Punaise marbrée

La punaise marbrée (Halyomorpha halys), aussi connue sous le nom de Brown Marmorated Stink Bug, est une espèce exotique originaire d’Asie. Cet insecte ravageur est connu pour s’établir d’abord en milieu urbain, pour ensuite se déplacer vers d’autres habitats. Découvert officiellement pour la première fois en Amérique du Nord en 2001, en Pennsylvanie, les experts prévoient une dispersion rapide de ce ravageur sur l’ensemble du continent. La présence de la punaise marbrée est actuellement confirmée dans 44 états américains, 4 provinces canadiennes et a récemment été confirmée à Montréal en 2016.

Description de la punaise marbrée

La punaise marbrée (Halyomorpha halys) peut facilement être confondue avec d’autres types de punaises à cause de son fond brun jaunâtre parsemé de points noirs. On peut néanmoins la reconnaitre facilement.

  • Elle mesure entre 12 et 17 mm de longueur.
  • Son corps brun marbré a la forme d’un bouclier.
  • Ses antennes et les marges de son abdomen ont des bandes pâles et foncées en alternance.
  • On remarque également l’absence de dents sur les joues et les marges du thorax.

Menace les végétaux

La punaise marbrée pique les tissus végétaux avec ses pièces buccales de type piqueur-suceur et en retire la sève. Lors de la piqûre, des enzymes digestives sont injectées dans la plante, ce qui entraîne la formation de zones nécrotiques. Pratiquement toutes les parties aériennes des plantes peuvent être ciblées, soit les fruits, la tige, les feuilles ou les bourgeons.

Elle peut s’attaquer à plus de 300 espèces végétales, dont plusieurs cultures fruitières (pomme, poire, cerise, citron, abricot, framboise et mûre), légumières (haricot, tomate, maïs sucré, poivron, etc.), plantes ornementales (érable, orme, lilas, hibiscus, etc.). Là où elle est déjà établie, l’espèce cause d’importants dommages à une grande diversité de cultures.

Nuisance dans les bâtiments

En plus des dommages aux végétaux qu’elle attaque, la punaise marbrée peut représenter une nuisance en milieu urbain. En effet, cet insecte a la fâcheuse tendance de s’introduire dans les bâtiments chauffés à l’automne pour passer l’hiver.

Mesures préventives

Malgré les désagréments provoqués par la présence de punaise marbrée, cette espèce ne présente aucun danger pour la santé humaine ou animale. La punaise marbrée s’attaque uniquement aux végétaux. Elle ne pique pas les humains. De plus, elle n’est pas en mesure de se reproduire à l’intérieur des bâtiments. Toutefois, elle est munie de glandes sécrétant des substances malodorantes lorsqu’elle est dérangée.

L’exclusion mécanique représente la méthode la plus efficace d’empêcher la punaise marbrée de s’introduire dans les structures. Pour éviter l’envahissement, il est conseillé de sceller toutes les portes d’entrée potentielles vers l’intérieur. Par exemple :

  • Sceller toutes les fissures
  • Réparer ou remplacer les moustiquaires endommagés
  • Retirer ou recouvrir avant l’automne les appareils de climatisation montés sur des fenêtres

Les punaises marbrées ayant réussi à pénétrer à l’intérieur peuvent être éliminées à l’aide d’un aspirateur. Il est important de vider ou de disposer rapidement des sacs pour éviter l’odeur désagréable.

Projet de dépistage de la punaise marbrée

Les observations commencent à se multiplier dans diverses régions du Québec, particulièrement dans la région de Montréal. Il importe dès lors de caractériser finement l’invasion du territoire par la punaise marbrée afin de mieux prédire l’ampleur du phénomène et ses conséquences.

Au Québec, la punaise marbrée est surveillée depuis 2014 grâce à un réseau de pièges déployés dans différents milieux urbains et ruraux. Les premières captures à Montréal ont été faites en 2016. Plusieurs signalements spontanés ont également été rapportés par des citoyens montréalais en 2017 et 2018.

Le Service de l’environnement de la Ville de Montréal coordonne actuellement les efforts de dépistage et d’identification de cet insecte ravageur sur le territoire en collaborant au réseau national de surveillance de la punaise marbrée au Canada. Ce réseau est le fruit d’une collaboration de différents ministères et organismes publics, notamment Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), et de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA).

Le projet de dépistage vise à détecter la présence et les sites potentiels d’établissements de la punaise marbrée sur le territoire de l’agglomération de Montréal. En 2018, les pièges sont déployés sur des terrains publics et privés sur le territoire. Le relevé des pièges est fait sur une base hebdomadaire tout au long de l’été jusqu’à la fin octobre par des employés municipaux. Les résultats des captures sont partagés aux partenaires du réseau de surveillance.

Que faire si vous en voyez?

Pour confirmer l’identification de la punaise marbrée, il est nécessaire d’avoir un échantillon de l’insecte ou des photos de qualité supérieure. Si vous soupçonnez la présence de punaises marbrées, communiquez avec le Service des renseignements entomologiques de la Ville de Montréal en remplissant le formulaire d’identification.