Capsules SOS-Jardins

Les mauvaises herbes

Votre pelouse est envahie par des herbes que vous voudriez voir disparaître? Vous allez jeter l’éponge et conclure, après de multiples tentatives infructueuses, qu’il est impossible de faire pousser du gazon sans utiliser de pesticides? Si tel est le cas, ne vous découragez pas!

Mauvaises herbesUn gazon sans pesticides et presque dépourvu de mauvaises herbes, c’est possible! Comment? Il faut d’abord cesser de se battre contre les mauvaises herbes! Mieux, il faut s’en faire des alliées! Vous découvrirez que les mauvaises herbes n’ont de mauvais que le nom. C’est une question de point de vue.

La santé de votre pelouse suit ce principe écologique : une plante pousse bien sur les terrains qui lui offrent les conditions de croissance adéquates. Meilleures sont ces dernières, plus votre gazon sera vigoureux et résistera à l’envahissement par d’autres plantes. Dans cette optique, les mauvaises herbes sont simplement des plantes mieux adaptées que les graminées de votre gazon aux conditions de croissance du terrain.

Le taux d’acidité du sol (le pH) est l’un des facteurs d’influence. Un gazon qui pousse dans un sol trop acide aura du mal à capter les éléments nutritifs essentiels à sa vigueur. Il sera donc plus susceptible d’être envahi par des plantes adaptées à un sol acide, comme le fraisier sauvage. Il est possible de se procurer une trousse d'analyse de sol chez les détaillants de produits horticoles. Des méthodes simples pour corriger l’acidité du sol existent. L’ajout de compost est généralement d’une bonne aide pour neutraliser l’acidité des sols. La cendre de bois ou la chaux peuvent aussi contribuer à diminuer l’acidité des sols.

Mauvaises herbesD’autres facteurs affectent les conditions de croissance des plantes. La quantité de matière organique et les éléments nutritifs disponibles dans le sol, le compactage du sol, mais aussi la hauteur de tonte, influenceront la vigueur du gazon et les risques d’envahissement par d’autres plantes. Avec le temps, vous apprendrez à associer les plantes opportunistes aux mauvaises conditions de croissance de votre gazon. Il vous sera alors plus facile de rétablir l’équilibre souhaité.

Pour des conseils d’entretien écologique de votre gazon, consultez le site Jardin botanique de Montréal.

Projet pilote du terre-plein Thimens/Henri-Bourassa

Le problème des mauvaises herbes est présent partout à Montréal. Les solutions classiques pour le régler demandent souvent un entretien régulier, voire hebdomadaire, de certains espaces verts, ce qui représente des couts importants pour la Ville.

Dans le but de trouver des solutions novatrices et durables, un projet pilote est en cours dans l'arrondissement de Saint-Laurent. Mis de l'avant par la Ville de Montréal dans le cadre de ses efforts de gestion écologique des espaces verts, il respecte le Règlement sur l'utilisation des pesticides. Le projet servira à développer des méthodes de contrôle pour diminuer la présence de mauvaises herbes et favoriser la biodiversité locale, tout en protégeant la santé de tous.

Les essais menés sur le terre-plein du boulevard Thimens permettent d'évaluer l'efficacité de divers mélanges de semences du point de vue de leur compétitivité face aux mauvaises herbes. Pour encadrer le projet, un protocole expérimental a été élaboré par les experts de la Direction de l'environnement et du développement durable, en collaboration avec l'Institut de recherche en biologie végétale de l'Université de Montréal.

L'objectif principal est de mesurer l'efficacité des mélanges de semences constitués principalement d'espèces vivaces et indigènes retrouvées au Québec, par rapport à l'utilisation d'un mélange à gazon standard. Les tests menés au cours des trois prochaines années permettront ainsi de déterminer si ces mélanges peuvent être appliqués sur d'autres types de surface sur le territoire de Montréal.

Le site, qui prendra la forme d'un pré fleuri, pourra éventuellement attirer plusieurs espèces d'oiseaux et d'insectes pollinisateurs qui coloniseront ces espaces verts et créeront ainsi un milieu riche en biodiversité.

Photo de gauche : Terre-plein boulevard Thimens, mai 2011
Photo de droite : Champ fleuri projeté pour l'été 2014