Pourquoi ne faut-il pas nourrir les animaux sauvages ?

Crédit photo : Denis Fournier

Nourrir un animal sauvage peut être perçu comme un geste généreux, favorisant un rapprochement avec la nature. En fait, il est important de s’en abstenir, tant pour le bien-être de l’animal que pour le nôtre.

Une question de santé et de sécurité

La majorité des animaux sauvages sont en santé, mais certains d'entre eux peuvent être porteurs, par exemple, de maladies infectieuses comme la rage, susceptible d'être transmise à l'humain par une morsure ou un contact avec la salive de l'animal. Il ne suffit pas de tenter de distinguer l’animal malade des autres, car cette opération est loin d’être simple : contrairement à ce qu’on pourrait penser, un animal malade n’est pas toujours agressif et peut paraître plutôt amorphe et docile. De toute façon, une réaction inattendue de l’animal sauvage est toujours possible, qu’il soit malade ou pas ; il faut rester vigilant et garder ses distances.

Il est à noter, par ailleurs, que les aliments consommés par l’humain ne sont pas nécessairement appropriés pour la faune sauvage, qui trouve sa nourriture dans la nature. Nos aliments ont souvent peu de valeur nutritive pour les animaux et peuvent même s’avérer néfastes pour leur santé. Le pain et les gâteries, par exemple, ne font pas partie de la diète naturelle des animaux et peuvent occasionner de sérieux problèmes d’embonpoint et interférer avec leurs activités, notamment la migration des oiseaux à l’automne.

Pour éviter la modification du comportement de la faune

Crédit photo : Denis Fournier

Nourrir les mésanges, les ratons laveurs, les écureuils, les canards, les cerfs ou autres animaux a pour conséquence de diminuer leur autonomie ; ils peuvent devenir dépendants de cette source artificielle de nourriture et passifs face à la quête de nourriture en milieu naturel. Qu’advient-il alors lorsque leurs « fournisseurs » ne se présentent pas ? Les animaux seront-ils bien reçus si, comme moyen alternatif, ils s’infiltrent dans les poubelles ou les paniers à pique-nique ?

Les animaux peuvent se réunir en grand nombre à l’endroit où ils ont été nourris, ce qui n’est pas sans conséquence sur le milieu, qu’il s’agisse d’un espace naturel ou d’une cour privée...

De plus, la diminution de la peur naturelle de la faune sauvage envers les humains peut entrainer toutes sortes d’autres situations conflictuelles, comme un déplacement accru par delà les routes, augmentant le risque de collisions avec un véhicule.

Favoriser un contact sain, de part et d’autre

Malgré toutes les bonnes intentions qui sont à l’origine de ce comportement, nourrir les animaux sauvages engendre bien davantage de torts que de bienfaits. Pour soutenir la faune et faciliter son observation, l’aménagement sur son terrain d’un petit jardin propice à la biodiversité ou l’installation d’une mangeoire à oiseaux durant la période hivernale (lorsque les fruits des arbres ne sont plus disponibles) représentent des avenues plus appropriées.

Au final, rien ne remplace le regard attentif du promeneur !

Crédit photo : Denis Fournier

De façon générale, en matière d’observation de la faune sauvage, il faut retenir les règles de base : garder une saine distance et éviter les comportements susceptibles d’influencer le déroulement des activités régulières de l’animal dans son milieu naturel.

En conclusion, si vous appréciez les animaux sauvages, ne les nourrissez pas et laissez-les poursuivre leurs activités… naturellement !