Pollution des sols et histoire

Au début du 19e siècle, le développement de Montréal se manifeste par l’aménagement d’artères urbaines. Le besoin de faire la jonction entre les faubourgs se fait sentir. C’est pourquoi on démolit progressivement les fortifications et on comble les rivières et les ruisseaux ceinturant l’ancienne ville.

Fer de lance de l’économie montréalaise, le développement du port favorise le transport des marchandises avec les pays d’outre-Atlantique. On procède à l’inauguration du canal de Lachine en 1825, puis à son agrandissement en 1848. Cette voie de navigation intérieure permet de contourner les rapides du fleuve Saint-Laurent. Des dizaines de milliers de navires l’ont empruntée avant sa fermeture en 1970. Une voie ferrée construite parallèlement au canal assure, quant à elle, la circulation des marchandises toute l’année durant. Montréal devient ainsi la plaque tournante des échanges commerciaux entre l’Europe et l’Amérique.

Outre la navigation, le canal offre un fort potentiel hydraulique en raison de son débit et de l’accumulation d’eau en amont des écluses. Ainsi, on construit des roues ou des turbines hydrauliques aux abords de chaque écluse. Cela permet à une foule de sociétés industrielles de voir le jour et de maintenir un degré de productivité élevé.

Port de Montréal en 1954Le développement industriel et commercial de Montréal connaît alors un essor considérable. Le corridor des voies maritime et ferroviaire devient l’un des principaux centres de production manufacturière au Canada, des débuts de l’industrialisation (milieu du 19e siècle) jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale.

Cet essor a été profitable à Montréal, mais il est également responsable de la contamination des sols et de l’eau souterraine le long de ces zones industrialisées. Cette problématique environnementale se retrouve surtout le long des cours d’eau et près des voies ferrées, qui ont abrité la plus importante concentration industrielle de l’époque.

Par ailleurs, dans bien des cas, le long du fleuve Saint-Laurent, de la rivière des Prairies, du lac des Deux-Montagnes ou du lac Saint-Louis, les berges montréalaises ont été remblayées pour agrandir le territoire. Les matériaux utilisés pour le remblayage sont de natures diverses, mais souvent constitués de déchets issus des activités environnantes.

Bien que la vaste majorité des quartiers résidentiels aient été construits sur des sols acceptables d’un point de vue environnemental, il demeure néanmoins un grand nombre de sites dont l’usage pourrait être compromis par la présence de substances polluantes.