Cohabiter avec le coyote à Montréal

Un animal intrigant, de plus en plus présent

CoyoteCrédit photo : Denis Fournier

Le coyote est un des sept animaux de la famille des canidés vivant au Canada, aux côtés du chien, des renards roux, arctique, gris et veloce, ainsi que du loup. Le coyote a un odorat et une ouïe extrêmement bien développés. Il peut atteindre en courant une vitesse de 64 km/h. C’est un animal qui s’adapte autant en milieu urbain que périurbain.

Au fil du temps, le coyote a considérablement agrandi son territoire dans l’est de l’Amérique du Nord. Le développement urbain et les terres agricoles ont créé de nouveaux habitats, alors que les lignes de chemin de fer, les couloirs de transport hydro-électriques et les autoroutes ont fourni des voies permettant aux coyotes de se déplacer plus facilement. On le trouve maintenant à l’intérieur et à proximité de toutes les zones urbaines de l’Amérique du Nord, certains individus ayant même été observés dans Central Park à New York 1. Dans la région de Montréal, le coyote se trouve partout dans les zones périurbaines et rurales et les résidents sont susceptibles de l’observer dans certains parcs-nature, voire même dans quelques zones urbaines.

Le coyote peut se croiser avec le loup, ce qui a produit en Amérique du Nord une espèce hybride issue d’une combinaison d’ADN remarquablement robuste et adaptative. Pour vivre en ville, le
« coyloup » est devenu nocturne pour éviter la présence de l’humain. La présence du coyote sur l’île de Montréal est parfois cause d’inquiétude chez certains résidents qui se demandent s’il constitue une source de danger.

Pas une menace pour les humains, selon la recherche

Des spécialistes en comportement du coyote en milieu urbain révèlent que la majorité des animaux cherchent à éviter les confrontations avec les humains et qu’il est inhabituel pour les coyotes de ne pas avoir peur des humains 2. Les études et les projets de recherche confirment que le risque qu’il représente pour la sécurité de la population est extrêmement faible. Par ailleurs, les mesures de gestion des populations se révèlent le plus souvent inefficaces. La chasse et le piégeage ont très peu d’influence sur l’abondance des coyotes. Il a été démontré que les populations de coyotes réagissent aux pressions intensives par l’augmentation de leur taux de reproduction de l’ordre de 30 à 100 % 3.

CoyoteCrédit photo : Alexandre Campeau-Vallée

Il peut arriver, exceptionnellement, qu’un petit chien ou un chat soit la proie du coyote si ceux-ci sont laissés en liberté, sans surveillance. Les risques peuvent être réduits en tenant les chiens en laisse et en gardant les chats dans la maison la nuit. Dans cet esprit, il est aussi important que les visiteurs qui fréquentent les parcs-nature respectent le règlement et gardent leur chien en laisse en tout temps lors d’une randonnée.

La Ville surveille le dossier avec vigilance

À l’heure actuelle, la Ville de Montréal effectue un suivi sur l’accoutumance des coyotes, afin de s’assurer de minimiser encore davantage les risques. En termes d’interventions directes, la Ville intervient dans les rares cas où un coyote présente un comportement agressif susceptible de constituer une menace immédiate. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, responsable de la gestion de la faune terrestre au Québec, considère qu’à l’heure actuelle rien ne justifie un contrôle de la population de coyotes sur l’île de Montréal et estime que leur présence serait même essentielle au maintien de l’équilibre écologique des écosystèmes naturels. Au sommet de la chaîne alimentaire, le coyote a des fonctions écosystémiques importantes. Il réduit l’expansion des populations de petits mammifères comme les rongeurs et d’oiseaux comme les bernaches.

On dénombre peu de cas de coyotes qui ont attaqué ou mordu des êtres humains. Les cas exceptionnels recensés concernent généralement des coyotes qui sont nourris par les humains, qui perdent graduellement leur instinct de fuir et développent des habitudes de proximité avec eux.

Conseils pour une meilleure cohabitation

Afin d’éviter des conflits avec les coyotes, différentes précautions peuvent être prises :

  • N'approchez pas et ne nourrissez pas les coyotes, car ils s'apprivoisent facilement au contact des êtres humains. Habituez les enfants à ne pas approcher les animaux sauvages.
  • Gardez les animaux domestiques en laisse et/ou assurez-vous de maintenir la porte de votre cour bien fermée. Les animaux en liberté risquent davantage d'être blessés par des animaux sauvages.
  • Rangez vos ordures hors de la portée des animaux afin d'éloigner les petits rongeurs, car ceux-ci représentent une source de nourriture importante pour les coyotes.
  • Éloignez les coyotes en construisant des clôtures et des portes près du sol et suffisamment hautes pour les empêcher de sauter.
  • Gardez les chiens en laisse lors d’une promenade dans les parcs. Ne laissez jamais un chien chasser un coyote, il pourrait se blesser en se battant avec l’animal.
  • Éloignez‑vous de l’endroit en reculant lentement tout en gardant votre calme – évitez de tourner le dos pour courir.  Gardez le contact visuel avec lui en reculant.
  • Laissez à l’animal l'espace pour partir - lui fournir de la place, une voie d’issue.
  • Si l’animal fait preuve d’un comportement agressif, faites‑vous paraître plus grand et faites du bruit en lançant des brindilles et des roches en direction de l'animal pour l'apeurer mais sans le viser directement pour ne pas le rendre plus agressif.

En outre, les propriétés bien éclairées semblent avoir moins d'attrait pour les coyotes et autres animaux nocturnes. Stériliser les animaux domestiques réduit aussi les risques que ceux-ci interagissent avec les coyotes.

Pour en savoir plus sur les coyotes, vous pouvez notamment consulter le site Internet de la Fédération canadienne de la Faune : http://www.hww.ca/fr/faune/mammiferes/le-coyote.html

1 GOMPPER, M. E. « Top Carnivores in the Suburbs? Ecological and Conservation Issues Raised by Colonization of North-Eastern North America by Coyotes », BioScience, 52(2), 2002, p. 185-190.
2 WHITE, L. A. et S. D. Gehrt. « Coyote Attacks on Humans in the United States and Canada », Human Dimensions of Wildlife, 14(6), 2009, p. 419-432.
3 VOIGT, D. R. et W. E. Berg. « Coyote », Wild Furbearer Management and Conservation in North America, Section IV: Species Biology, Management, and Conservation, Toronto, Fédération ontarienne des gestionnaires d’animaux à fourrure et ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 1999, ch. 28.

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