Questions, commentaires

Suivez-nous sur :

Réduction à la source

Dioxyde de soufre

Le dioxyde de soufre (SO2) est un gaz incolore qui dégage une odeur âcre. Ce polluant est émis dans l’atmosphère surtout par la combustion des carburants fossiles contenant du soufre. Il provient principalement des industries, des complexes métallurgiques, des usines de pâtes et papiers, des raffineries de pétrole et des systèmes de chauffage (résidentiel, commercial ou industriel).

Ce polluant a grandement contribué aux pluies acides, parce qu’il s’oxyde facilement dans l’air et produit de l’acide sulfurique. Il participe aussi à la formation de fines particules secondaires, comme les sulfates.

Impacts sur la santé

L’exposition à une concentration élevée de SO2 peut affecter le système respiratoire et aggraver les maladies qui le touchent. Les personnes les plus vulnérables sont celles qui souffrent d’asthme et de maladies cardiorespiratoires ainsi que les enfants et les aînés. De plus, les efforts physiques intenses augmentent ses effets pervers.

Effets sur l’environnement

Le SO2 a une influence néfaste sur les cultures et le rythme de croissance des végétaux. En raison de son rôle dans la formation des pluies acides, il est associé à l’acidification des lacs et des cours d’eau, à la détérioration des forêts, à la diminution de la visibilité (brouillard) et à la corrosion des matériaux de construction (pierre, métaux).

Normes en vigueur dans l’air ambiant

Le Règlement 90 (Règlement 2001-10 de la Communauté métropolitaine de Montréal) fixe la limite maximale de concentration acceptable pour le SO2 à :

  • 1 300 µg/m3 pour la moyenne horaire;
  • 260 µg/m3 pour la moyenne sur 24 heures;
  • 52 µg/m3 pour la moyenne annuelle.

Quant à l’indice horaire de qualité de l’air, la valeur de référence utilisée est celle recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soit 500 µg/m3 pour 10 minutes.

Notre intervention

Industrie pétrolière dans l’est de l’île

En 1970, le SO2 devenait le premier polluant de l’air à être réglementé à Montréal. À cette époque, la moyenne annuelle des concentrations de SO2 dans l’est de l’île était de l’ordre de 128 µg/m3, surtout en raison des émissions de soufre généré par l’industrie pétrolière.

Les entreprises pétrolières ont alors mis en place une usine de récupération du soufre. Cette usine transformait l’hydrogène sulfuré (H2S) des raffineries montréalaises en soufre élémentaire et en bisulfite de sodium. Son taux d’épuration s’élevait à près de 94 % en 1978. Mais la Ville estimait alors que les émissions de SO2 étaient encore trop élevées. Elle a donc haussé la norme minimale d’épuration à 99 %, à laquelle les entreprises se conforment depuis.

Chauffage domestique, commercial et industriel

Jusqu’en 1970, la présence de SO2 ailleurs sur l’île était surtout le fait du chauffage domestique, commercial et industriel (le mazout lourd avait alors une teneur en soufre de 2,5 à 3 %). Le Règlement sur l’assainissement de l’air de la Communauté urbaine de Montréal exigeait en 1970 que l’on réduise cette teneur à 1,5 %, puis à 1 % pour l’Est de l’île et à 1,25 % pour le centre-ville en 1978. Les producteurs et les utilisateurs de mazout s’y sont conformés.

Pour visualiser la délimitation des secteurs dans lesquels la limite de soufre dans l’huile lourde est de 1,25 % en poids (articles 4.03 et 4.04 du Règlement 90 (Règlement 2001-10 de la Communauté métropolitaine de Montréal)) :

Carburant diesel

Depuis octobre 1996, le carburant diesel (moteur mobile ou fixe) ne peut contenir plus de 0,05 % de soufre, en vertu du Règlement 90 (Règlement 2001-10 de la Communauté métropolitaine de Montréal), ce qui contribue également à la diminution du polluant SO2 dans l’air ambiant.

Situation actuelle

Les efforts de réduction des émissions de dioxyde de soufre ont porté fruit. Les concentrations mesurées dans l’est de l’île sont passées de 128 µg/m3 en 1971 à 8,7 µg/m3 en 2009, ce qui représente une diminution de 93 %. Il est à noter que ces valeurs représentent des moyennes 24h.

Généralement, les concentrations de SO2 demeurent inférieures aux normes pour l’ensemble des stations d’échantillonnage les mesurant. Cependant, des excès occasionnels dans l’est de l’île se traduisent par des journées de mauvaise qualité de l’air.