui vise à réduire les coûts d’abattage et de remplacement des frênes privés. De plus, les citoyens n’auront plus à défrayer pour l’obtention d’un certificat d'autorisation d’abattage de frêne. Les entrepreneurs engagés par les propriétaires pourront également déposer sans frais le bois des frênes privés abattus sur un des sites de traitement de la Ville. Un formulaire est cependant nécessaire. Ce formulaire est remis en même temps que le certificat d'autorisation d’abattage. Dans le cas d’un élagage, le propriétaire du frêne doit se le procurer dans un Bureau Accès Montréal et le remettre à son entrepreneur.

Q5. Quelles sont les modalités et les critères d’admissibilité du programme de subvention des traitements de frênes?

Le programme s’applique aux activités de traitement de frênes sur une propriété privée. Les principaux critères d’admissibilité sont :

  • Les frênes doivent présenter un diamètre à hauteur de poitrine (ou dhp, mesuré à 1,4 mètres du niveau du sol) minimal de 15 centimètres;
  • La cime des frênes ne doit pas être dépérissante à plus de 30%;
  • Le produit utilisé est le TreeAzinMD, pesticide à faible toxicité pour lequel le propriétaire n’a pas l’obligation d’obtenir un permis d’utilisation de pesticides auprès de son arrondissement;
  • Les traitements doivent avoir lieu entre le 1er  juin et le 31 août;
  • Le coût unitaire maximal du traitement doit être de 6 $ par centimètre de diamètre de tronc. La subvention couvre un minimum de 66% de la valeur avant taxes applicables du coût des travaux jusqu’à l’atteinte d’une subvention maximale de 4 000$ par propriété sur une période de deux ans;
  • Le programme de subvention ne s’applique pas aux propriétés de la Couronne du chef du Canada, de la Couronne du chef du Québec, des établissements publics visés par la Loi sur les services de santé et les services sociaux, de la Société de transport de Montréal, de l’Agence métropolitaine de transport et de la Communauté métropolitaine de Montréal.

La subvention est octroyée au propriétaire du frêne, par une réduction de frais de traitement, directement sur la facture des entreprises de services arboricoles participantes au programme.

Q6. Les propriétaires de frênes privés peuvent-ils conserver le bois de leurs frênes abattus pour en faire du bois de chauffage?

Non. Le bois de frêne est le principal vecteur de propagation de l’agrile. L’agrile peut émerger des bûches de bois de frêne jusqu’à trois années après l’abattage de l’arbre. Conserver le bois de frêne pourrait aggraver la situation d’infestation que les efforts de la Ville de Montréal visent à ralentir. Sans la stratégie de lutte montréalaise, l’agrile pourrait occasionner des pertes de millions de dollars en abattage et remplacement d’arbres en quelques années.

Q7. Le règlement s’appliquera-t-il aux autres villes de l’île de Montréal?

Non. Toutefois, la plupart des villes de l’île ont adopté un règlement similaire à celui de la Ville de Montréal qui respecte les mêmes objectifs. Il en est de même pour les stratégies de lutte contre l’agrile. L’ensemble des villes liées, dont Montréal fait partie, collabore étroitement à la lutte contre l’agrile du frêne sur l’ensemble du territoire de l’île.

Q8. Le pesticide utilisé par la Ville pour le traitement des frênes est-il dangereux?

La Ville utilise le pesticide TreeAzin MD pour le traitement des frênes publics depuis 2012. Ce pesticide possède une très faible toxicité pour l’environnement et très peu de risque pour la santé humaine. Ce produit ne requiert, par ailleurs, aucun permis pour être utilisé en vertu du Règlement montréalais sur l’utilisation de pesticide. De plus, comme le produit est injecté aux frênes, il existe très peu de risque de contact accidentel avec la population.

Q9. Depuis quand le règlement est-il en vigueur?

Le Règlement est entré en vigueur le 1er juin 2015.

Q10. Quelles seront les conséquences si un propriétaire refuse de se plier au règlement?

Il s’expose à des amendes.

Q11. À quelle période peut-on élaguer ou abattre un frêne?

En tout temps.

Q12. Quelle est la période pour faire traiter un frêne?

La période pour traiter un frêne avec le produit subventionné par la Ville, le TreeAzin, est du 1er juin au 31 août. Attention un permis de la Ville est requis pour l’utilisation de d’autres pesticides en raison de leur toxicité.

Q13. Qui octroie le certificat d'autorisation d’abattage de frêne, la ville centre ou les arrondissements?

Les arrondissements.

Q14. Quel est le coût d’une amende pour le propriétaire qui contreviendrait au règlement?

L’amende de base se situe entre 350 $ et 700 $ pour une personne physique et entre  700 $ et 1400 $ pour une personne morale.  En cas de récidives multiples, cette amende peut se situer entre 1400 $ et 2000 $ ou entre 2800 $ à 4000 $, respectivement.

Q15. Qui procède au dépistage sur une propriété privée? Est-ce le citoyen qui doit faire une démarche? Quelle est cette démarche?

Généralement, c’est le citoyen qui doit faire ses propres démarches pour valider si son frêne est infesté.

Cette démarche est seulement utile pour valider si l’état de dépérissement du frêne est irréversible ou causé par l’agrile du frêne. Si le frêne ne présente aucun symptôme de dépérissement ou un dépérissement léger, il vaut mieux investir directement dans les traitements. Si 30% ou plus de la cime est dépérissantes, il vaut mieux faire une demande de certificat d’autorisation d’abattage et le faire abattre. Un frêne mort devient rapidement dangereux et coûte plus cher à faire abattre en raison du risque pour les élagueurs.

Q16. Combien peut coûter le traitement d’un frêne avec le TreeAzin MD?

Le coût de traitement d’un frêne avec le pesticide TreeAzin MD peut varier selon plusieurs facteurs tels le nombre de frênes à traiter, la taille des frênes, la compétition entre les entrepreneurs qui font des traitements, etc. Le prix du traitement d’un frêne se calcule selon son diamètre en centimètre à une hauteur standard de 1,4 m du sol. Actuellement, le prix des traitements sur le marché peut varier entre 3,50 $ et 7 $ par centimètre de diamètre. La subvention offerte par la Ville réduit considérablement ces frais de traitement.

Q17. Combien de temps puis-je traiter mon frêne pour la même dépense que représente son abattage?

Cela dépend du coût du traitement et du coût d’abattage, mais cette période varie généralement entre 10 et 20 années. Si on inclut la valeur des services écologiques rendus par l’arbre ainsi que l’augmentation de la valeur foncière de la propriété, cette période peut même atteindre plus de 30 années.

Par exemple un gros frêne de 60 cm de diamètre entouré d’obstacle pourrait coûter 3000$ en abattage avec l’enlèvement de la souche et la plantation d’un arbre de remplacement. La même dépense pourrait permettre de le traiter, aux deux ans, sur une période de 20 ans à 4,50$/cm de diamètre. La subvention offerte par la Ville rend le traitement encore plus avantageux.

Q18. Quel impact aura l’agrile du frêne sur les îlots de chaleur à Montréal et comment la ville intervient-elle pour les limiter?

Si rien n’était fait pour en contrer les impacts, l’agrile du frêne pourrait favoriser l’accroissement des îlots de chaleur urbains présents à Montréal en causant des pertes de frênes. Les interventions de lutte contre l’agrile du frêne et le Règlement relatif à la lutte contre cet insecte mis en place par la ville de Montréal visent justement à ralentir la mortalité des frênes pour éviter ces impacts négatifs. L’objectif des efforts est de conserver un maximum de frênes tout en étalant le plus possible la perte dans le temps des frênes qui ne seront pas conservés. Tous ces efforts semblent porter fruit, car à l’heure actuelle la quantité de frênes abattus représente un très faible pourcentage de l’ensemble de la forêt urbaine composée de plus d’un million d’arbres.