Agrile du frêne

Objectif : ralentir l’agrile pour réduire ses impacts à Montréal

Si rien n’était fait, Montréal pourrait perdre des milliers de frênes en quelques années. Tous ces frênes morts poseraient de sérieux problèmes de sécurité dans les rues et les parcs. La gestion de tous ces abattages, en peu de temps, coûterait très cher à Montréal. Ainsi, la stratégie montréalaise vise à éviter cette situation en ralentissant la mortalité des frênes.

Montréal n’a pas les moyens de protéger tous ses frênes, car ils sont trop nombreux. La stratégie montréalaise vise à gagner du temps pour mieux planifier le choix des frênes à conserver et pour informer les propriétaires de frênes des options qui s’offrent à eux, car ils auront des choix difficiles à faire (voir mes options pour les frênes).

De façon générale, les frênes en mauvais état ne seront pas conservés. Toutefois, ceux situés dans des quartiers ou des zones où ils sont très présents seront remplacés graduellement. Bien entendu, pour mener à bien cet exercice et faciliter la prise de décision, la mise à jour de la localisation et de l’état de santé des frênes montréalais est nécessaire et demande du temps.

Il s’investit chaque année, au Canada et aux États-Unis, des milliers de dollars pour tenter de trouver de nouvelles solutions pour lutter contre l’agrile. Les succès récents de la recherche permettent d’espérer que de nouvelles solutions verront le jour dans un avenir rapproché. La stratégie de ralentissement vise donc aussi à gagner du temps jusqu’à ce que de nouvelles solutions permettent de sauver plus de frênes.

Les stratégies d’intervention du plan d’action en bref

Le dépistage

Le dépistage est le nerf de la guerre. Il permet de dresser un portrait global des foyers d’infestation et de suivre en continu leur évolution. Ce sont les résultats de dépistage qui orientent toutes les stratégies d’interventions visant à ralentir la progression de l’agrile du frêne : abattages, remplacements, injections, etc. Le dépistage permet également d’évaluer le succès des interventions réalisées afin de rendre le programme de lutte toujours plus efficace.

L’abattage stratégique

Afin de réduire la dispersion des foyers d’infestation et la mortalité des frênes, il faut réduire les populations d’agrile. L’abattage des frênes infestés poursuit exactement cet objectif. Il faut toutefois être prudent, car l’abattage peut également contribuer à augmenter la dispersion de l’agrile dans les secteurs où les frênes sont peu nombreux. C’est pourquoi la Ville de Montréal combine cette méthode avec d’autres méthodes de lutte comme les injections de pesticide TreeAzin. Il faut également éviter à tout prix de réaliser ces abattages durant la période où le stade adulte de l’insecte, qui peut se disperser en volant, est présent (voir écologie). Le bois des frênes abattus est ensuite transporté et déchiqueté sur les sites de traitement de Montréal afin d’éviter que des agriles en émergent sous forme adulte au printemps suivant.

La disposition du bois

Le premier vecteur de dispersion de l’agrile en Amérique du Nord est le déplacement de bois de frêne infesté. Le stade adulte de l’agrile, qui peut se disperser en volant, est présent durant une période précise de l’année (voir écologie). Il faut donc contrôler les déplacements du bois de frêne et les périodes pendant lesquelles le bois de frêne est déplacé pour éviter de propager l’agrile. L’agrile peut compléter son développement dans les morceaux de bois de frêne jusqu’à trois ans après leur coupe. Le bois de frêne prélevé des frênes lors d’opération d’élagage ou d’abattage doit donc être systématiquement détruit ou transformé pour ne pas devenir la source d’un nouveau foyer d’infestation. La Ville de Montréal a donc adopté des périodes précises pour la réalisation des élagages et des abattages. De plus, elle accepte gratuitement tous les résidus de frêne de l’île, publics et privés, dans ses installations de traitement entre le 1er octobre et le 15 mars. Pour plus d’information, référez-vous à la section «disposition du bois de frêne».

Les injections

L’agrile du frêne est très difficile à détecter. Suite à la détection d’un frêne infesté, ces dépistages sont réalisés sur les frênes voisins afin d’évaluer l’ampleur du nouveau foyer découvert. Comme il n’est pas possible de détecter tous les frênes infestés, un périmètre d’injection est érigé afin d'atteindre tous les agriles potentiellement présents et réduire leur population. Le pesticide TreeAzin est un pesticide à toxicité faible pour l’environnement et sans danger pour la santé humaine ou les animaux domestiques, si utilisé conformément à son étiquette d’homologation. Comme le produit est directement injecté à l’arbre, aucun contact ne peut survenir avec des personnes ou des animaux domestiques à proximité. Il contrôle l’agrile en stoppant le développement des larves et en réduisant la fécondité et la fertilité des femelles agrile.

Les enjeux de l’agrile sur l’île de Montréal

Les impacts économiques

Montréal possède près de 200 000 frênes publics dans ses petits parcs de quartier et ses rues. Cela sans compter les frênes des boisés, des grands parcs et ceux de ses propriétaires privés. Montréal pourrait perdre des milliers de frênes en quelques années. L’abattage et le remplacement de ces frênes coûteront très cher. D’autres pertes économiques potentielles sont liées à la perte des services écologiques fournis par ces frênes comme la gestion des eaux de pluie ou la réduction des îlots de chaleur. Les frênes contribuent également à augmenter la valeur foncière des bâtiments entre 1 à 15%.

Les impacts environnementaux et sociaux

Les nombreux frênes montréalais offrent une multitude de services écologiques. Ralentissement des eaux de pluie, amélioration de la qualité de l’air, rafraichissement des rues en sont quelques exemples. La perte de ces services écologiques peut avoir un impact important sur l’environnement urbain. Des changements de paysage importants sont aussi possibles, car beaucoup de quartiers comportent des concentrations de frênes importantes.

La participation de tous les intervenants de l’agglomération

La lutte contre l’agrile du frêne sur l’île de Montréal passe par un effort collectif des Villes, de leurs citoyens et des entrepreneurs en arboriculture. Tous doivent participer sans quoi les efforts de lutte des uns pourraient être compromis par le manque de participation des autres. Participez à la lutte en respectant les mesures du plan d’action montréalais de lutte contre l’agrile du frêne.

L’urgence d’agir

L’expérience d'autres villes qui font face à l’agrile a montré que le temps est un luxe dont on ne dispose pas dans la lutte contre l’agrile. La stratégie de lutte montréalaise vise à gagner du temps pour planifier et garder le contrôle des frênes qui seront conservés ou remplacés dans le temps. Se croiser les bras pourrait vouloir dire renoncer à cette option de pouvoir choisir ce qui sera perdu.

Un plan d’action en constante évolution

La Ville de Montréal a mis en place un plan d’action de lutte contre l’agrile qui s’appuie sur les dernières connaissances scientifiques sur l’insecte et sur les moyens pour le contrôler. Ce plan est réévalué chaque année pour tenir compte des dernières connaissances scientifiques sur l’insecte et de l’état de la situation de l’infestation.